Addis-Abeba : ce qu’il faut retenir de la présidence d’Alpha Condé à la tête de l’UA

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La présidence d’Alpha Condé à la tête de l’Union Africaine est arrivée à terme  ce dimanche 28 janvier 2018. Ce qui ouvre la voie à son successeur, le président rwandais Paul Kagamé d’être intronisé pour les 12 mois prochains. Un mandat qui est placé sous le signe de la lutte contre la corruption sur le continent. En lui léguant donc le mandat de ses pairs, le président en exercice sortant de l’UA s’est prêté à l’exercice traditionnel de présentation des acquis et difficultés de sa mandature sans oublier les nouveaux défis qui interpellent l’institution.

Les vastes chantiers de réformes engagés par Alpha Condé pour la transformation qualitative de l’institution

En prenant les rênes de l’Union Africaine le 27 janvier 2017, Alpha Condé avait sans doute fait un constat amer quant au fonctionnement de l’organisation panafricaine dont l’administration semblait plus tatillonne, désuète et qui se trouve dans une très grande dépendance financière vis-à-vis de ses partenaires notamment de l’Union Européenne.

Pour ainsi relever ces défis, Alpha Condé a eu l’inspiration de mettre en place des commissions de réflexion, dirigés par des Chefs d’Etat et dont la mission consistait d’apporter rapidement des réponses idoines à ces axes.

«Dans l’accomplissement de mon mandat, je me suis efforcé, malgré les limites, à essayer d’imprimer une nouvelle dynamique pouvant nous permettre de passer de la rhétorique à l’action, des promesses aux résultats concrets et tangibles. J’ai ainsi pu rendre compte de l’impératif pour nous de rester unis et solidaires en parlant d’une même voix et agissant de concert, pour une meilleure gestion de nos préoccupations. L’année qui s’achève a été marquée par de nombreux défis. La mise œuvre de la réforme de notre Union, qui se déroule dans un contexte difficile notamment en raison de la crise économique qui, en frappant nombre de nos Etats membres, a eu un impact négatif sur leur contribution au financement de notre organisation commune. Ceci n’a heureusement pas empêché les collègues de produire  des rapports substantiels sur les thématiques qui leur étaient confiés », a déclaré le président sortant de l’UA.

Offensives diplomatiques tous azimuts à travers le monde pour faire entendre l’Afrique et  défendre ses intérêts et idéaux

«J’ai sillonné le monde pour participer aux multiples fora où il fallait clamer et défendre nos idéaux. Je citerais à titre d’exemple : le cinquième sommet mondial des gouvernements à Dubaï en février 2017, le partenariat Union Africaine-Turquie sur l’agriculture des 27 et 28 avril, le sommet du G7 en Italie les 26 et 27 mai, le sommet des BRICS en Chine des 3 et 5 septembre, le sommet du G20 à Hambourg les 7 et 8 juillet, l’Assemblée générale des Nations Unies à New York en septembre dernier en marge de laquelle une journée de débat de haut niveau sur le dividende démographique s’est tenu, le sommet Union Africaine-Union Européenne d’Abidjan du 29 novembre dernier, la conférence ‘’One Planet » à Paris sur le changement climatique», a-t-il rappelé.

Des fondamentaux sont, certes posés, mais il existe encore de nombreux défis auxquels l’organisation doit faire face

« Nous avons effectué un parcours certes, appréciables, mais qui n’est qu’une petite étape du long et complexe parcours nécessaire pour le développement de notre continent qui peine à émerger et à prendre son destin en charge en vue de faire profiter à ses populations les bénéfices des immenses ressources de toutes natures dont notre continent regorge  et juguler la pauvreté, l’ignorance, l’analphabétisme, le chômage des jeunes, l’immigration, les conflits armés, le terrorisme et tous les maux qui gangrènent nos sociétés. Je me félicite à juste titre de l’institution de la troïka qui permettra désormais à notre assemblée d’assurer la continuité des toutes ses initiatives. C’est là, l’une des solutions pour garantir la mise en œuvre de nos décisions et de nos programmes. Je me réjouis également du fait que notre engagement à tirer profit du Dividende démographique en investissant dans la jeunesse ait été suivi d’effets dans au moins 27 pays dont la Guinée et que plus de 40 pays aient pris des mesures importantes pour déterminer leurs profils démographiques. Ce qui aidera à identifier les domaines pour les investissements clés dans nos pays. Il s’agit de maintenir cet élan tout en restant conscient que c’est l’unité et mutualisation de nos efforts que l’Afrique pourra tirer pleinement profit du dividende démographique et réaliser la transformation structurelle indispensable au développement.

 Notre engagement à mettre effectivement en place la Zone de Libre-échange continentale doit être maintenu et consolidé. En ce qui concerne la décision relative au nouveau mécanisme de financement de notre Union, il est indispensable de poursuivre sa mise en œuvre. Car, c’est le moyen le plus sûr pour nous de résorber le déficit budgétaire chronique de notre organisation. A ce jour, une vingtaine d’Etats ont commencé à appliquer cette mesure. Ce qui constitue un motif de satisfaction et d’espoir. En notre nom, je leur adresse mes sincères félicitations et exhorte ceux qui ne se sont pas encore engagés à travailler avec le comité des ministres de l’Economie et des Finances pour aplanir les divergences de tous genres, liés à la mise en œuvre du prélèvement. Je comprends également les préoccupations exprimées par certains qui sont légitimes. Cependant, je les encourage à travailler avec l’unité de la réforme pour trouver un consensus autour de les questions. L’aggravation des phénomènes de l’immigration et l’éclatement au grand jour du trafic honteux et inhumain de l’esclavage ont aussi retenu notre attention et requièrent de notre part des actions ciblées. L’émigration de nos jeunes vers d’autres continents en raison de plusieurs facteurs et les sorts les plus cruels auxquels ils sont confrontés dans ces aventures, sont des sujets dont nous devons rester constamment saisis », a-t-il ainsi interpelé les dirigeants africains sur ce grave fléau, devenu particulièrement mortifère et révélateur d’un véritable déficit de bonne gouvernance sur le continent…

Notre partenariat avec divers acteurs dans autant de domaines que la paix et la sécurité, l’éducation et la formation, l’emploi et l’entreprenariat, l’agriculture, l’autonomisation des jeunes et des femmes, le transfert de technologie, le changement climatique, doit être redynamisé et réorienté dans le sens d’une meilleure prise en compte de nos priorités et respect de notre dignité », a-t-il lancé à ses pairs.

Nous y reviendrons.

Depuis Addis-Abeba, Camara Moro Amara pour Guinéenews