Afrique du Sud : Zuma s’acrroche, Cabri mort n’a pas peur du couteau

14 février 2018 12:12:05
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L’ANC est long à se décider vis-à-vis de son actuel président Jacob Zuma comme ce ne fut avec Thabo Mbeki. Le parti, dans son laxisme et dans son indécision, voulant ménager la chèvre et le chou, voulait le lâcher doucettement pour ne pas l‘humilier ; c’était perdre de vue que Zuma est perdu et n’a plus aucune chance de s’accrocher à quoi que ce soit.

Dans ce cas, n’importe qui, à sa place, aurait cherché à gagner du temps pour raconter les mille et une nuits. Cette version de dire qu’il n’a rien fait de mal, il faut qu’il raconte un peu plus, peut-être que tous les sud-Africains : opposition, société civile, parlement, médiatrice de la république, l’ANC, etc…se sont ligués contre lui pour chercher sa tête comme Lula Da Silva, du Brésil, ou comme Benjamin Netanyahou d’Israël.

S’il y a l’ombre d’un doute dans le cas de Lula, puisque la villa dont ont dit qu’elle est le produit d’une corruption, il est difficile de prouver qu’elle lui appartient. Quant à Netanyahou, les cigares et les bouteilles de champagne qu’il a reçus comme cadeaux, même provenant des personnes avec lesquelles l’Etat d’Israël est en affaire, il y a des arguments et arguties. En Chine par contre, il n’y a pas d’appel, les « tigres » corrompus sont mis en cage sans ménagement. S’il peut y avoir quiproquo par-ci et par-là, dans le cas de Zuma, l’affaire est matérielle. Sa propriété de Ncandla et surtout la destitution du ministre des finances qui humait un peu trop près dans les affaires des Gupta ne peuvent pas s’effacer d’un coup de pirouette pour dire qu’il n’a rien fait de mal. Autisme ?

L’ANC, a été divisé longtemps et a longtemps tergiversé sur son cas, mais vu qu’il s’accroche toujours fermement et désespérément comme il peut, sera obligé de le larguer, en fin de compte, ce qui est finalement acté le mardi 12 février. Qu’à cela ne tienne, Zuma n’a pas dit son dernier mot, il cherche à attendrir les militants et membres du parti comme un cabri qui n’a plus peur du couteau et qui espère un deus ex-machina, mais l’avenir de l’ANC réside dans la gestion de la crise qu’il a créée. Les Sud-Africains sont à l’observation. Une faiblesse serait fatale à l’ANC, et aucun membre ne voudrait plus, probablement se salir les mains à le sortir du trou.

Ses copains de l’UA (Union africaine), le syndicat des chefs d’Etat, lui avaient créé un lieu de chute douillet au sein des leurs pour le pilotage d’un programme mirifique et mirobolant, mais il y a un hic, puisque Zuma risque de voir sa liberté hypothéquée à l’issue de cette affaire. Ils ne peuvent que le regarder avec la mort dans l’âme se débattre dans son empêtrement, comme s’il a le diable au corps.

Que dire de Nkosazana Dlamini Zuma, la dame de cœur, qui avait renoncé à la Commission de l’Union Africaine pour la peau de l’ANC qui échappait à Jacob ! Pathétique, mais dans l’histoire, fait-on des omelettes sans casser des œufs ? Enfin, les tergiversations de Zuma qui se fait victime risquent d’envenimer de plus la situation déjà délétère.

La situation en Afrique du sud est un exemple qui montre que les pays africains veulent entrer dans l’histoire, mais aucun n’y est encore vraiment. L’Afrique du Sud est sur la voie.