Affaire Marcus-Fatoumata Barry: des révélations croustillantes

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 Le lundi 22 mai dernier, Abdoul Aziz Bangoura, alias Marcus du groupe Banlieuz’art, comparaissait au Tribunal de première instance de Dixinn dans une affaire de viol sur la personne de Fatoumata Diaraye Barry, élève et plaignante. Et bien avant, la polémique a agité  les réseaux sociaux et les médias de la place. Une attitude qui a soulevé des questions sur la cause du silence de l’artiste.

Dans le souci de combler le fossé entre la réalité et l’information qui circule, votre quotidien en ligne Guineenews s’est penché sur le dossier brûlant qui défraie la chronique pour éclairer les lanternes et recadrer le débat.

Confusion au niveau du nom du prévenu: Marcus du groupe Banlieuz’art!

Au cours des investigations, des éléments recueillis du procès-verbal d’audition de la partie civile R.P : 373/016 et R.I: 110/015 et confirmés par des sources proches du dossier, nous ont appris que contrairement aux informations relayées par certains médias guinéens, la victime du nom de Fatoumata Diaraye Barry a identifié son agresseur sous le nom de Bangaly Bangoura alias Marcus du groupe Banlieuz’art. Et c’est le même nom qui figurait sur la convocation adressée par le juge d’instruction à l’artiste (une information confirmée par l’avocat de l’artiste Me Ahmadou Kourouma et par l’artiste). Or, sur la carte d’identité, ce dernier s’appellerait Abdoul Aziz Bangoura alias Marcus du groupe Banlieuz’art et non Bangaly Bangoura.

Et l’artiste Marcus du groupe du groupe Banlieuz’art, de son vrai nom Abdoul Aziz Bangoura nous précise: « Voulant garder secrète ma personnalité, ne sachant pas qui était de l’autre bout du fil, je me suis présenté en tant que Bangaly Bangoura. »

La première rencontre entre Fatoumata Diaraye Barry et Marcus du groupe Banlieuz’art

Sur les circonstances de sa rencontre avec l’artiste, Fatoumata a déclaré ceci lors de sa déposition (procès-verbal d’audition de la partie civile R.P : 373/016 et R.I: 110/015, ndlr) : « j’ai envoyé une demande d’invitation, via Facebook à Bangaly Bangoura alias Marcus. Et suite à cela, il m’a invité chez lui à Cobayah. Je voulais qu’il m’épouse car je l’aimais trop. »

Interrogé par Guineenews sur sa rencontre avec la fille, Abdoul Aziz Bangoura, alias Marcus du groupe Banlieuz’art, nous a confié: « en décembre, étant chez mon ami Doura, une voix féminine m’a appelé au téléphone puis m’a dit qu’elle a rêvé de mon numéro et qu’elle se souvient de chaque chiffre, qu’elle aimerait savoir qui suis-je car sa mère lui aurait conseillé de rencontrer l’intéressé. Voulant garder secrète ma personnalité, ne sachant pas qui était de l’autre bout du fil, je me suis présenté en tant que Bangaly Bangoura. Et comme elle insistait pour me voir, je lui ai donné rendez-vous au Seven-Eleven sis à Kipé. Le jour du rendez-vous, je suis arrivé dans les environs de 2h du matin après qu’on m’ait informé qu’il y a une fille qui m’y attendait. J’avais même oublié le programme. Une fois sur les lieux, je l’ai saluée et après quelques échanges, je lui ai remis le frais du transport afin qu’elle rentre chez elle car il se faisait tard. Mais elle m’a dit qu’elle ne peut pas rentrer car elle habite à Gomboyah. Je lui ai demandé aussi si elle n’a pas de parents à Conakry pour qu’avec mes amis, nous la déposions. Elle a répondu par un non. Vu que j’étais avec des amis qui devaient passer la nuit chez moi, je lui ai proposé de venir passer la nuit chez moi et qu’au matin, elle puisse rentrer. Une fois à mon domicile, elle est restée au salon où elle a passé la nuit car moi j’étais accompagné cette nuit. Le matin, je lui ai remis son frais de transport puis, elle est sortie de chez moi et depuis ce jour, je ne l’ai plus revue si ce n’est au tribunal où je ne l’avais même pas reconnue la première fois. »

Cette version des faits a été confirmée par Abdoul Mamouna Malick Bangoura, un cousin de Marcus. « Nous sommes rentrés dans les environs de 3 heures du matin et Marcus a continué dans la chambre avec son invitée. La fille Fatoumata Diaraye Barry a passé la nuit au salon dans un fauteuil et moi, j’ai aussi occupé l’autre fauteuil. »

Les dessous de la plainte contre Koulako Kourouma pour séquestration et viol sur Fatoumata Diaraye Barry

Dans sa déposition (procès-verbal d’audition de la partie civile R.P : 373/016 et R.I: 110/015), la plaignante Fatoumata Diaraye a indiqué que Marcus l’aurait violée et que l’artiste est à la base de sa défloration. Mais en lisant le rapport médico-légal N° 048 daté du 27 juin 2016 dans sa conclusion faite par le Pr Hassan Bah, médecin légiste, que nous ne pouvons pas afficher par respect pour la procédure judiciaire bien qu’elle soit aujourd’hui publique, il est clairement mentionné : « l’examen médico-légal réalisé ce jour n’a mis en évidence aucune lésion traumatique en rapport avec une agression sexuelle récente ». Et dans le nota bene (N.B), le Pr Hassan Bah souligne : « Défloration hyménale ancienne ». De ce rapport, il ressort qu’il n’y a pas eu de violence sexuelle récente sur Fatoumata Diaraye Barry et que la défloration est ancienne.

Mais contrairement à cette déclaration, elle a précisé dans sa déposition tirée du procès-verbal d’audition de la partie civile R.P : 373/016 et R.I: 110/015 : « je suis sortie de chez moi courant décembre 2015 et c’est seulement le 25 juin 2016 que ma mère m’a retrouvée chez Koulako (le féticheur interpellé après une plainte déposée par la “mère” de la fille, ndlr). Une version confirmée par la déposition N° 017/01/CCS/R/201 datée du 25 juin 2016 à 10 heures 30 minutes de Fatoumata Diallo, mère de la victime au Commissariat central de police de Sonfonia qui indique: « le 30 décembre 2015, ma fille Barry Fatoumata Diaraye est sortie de la maison. Avant de sortir, elle m’a volée la somme de 4.000.000 GNF et la somme de 5.000.000 GNF avec sa grand-mère à Coyah. Après quatre (4) mois d’absence, on nous a informé qu’elle a mis sa photo sur Facebook qu’elle se trouve actuellement à Dakar. C’est au courant de cette semaine, on m’a informée aussi que ma fille Fatoumata Diaraye Barry se trouve chez un certain marabout à Sonfonia. Je me suis rendue à l’indication où il (Koulako) m’a dit que Diaraye ne se trouve pas avec lui et qu’elle se trouve dans un hôtel à Foulamadina. Finalement, le concessionnaire m’a confirmé que ma fille se trouve avec lui (Koulako Kourouma). C’est ce dernier et sa fille qui m’ont aidée à faire sortir Diaraye de chez lui. Ça fait la deuxième fois qu’on la retrouve avec lui. Je porte plainte contre l’intéressé. »

Une déclaration de Fatoumata Diallo mère et plaignante qui se trouve être validée par celle de la victime Fatoumata Diaraye Barry dans sa déposition tirée du procès-verbal d’audition de la partie civile R.P : 373/016 et R.I: 110/015 : « je suis sortie de chez moi courant décembre 2015 et c’est seulement le 25 juin 2016 que ma mère m’a retrouvée chez Koulako. »

Pour expliquer sa première rencontre avec Fatoumata Diaraye Barry, Koulako Kourouma a affirmé : « ce jour, Fatoumata m’a expliqué son problème qui concerne le mariage et elle voulait que je l’aide à ce que Marcus du groupe de Banlieuz’art l’épouse. Ayant compris son ambition, j’ai fait son travail. »

En interrogeant Me Ahmadou Kourouma, l’avocat de Marcus, il nous a appris que la citation de son client Marcus dans le dossier a été faite en qualité de témoin et non en qualité d’accusé comme le font croire les informations dans certains médias. Et que son inculpation fait suite aux révélations faites par Fatoumata Diaraye Barry qui, au cours de sa déposition, a cité l’artiste comme étant son violeur et celui qui l’avait déflorée. De même, il nous a fait savoir que l’examen médico-légal a été réalisé après que Fatoumata Diallo, mère de la plaignante Fatoumata Diaraye Barry, ait porté plainte en 2016 contre le marabout Koulako Kourouma pour séquestration et viol sur mineure et non contre l’artiste du groupe Banlieuz’art. Donc, son client n’est accusé en rien de séquestration et de viol.

L’une des questions que les observateurs se posent est de savoir pourquoi Marcus peut forcer une fille qui l’aime et qui désire être son épouse au point de le marabouter, à entretenir une relation sexuelle avec lui?

Cette question mérite des éclaircissements. Le procès a été reporté au 5 juin afin que le droit puisse s’exprimer et que le/la/les fautifs, se retrouvent dans les filets de la loi.