Artisanat : à la rencontre de jeunes rotiniers de N’Zérékoré (Reportage)

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La fabrication des meubles à partir du rotin est devenue de nos jours un métier prisé par de Nombreux jeunes de N’Zérékoré. Si ce métier leur permet de faire face à certains de leurs besoins, il n’est pas pour autant sans difficultés. La rédaction régionale de Guinéenews est allée à la rencontre de cette catégorie de jeunes artisans de N’Zérékoré.

En effet, ces derniers temps, la fabrication et la vente des meubles en rotin occupent une place de choix dans l’ameublement des maisons à N’Zérékoré. Partout dans la capitale de la région forestière, les œuvres de ces artisans sont convoitées et appréciées par les citoyens.

Pour découvrir ces artisans avec leurs œuvres faites en rotin, il faut aller dans les quartiers.

Dans les ateliers, la réalité est là : ce sont des fauteuils, des tables, des lits, des étagères et autres objets de maison qui sont fabriqués par des jeunes à des prix variés.

« Le prix des bibliothèques par exemple varie entre 600 mille à un million deux cent mille francs guinéens ou plus. Une fois que le produit est bien fait, les clients sont attirés. Parfois, nos œuvres sont achetées même par des étrangers », a indiqué Mamoudou Kourouma, jeune rotinier pour qui ce métier est devenu un moyen qui lui permet de subvenir ses besoins vitaux.

Le rotin est une lanière jaune pâle utilisée pour fabriquer des meubles. Pour Lansana Camara, un autre rotinier, ces meubles ont une importance dans notre société à cause de la valeur et l’utilité du rotin.

«Aujourd’hui, beaucoup de personnes connaissent l’utilité du rotin. Parce que non seulement c’est facile à déplacer mais surtout durable, jolie à voir et c’est lié à notre culture. C’est bon d’aimer les œuvres des autres, mais il faut qu’on se Valorise les nôtres avant tout», a-t-il invité.

Malgré le goût et la volonté que ces jeunes ont pour leur métier, ils rencontrent souvent des difficultés notamment au niveau du service des eaux et forêts. A en croire Lansana Camara, les bois sont non seulement taxés en brousse mais aussi en ville.

Aujourd’hui, ces jeunes artisans demandent aux autres jeunes de s’intéresser à ce métier tout en sollicitant l’appui des autorités.

«Nous demandons à l’autorité de nous aider en facilitant les choses. C’est ce qui peut nous donner le courage à bien travailler parce que c’est le seul métier que nous savons faire. Nous nous voulons que les jeunes prennent l’exemple sur nous mais cela ne peut être possible que lorsqu’ils voient que nous nous épanouissons dans ce que nous faisons. Il faut donc que les autorités nous aident », dira par exemple, Mamoudou Kourouma.

Il faut rappeler que ces jeunes rotiniers pratiquent ce métier depuis longtemps et cela pour être à l’abri du besoin. Comme pour dire qu’il n’y a pas de sot mériter.

Facely Konaté