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Emprunt obligataire : la Guinée mobilise 4 579 milliards GNF, soit presque le double de l’objectif

Lancé le 23 septembre dernier pour financer des projets structurants, l’emprunt obligataire de l’État guinéen a dépassé les attentes. L’opération, dont l’objectif initial était de mobiliser 2 500 milliards de francs guinéens sur le marché financier national, a permis de collecter 4 579,545 milliards de francs guinéens, soit un taux de souscription de 183,17 %. Les résultats ont été présentés ce jeudi 29 octobre 2026 à Conakry, en présence de la ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, et du gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée.

Au terme d’un mois de mobilisation, l’État guinéen a recueilli 2 079,545 milliards de francs guinéens de plus que le montant initialement recherché. Cette performance met en évidence la capacité du marché financier national à contribuer au financement des investissements publics.

Présentant les résultats de l’opération, Guy Laurent Fondjo, Directeur général d’Afriland First Bank et chef de file du syndicat de placement, a salué une mobilisation qui, selon lui, témoigne d’un changement dans la perception des capacités financières du pays.

«La Guinée montre aux yeux du monde qu’elle est capable de lever les ressources domestiques. Et parfois, les gens ne font pas le lien avec les ressources étrangères. Madame la Ministre, vous avez signé un programme avec le FMI, c’est autour de 430 millions de dollars. Aujourd’hui, en Guinée, nous avons levé 520 millions de dollars. Donc, nous avons fait plus que le FMI. Et ce n’est pas tout. Notre argent est disponible, c’est dans le compte du Trésor. Monsieur le gouverneur peut confirmer que l’argent est disponible et prêt pour financer nos infrastructures, prêt pour financer notre développement », a-t-il déclaré.

Au total, sept établissements bancaires ont participé à la collecte.

Au-delà du montant mobilisé, les autorités monétaires y voient un indicateur de la confiance des investisseurs dans la signature de l’État guinéen. Le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée a notamment souligné l’importance du montant levé, du taux d’intérêt et de la durée de remboursement dans l’appréciation d’une telle opération.

« Les discours peuvent rassurer, les promesses peuvent faire espérer, mais il y a un juste fait qui ne parle pas beaucoup : c’est le marché. […] Par le montant qu’il accepte de nous prêter, par le taux d’intérêt auquel il accepte de nous prêter et par la durée qu’il nous prête », a expliqué Dr Karamo Kaba.

L’emprunt, assorti d’un taux d’intérêt de 11 % et d’une maturité de cinq ans, constitue, selon le gouverneur, une évolution par rapport aux premières émissions obligataires, dont la durée était plus courte. Il a également recommandé d’élargir la participation à d’autres acteurs financiers, notamment les compagnies d’assurance et les institutions de microfinance, afin d’approfondir le marché financier national.

Pour la ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, cette mobilisation dépasse le seul succès financier. Elle traduit également, selon elle, la confiance accordée à la Guinée et à sa capacité à honorer ses engagements.

« Dans un environnement incertain, vous avez choisi de faire confiance à la Guinée, à sa stabilité, à ses perspectives économiques, mais aussi à sa capacité d’honorer ses engagements. Je mesure l’importance de cette confiance », a-t-elle affirmé.

La ministre a toutefois rappelé que cette confiance devait être consolidée par des actes concrets. Elle a notamment insisté sur la nécessité d’assurer une utilisation efficace et transparente des ressources mobilisées, afin que les fonds collectés se traduisent par des réalisations utiles aux populations.

« Notre responsabilité, c’est de nous assurer que ces fonds seront utilisés avec efficacité, transparence et que chaque investissement produise une véritable valeur ajoutée pour l’économie nationale », a-t-elle souligné.

Les ressources issues de cet emprunt sont destinées au financement de projets structurants, notamment dans les secteurs des infrastructures, de l’éducation, de la santé et de l’énergie. L’enjeu sera désormais de transformer cette mobilisation financière en investissements concrets et en améliorations durables des conditions de vie des Guinéens.

Ce taux de souscription de 183,17 % constitue un signal favorable pour le financement domestique de l’État.

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