Accalmie entre les deux Corée : Trump hors-jeu ?

1

Au moment où Kim Jong-Un prévenait Donald Trump que son bouton nucléaire est sur la table de son bureau, ce dernier lui répondit que son bouton nucléaire, à lui, est plus gros que le sien. Ça ne sentait pas bon, mais ça inquiétait le monde et cela nous a amusés et nous a rappelés qu’on est tous aussi passés par-là. Mais ça fait longtemps, depuis le siècle dernier.

A la surprise générale Kim Jong-Un change de jeu et adresse la parole à son voisin du sud, auquel il n’a plus adressé la parole depuis quelques années et il propose d’envoyer chez ce dernier une délégation de sportifs pour prendre part aux JO d’hiver.

Voilà le voisin du sud qui accepte d’emblée et qui propose un dialogue plus avancé dans les tout prochains jours en zone neutre entre eux. Espérons qu’il n’ait pas mordu à la grappe.

Mais il faut que les spécialistes des JO nous disent si participer aux Jeux olympiques, fussent-ils d’hiver, n’est pas conditionné à une étape de qualifications préliminaires et si les sportifs nord-coréens sont qualifiés et autorisés ainsi par une simple décision politique. En tout cas, des sportifs russes soupçonnés de dopage ont été disqualifiés aux JO (d’été ou d’hiver, on ne sait plus). Qu’importe.

Dans quelques jours, Nord et Sud-coréens vont se mettre autour d’une table pour trinquer une bonne boisson nationale commune et se dire les quatre vérités, deux de chaque. Le monde entier aimerait y être présent. On peut supposer que le grand Donald Trump aussi. Mais les choses font apparemment voir qu’il n’y sera pas. Pourtant, psychologiquement, si le brave Trump y était, la détente serait immédiate et le Japon sauterait de soulagement.

D’un certain avis, la solution de la détente dans la péninsule qui porte le nom de ces deux frères ennemis est simple : le moratoire sur le développement du nucléaire nord-coréen que réclament à cor et à cri les autres, est assujetti à la cessation de toutes les adversités contre ce pays, à commencer par la levée de toutes les sanctions économiques et à la cessation des manœuvres militaires. Ça n’est pas la mer à boire, bien le contraire. Puisque cela permettrait de faire immensément d’économie dans tous les domaines. Tous les côtés auraient tout à gagner dans les échanges commerciaux francs, sincères et directs. Au lieu de passer leur passe-temps à échanger des noms d’oiseau pour amuser la galerie. Kim et Trump le savent, mais disons qu’ils ne savaient pas par quel bout commencer.

 Maintenant que l’initiative est venue de Jong-Un et qu’elle est porteuse d’espoir, on ne voit pas qui pourrait se hasarder à mettre les bâtons dans les roues des deux Corées, qui ont décidé de laver le linge sale en famille pour sortir de cette torpeur économique qui frappe tout le monde.

Pour le moment, Donald Trump est sifflé hors-jeu avec les autres réservistes Japonais. Ils ne sont pas seuls, puisque Chinois et Russes aussi ne feront pas partie, à moins d’un élargissement de dernière heure…

  • CONDÉ ABOU

    Je crois qu’il serait plus objectif de rester très prudent sur cette question, car tout le monde connait le caractère imprévisible du régime communiste Nord Coréen depuis la signature de l’Armistice qui a suivi la fin de la guerre entre les deux Etats de la péninsule Coréenne en 1953.

    Au plan juridique, la Corée du Nord demeure officiellement en guerre contre la Corée du Sud, la guerre de Corée s’étant terminée en 1953 par un armistice et non par un traité de paix. Les deux Corées revendiquent chacune le territoire de l’autre, et ne se reconnaissent pas mutuellement comme des États souverains légitimes. Cela est connu de tout le monde.

    Devant la crise économique qui s’aggrave et les sanctions économiques internationales tellement lourdes qui pèsent sur la Corée du Nord, rien n’indique, qu’il ne s’agisse pas en réalité d’un calcul politique du dirigeant Nord Coréen et d’une manière de reculer pour mieux sauter.

    Dans l’esprit de Kim Jun-Un, après ce qui est arrivé au dictateur Irakien Saddam Hussein, la seule solution militaire en Corée pour gagner une éventuelle guerre, ne viendra que de la confrontation sur le nucléaire militaire. Ni plus, ni plus.

    Selon tous les observateurs qui suivent l’évolution de la crise en Corée, le dirigeant Nord Coréen considère que dans le rapport des forces sur place, aucune guerre conventionnelle ne lui permettrait de tenir devant la puissance de feu de l’Armée Américaine et de celle de son allié Sud Coréen.

    Toute la stratégie militaire de Pyongyang est à ce niveau. Je ne vois pas du tout, comment cette stratégie va changer du jour au lendemain en Corée du Nord.

    Et puis, y-a-t-il unanimité en Corée du Sud ? Non, ce n’est pas du tout le cas.
    La classe politique politique Sud-Coréenne est divisée quant à l’attitude à adopter vis-à-vis de Pyongyang. La défiance est bien plus vive dans le camp conservateur Sud-coréen, et qui se trouve aujourd’hui dans l’opposition et traditionnellement hostile au régime Nord Coréen.

    La preuve ?
    Ses dirigeants retiennent pour leur part une autre partie des propos de Kim Jong-Un tenus dans son discours du nouvel an : « L’ensemble (du territoire) des Etats-Unis est à portée de nos armes nucléaires et il y a toujours un bouton nucléaire sur mon bureau. C’est la réalité, pas une menace. »

    Le dirigeant Nord Coréen a également évoqué la poursuite de la production et le développement de têtes nucléaires et de missiles balistiques pour garder le rapport des forces sur le terrain. Qu’est-ce qui est donc règlé en réalité dans la crise Coréenne ?

    Absolument rien du tout, en dehors d’un changement superficiel dans la rhétorique du dirigeant communiste.

    Le Député conservateur à Séoul, Mr. Chang Je-won regrette que Kim Jong-un n’hésite pas à « prendre le monde en otage avec ses menaces nucléaires, tout en parlant de la paix par le dialogue intercoréen ». M. Chang voit là « une offensive de charme superficielle » et appelle le président Moon à cesser de « prier pour le dialogue et à affronter la réalité ».

    Le ton conciliant de Kim Jong-Un pourrait donc, être selon lui, une réponse à la proposition faite par Séoul à Washington de décaler les exercices militaires annuels Américano-Sud-Coréens qui doivent coïncider, en 2018, avec les JO et les Jeux paralympiques (en Mars).

    Dans un rapport rendu public le 1er janvier, l’Institut pour une stratégie de sécurité nationale (INSS), organe d’analyse dépendant des Services de Renseignements Sud-Coréens, craint de voir Pyongyang exiger, pour prix de sa participation aux JO, la levée des sanctions imposées par Séoul, la suspension des manœuvres américano-sud-coréennes, voire une reprise de la coopération économique et de l’aide humanitaire.
    « De telles exigences dès l’ouverture des négociations pourraient lui donner un avantage dans les discussions », juge l’INSS.

    Le débat est en particulier relancé sur le complexe de Kaesong, zone industrielle où des entreprises sud-coréennes faisaient travailler des Nord-Coréens.

    L’ancienne Présidente conservatrice Mme Park Geun-hye (2013-2017) avait ordonné, en Février 2016, la fermeture de cet espace de coopération économique.
    Le camp politique de l’actuel President Sud Coréen, n’a cessé, depuis, de déplorer l’abandon d’un des rares projets de collaboration au profit d’une politique de confrontation. L’actuel Président Sud Coréen, Mr. Moon souhaiterait le rouvrir

    Que faut-il savoir sur le plan purement sportif dans les relations entre les 2 Etats Coréens ? Deux athlètes Nord-Coréens, le couple de patineurs Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, sont qualifiés pour Pyeongchang, mais le Comité Olympique Nord-Coréen a raté la date limite du 30 octobre dernier pour confirmer leur participation auprès de l’Union Internationale de patinage.

    Pour rappel, il faut dire que Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik se sont qualifiés pour l’épreuve de patinage artistique en couple, ayant terminé sixièmes lors des épreuves de qualification à Oberstdorf en Allemagne.

    Ils s’entraînent à Montréal, et se sont qualifiés en exécutant une chorégraphie avec pour accompagnement musical “Je ne suis qu’une chanson”, de la chanteuse Québécoise Ginette Reno, ainsi qu’une autre au son de “A Day in the Life”, des Beatles, en version instrumentale

    Ces sportifs pourraient néanmoins concourir à l’invitation du Comité international olympique. La participation de Pyongyang aux compétitions sportives organisées au Sud a toujours été tributaire de la situation politique et militaire sur la péninsule.

    La Corée du Nord avait demandé le droit de co-organiser les Jeux olympiques d’été de 1988, confiés à Séoul. Face au refus exprimé par le Comité international olympique, le Nord avait boycotté les Jeux, et orchestré l’attentat détruisant en vol, l’avion de la Korean Air (vol 858), tuant cent-quinze personnes, selon les enquêteurs indépendants.

    Aux Jeux olympiques d’été de 2000 et de 2004 et aux Jeux d’hiver de 2006, toutefois, les délégations des deux Corées avaient défilé ensemble sous le drapeau de l’unification coréenne lors de la cérémonie d’ouverture, en signe de réconciliation

    La Corée du Nord avait boycotté les Jeux d’été de Séoul en 1988. Mais elle avait envoyé ses athlètes aux Jeux asiatiques de 2014 à Incheon, près de Séoul.
    Les principales épreuves de la compétition sportive 2018 se tiendront à tout juste 80 kilomètres de la zone frontalière entre les deux Corée.

    Officiellement appelés les 23èmes Jeux Olympiques d’hiver, ces jeux seront célébrés du 9 Février au 25 Février à Pyeongchang en Corée du Sud, ville qui a été élue le 6 juillet 2011, à Durban en Afrique du Sud lors de la 123e session du Comité International Olympique.

    Connaissant les féroces capacités de nuisance du régime Nord Coréen sur tous les plans, la Corée du Sud vient d’annoncer le déploiement de 5.000 soldats pour assurer la sécurité des Jeux, et la mise en place de mesures de « cyber-sécurité pour contrer d’éventuelles attaques informatiques » de la part du régime Nord Coréen.

    CONCLUSION:

    Affirmer ou même penser que le Président Américain Mr. Donald Trump soit déjà mis hors jeu sur la question Nord Coréenne, ne me parait pas du tout justifié.

    Cela est quasiment impossible dans les conditions actuelles, face à la menace militaire que Kin Jong-Un fait peser d’abord sur la sécurité des Etats Unis et ensuite sur celle de plusieurs pays alliés de la région, dont la Corée du Sud elle-même, le Japon, l’Australie, la Nouvelle Zélande et les Philippines entre autres.

    Depuis la signature de l’armistice après la guerre de Corée en 1953, les relations entre les deux Etats Coréens ont connu des hauts et des bas. Difficile de croire à une lune de miel tombée du ciel entre les 2 Etats, suite à un discours de nouvel an.

    Ce n’est qu’une toute petite ouverture politique partie d’un simple discours de nouvel an du dirigeant Nord Coréen. Le régime Nord Coréen a toujours été imprévisible, et ne croit en réalité, qu’à une solution militaire qui l’arrangerait en cas de conflit nucléaire, étant entendu que dans son esprit, après ce qui est arrivé au dictateur Irakien Saddam Hussein, aucune guerre conventionnelle n’est plus d’actualité pour espérer imposer une victoire militaire en Corée.

    L’actuel locataire de la Maison Bleue (la Présidence Sud Coréenne) a devant lui dans son propre pays, les milieux conservateurs très puissants qui ne croient pas encore à la sincérité de Pyongyang. Et ils n’ont pas du tout tort.

    Absolument rien ne prouve que la majorité des Partis politiques Sud Coréens croient à la sincérité du dirigeant Nord Coréen.

    Le Député conservateur Chang Je-won regrette que Kim Jong-un n’hésite pas à « prendre le monde en otage avec ses menaces nucléaires, tout en parlant de la paix par le dialogue intercoréen ». M. Chang voit là « une offensive de charme superficielle » et appelle le président Moon à cesser de « prier pour le dialogue et à affronter la réalité ».

    Le camp politique des conservateurs Sud Coréens, croit déceler dans l’appel de Kim Jong-Un à annuler les manœuvres mili¬taires Américano-Sud-Coréennes une volonté d’affaiblir l’alliance entre Séoul et Washington. « Kim Jong-un a formulé à la fois une offre de paix et une position offensive, expliquait le 2 Janvier dernier le quotidien Korea Herald. Il est inquiétant de voir l’administration Moon exagérer le sens de la première tout en minorant la seconde. »

    « La Corée du Sud doit bien réfléchir au moyen d’équilibrer la résolution de la question nucléaire et l’amélioration des relations intercoréennes », juge Cheong Seong-Chang, Expert de la Corée du Nord à l’Institut Sejong de Séoul. « Nous devons procéder avec prudence et analyser le sens et les intentions derrière le discours du Nouvel An », reconnaît-on à la Maison Bleue.

    Voilà pourquoi, il faudrait prendre avec beaucoup de précaution les déclarations du dirigeant communiste Nord Coréen, capable du pire et de tous les retournements de parole.