Addis-Abeba : La question du troisième mandat de Alpha Condé s’invite dans les débats de l’UA

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En général, RFI livre très peu les détails des esclandres des coulisses des sommets de l’UA. Cette fois-ci, c’était trop gros pour faire se taire au mesuré Christophe Boisbouvier.

Les circonstances de politiques intérieures ont occasionné assez d’absents de taille. Certains avaient envoyé leurs ministres pour faire penser à certains observateurs à un boycott de la taxe de 0,2% sur les importations hors zone Afrique, ce qui était déjà un camouflet pour Alpha Condé et Paul Kagame. Même quand Alassane Ouattara s’est montré engagé et enthousiaste au paiement de cette taxe. Il a aussitôt annoncé que cette taxe entrera en vigueur dès l’année prochaine en Côte d’Ivoire. D’autres chefs d’Etat lui ont emboité le pas de façon informelle, par des promesses fermes ou dans l’air, attendons de voir en janvier prochain.

Le clou du huis clos : Ce huis clos a fait ressortir les divergences sous les cendres entre la Guinée et le Sénégal. Avec le recul, on est à mesure de dire, même avec retenue, que l’ordre du jour de ce 29 sommet n’était pas du goût de Macky Sall parce que le président en exercice de l’UA, Alpha Condé, avait annoncé que le NEPAD doit passer des mains du Sénégal pour aller dans les programmes et prérogatives de l’UA.

Qui a eu l’idée que parce que Macky Sall voulait exercer un troisième mandat à la tête du NEPAD qu’il n’est pas venu discuter de cela à ce sommet ? Quoi qu’il en soit, il a mis le doigt juste sur la plaie, s’il n’a pas semé la zizanie, puisque son ministre des AE a répliqué pendant le huis clos du sommet que la question du troisième mandat n’est pas un sujet pour Macky Sall, au Sénégal. Et le président en exercice d’attraper la mouche pour dire qu’il n’a de leçon à recevoir de quiconque.

Voilà que la question du troisième mandat de Alpha Condé traverse les frontières de la Guinée.