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Pêche : la Guinée lance le SIGPEM pour simplifier les démarches administratives

Le Système intégré de gestion de la pêche et de l’économie maritime (SIGPEM), baptisé « Konkoé », a été officiellement lancé ce lundi 26 octobre 2026 à Conakry. La cérémonie, présidée par Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet de la Présidence de la République, marque une nouvelle étape dans la digitalisation du secteur de la pêche. La plateforme vise notamment à faciliter l’obtention des licences, le suivi des dossiers et la gestion des autorisations de pêche.

La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence de membres du gouvernement, de responsables administratifs, de partenaires techniques et de représentants des professionnels de la pêche.

Pour la ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Fatima Camara, cette plateforme répond aux difficultés rencontrées depuis longtemps par les acteurs du secteur dans leurs démarches auprès de l’administration.

Accessible depuis un téléphone ou un ordinateur, Konkoé permettra aux professionnels de la pêche artisanale et industrielle de soumettre leurs demandes, de suivre le traitement de leurs dossiers et de consulter les différentes étapes des procédures.

« Nous connaissons tous les difficultés que rencontrent depuis longtemps les acteurs de la pêche dans leurs démarches. On ne va plus mentir pour dire : “Le paraffin est dans le bureau de Mme la ministre.” Nous les avons entendus et nous avons voulu y répondre en changeant de paradigme avec la mise en place de la plateforme numérique Konkoé », a déclaré Fatima Camara.

La ministre a présenté cette initiative comme un moyen de rapprocher l’administration des usagers et de garantir davantage de transparence dans le traitement des demandes.

« Ce choix traduit notre volonté d’associer l’innovation technologique à notre identité culturelle, mais aussi aux réalités de notre secteur. D’autre part, Konkoé est un guichet unique numérique pour la pêche artisanale comme pour la pêche industrielle. Depuis un téléphone ou un ordinateur, chacun pourra faire sa demande, suivre son dossier et connaître les règles, les mêmes pour tous », a-t-elle expliqué.

Selon elle, la plateforme doit également permettre au ministère de mieux connaître les activités du secteur, d’assurer le suivi des ressources halieutiques et de rendre compte des opérations effectuées.

Présidant la cérémonie au nom de la Présidence de la République, Djiba Diakité a, pour sa part, présenté le SIGPEM comme un outil de modernisation de l’administration et de renforcement de la gouvernance maritime.

Le système doit notamment permettre de centraliser et de mieux suivre les informations relatives aux licences, aux navires, aux autorisations et aux recettes issues des activités de pêche. Il ambitionne également de réduire les lourdeurs administratives et de limiter les interventions inutiles dans le traitement des dossiers.

« Aujourd’hui, ce n’est pas un simple logiciel informatique que nous lançons, c’est un acte de souveraineté, c’est une rupture avec les lenteurs, l’opacité et les procédures d’un autre temps », a déclaré Djiba Diakité.

Il a insisté sur la nécessité de moderniser l’administration pour améliorer la qualité des services publics.

« Un État moderne se mesure à la qualité du service qu’il rend à ses citoyens. La transformation de la Guinée passe donc par la transformation d’abord de son administration, et la transformation de l’administration passera bien évidemment par le digital. C’est tout le sens de la plateforme Konkoé », a-t-il affirmé.

Pour le ministre directeur de cabinet de la Présidence, la numérisation des procédures doit également contribuer à renforcer le contrôle des activités de pêche et à sécuriser les recettes publiques.

« Avec cette plateforme, c’est l’État qui voit désormais clair : chaque licence, chaque débarquement, chaque navire, chaque recette est désormais tracé. Konkoé, c’est aussi l’État qui sert mieux, avec des démarches simplifiées, plus rapides et accessibles, sans intermédiaires inutiles », a-t-il poursuivi.

Au nom de la Confédération nationale des professionnels de la pêche en Guinée (CONAPEC), Boubacar Sidi Diallo a salué une initiative susceptible de réduire les retards dans le traitement des dossiers et d’améliorer les relations entre les usagers et l’administration.

Il a notamment mis en avant le gain de temps attendu grâce à la possibilité de suivre les demandes à distance.

« Nous n’allons plus souffrir des retards dans le traitement de nos dossiers. Nos relations avec l’administration seront meilleures. Sans avoir à nous déplacer ou à solliciter nos responsables, nous pourrons suivre nos dossiers et savoir où nous en sommes », a-t-il déclaré.

Le représentant des professionnels a toutefois attiré l’attention sur les difficultés d’accès que pourrait rencontrer une partie des pêcheurs, notamment ceux qui ne savent ni lire ni écrire ou qui maîtrisent peu les outils numériques. Il a ainsi plaidé pour un accompagnement de proximité sur les débarcadères, avec des explications dans les langues nationales et des moyens adaptés aux réalités du terrain.

Partenaire technique chargé de la mise en œuvre de la solution, le groupe Karity a présenté le SIGPEM comme un projet de transformation des procédures administratives du secteur. Son Directeur général Daouda Koné a rappelé que les travaux préparatoires ont notamment porté sur le diagnostic des procédures existantes, la cartographie des processus, le développement de la plateforme, les tests utilisateurs et la formation.

Le déploiement du système est organisé en trois lots complémentaires. Le premier concerne la gestion des armateurs, le registre national des navires, les licences de pêche et les autorisations d’accès à la zone économique exclusive (ZEE).

Les deuxième et troisième lots doivent notamment couvrir la certification des captures et des produits, la gestion des sanctions et des arraisonnements, les agréments techniques et sanitaires, ainsi que la gestion de certains espaces et locaux publics.

Avec le lancement de Konkoé, les autorités entendent ainsi accélérer la digitalisation des procédures liées à la pêche et améliorer le suivi administratif des activités du secteur. La mise en œuvre effective de la plateforme et son accessibilité à l’ensemble des professionnels constitueront des enjeux importants pour atteindre ces objectifs.

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