Afrique du Sud: Jacob Zuma sera-t-il largué, parachuté ou lâché ?

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Sous les pressions tous azimuts constantes depuis des années qui sont devenues, dans ces derniers temps, quotidiennes  sur le président sud-africain, les observateurs politiques se demandent comment Jacob Zuma pourra échapper à une sortie forcée de la scène politique avec ses 783 chefs d’inculpation, si on a bien entendu. Même si Cyril Ramaphosa et lui ont eu un entretien probablement axé sur la manière que Zuma a choisie de s’en aller, lentement ou précipitamment, à la douce ou au forceps. Mais la manière de sortir de l’histoire importe peu, c’est comment il échappera à la justice, parce que même s’il remboursait tout ce qui est à sa charge, il restera toujours les délits de corruption, de détournement et que sait-on encore dans tout ce qui lui est mis sur le dos.  783 charges, dit-on, ce qui signifie que Zuma est un sacré gaffeur, qui a passé peu de temps à diriger l’Afrique du sud qu’à commettre des infractions.

La petite majorité des membres de l’ANC qui a été derrière Ramaphosa s’est-t-elle confortée par d’autres ralliements et lâchages ? Les pressions de plus en plus fortes peuvent permettre de le penser. Dans un tel cas, Zuma est devenu un boulet politique. S’afficher auprès de lui dans ces derniers temps peut être délétère pour toute carrière politique. Seuls ceux qui n’ont rien à perdre, ses fidèles séides, peuvent se targuer de le soutenir contre vents et marées.

 Au vu de la situation, d’un angle de vue et dans un souhait, il sera souhaitable que Zuma ne soit ni largué ni parachuté comme Mugabe, car si l’ANC parachutait Zuma dans une retraite dorée, l’opposition, les syndicats, d’autres organisations socioprofessionnelles  et le peuple se feront entendre. Pour une solution édulcorée et lénifiée tant que faire se peut dans cette situation typique et carabinée, il est préférable de le lâcher tout simplement et le laisser libre de s’en aller tout seul se mettre à la disposition de la justice, à l’abri des regards et des cancans.

 Etait-ce ce qu’il a obtenu de Ramaphosa pour paraître si joyeux et radieux, ou  était-ce une « joie jaune » pour masquer les apparences ? Dans ce cas, Jacob Zuma pourra-t-il faire partie de ce fameux comité de pilotage d’on ne sait quel programme fictif imaginé par ses pairs de l’UA lors du dernier sommet d’Addis-Abeba pour lui trouver une occupation honorifique ? Rien n’est moins sûr.

En attendant ceci doit être une leçon pour tous les autres, qui ne doivent plus penser que « cela n’arrive qu’aux autres ». Si c’est arrivé à Jacob Zuma, ça peut arriver à n’importe qui. L’Afrique est en marche pour entrer dans l’histoire.