Une vive émotion règne à Friguiagbé, dans la préfecture de Kindia, après la découverte du corps sans vie d’Aïcha Sacko, une commerçante de 26 ans, dans sa boutique, dans la nuit du dimanche 18 au lundi 19 octobre 2026. Interpellé par la Gendarmerie, son petit ami présumé, Salif Camara, a reconnu l’avoir poignardée à plusieurs reprises, évoquant une dispute sur fond de soupçons d’infidélité. Présenté à la presse ce mercredi 21 octobre, le suspect devait être déféré devant le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia.
Une découverte macabre dans une boutique
Le drame s’est produit dans le secteur de Mokèboungni, relevant du district de Friguiagbé 1. Aïcha Sacko, qui tenait une boutique de produits alimentaires, aurait été mortellement poignardée à plusieurs reprises à l’intérieur de son commerce.
L’alerte a été donnée lorsque des voisins ont constaté que la boutique, habituellement ouverte tôt le matin, était restée fermée. La présence de traces de sang devant le commerce a renforcé leurs inquiétudes et conduit à l’intervention des services de sécurité.
Informée des faits, la Brigade de recherches de la Gendarmerie de Kindia a dépêché une équipe sur les lieux. Les premières investigations ont abouti à l’interpellation de Salif Camara, un maçon qui entretenait une relation amoureuse avec la victime et l’aidait, selon les premiers éléments de l’enquête, à vendre ses marchandises.
Le suspect reconnaît les faits et évoque la jalousie
Lors de la présentation du suspect à la presse, le capitaine André Kèkoura Tinguiano, commandant de la Brigade de recherches de Kindia, a exposé les premiers éléments recueillis par les enquêteurs.
« Au cours de son audition, le mis en cause a reconnu les faits qui lui sont reprochés et déclaré qu’il était le petit ami de la victime depuis longtemps. Il l’assistait dans la vente de ses marchandises. Après avoir longtemps soupçonné sa concubine d’entretenir également une relation avec un certain CIA, il aurait agi sous l’effet de la colère et de la jalousie. Il se serait introduit dans la boutique et, à l’aide d’un couteau, aurait poignardé à plusieurs reprises Mlle Aïcha Sacko, qui aurait succombé à ses blessures », a expliqué l’officier.
Interrogé sur le déroulement des faits, Salif Camara a, lui aussi, évoqué une dispute déclenchée par ses soupçons à l’égard d’un homme qu’il pensait entretenir une relation avec sa compagne.
« Après son départ, j’ai appelé Aïcha pour lui dire que j’avais apporté la nourriture. Je lui ai ensuite demandé : “Aïcha, tu ne m’avais pas dit qu’il n’y avait rien entre toi et CIA ?” Elle s’est énervée et m’a beaucoup crié dessus. Je me suis également énervé et je l’ai attrapée. Elle a alors pris un couteau pour me poignarder. J’ai retourné le couteau contre elle et je l’ai poignardée », a-t-il déclaré.
Le suspect a ensuite reconnu avoir porté les coups de couteau, tout en affirmant avoir regretté son geste après la mort de la jeune femme.
« C’est moi qui l’ai poignardée. Elle était ma petite amie. Après son décès, j’ai regretté mon acte et je l’ai couverte », a-t-il ajouté.
Ces déclarations constituent la version du mis en cause et devront être examinées dans le cadre de la procédure judiciaire, afin d’établir les circonstances exactes du drame et les responsabilités pénales éventuelles.
Un mariage prévu en décembre, un avenir brutalement brisé
Au-delà des circonstances tragiques de sa disparition, la mort d’Aïcha Sacko plonge sa famille dans une profonde douleur. La jeune commerçante envisageait de se marier les 23 ou 24 décembre prochains, sous réserve de l’accord définitif de sa famille.
Son frère aîné, Mohamed Sacko, n’a pas caché sa consternation. Il estime que la perspective de cette union a pu alimenter la jalousie du suspect, tout en précisant que la famille n’avait pas encore définitivement validé la date du mariage.
« Je suis abattu. En entendant également les déclarations du présumé auteur, nous comprenons qu’il s’agirait d’une affaire de jalousie. Vous n’êtes pas sans savoir que ma petite sœur devait se marier les 23 ou 24 décembre. Peut-être que M. Salif avait appris cette nouvelle. La famille devait encore se réunir pour examiner la question et confirmer si nous pouvions effectivement donner notre accord pour célébrer le mariage à ces dates. C’est ce que nous attendions, mais, malheureusement, nous avons appris son décès », a-t-il confié.
Cette union, que la famille espérait encore voir se concrétiser, laisse désormais place à une douleur profonde et à de nombreuses interrogations sur les circonstances de cette mort violente.
Le suspect attendu devant la justice
Selon le commandant de la Brigade de recherches de Kindia, les premiers éléments de l’enquête laissent présumer l’implication de Salif Camara dans des faits susceptibles d’être qualifiés d’assassinat, infraction prévue et réprimée par l’article 208 du Code pénal guinéen.
À l’issue de sa présentation à la presse, le suspect devait être déféré devant le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia pour les suites judiciaires appropriées.
L’enquête devra permettre de préciser les circonstances du drame et d’établir les responsabilités dans cette affaire. À Friguiagbé, la disparition brutale d’Aïcha Sacko laisse une famille endeuillée, à quelques semaines d’un mariage qu’elle espérait célébrer, et remet au premier plan la question des violences commises dans le cadre des relations amoureuses.

