La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a examiné, ce mardi 20 octobre 2026, le dossier d’Almamy Condé, ancien inspecteur des services financiers et comptables à la Direction générale du Trésor public. Alors que la défense conteste plusieurs dispositions du jugement rendu en première instance, le ministère public et l’Agent judiciaire de l’État s’opposent à sa relaxe pour détournement de deniers publics.
Le 16 juillet dernier, Almamy Condé avait été relaxé du chef de détournement de deniers publics, mais déclaré coupable de corruption d’agents publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Il avait été condamné à trois ans d’emprisonnement avec sursis, à une amende de deux milliards de francs guinéens ainsi qu’à la confiscation de l’essentiel de ses biens. La chambre de jugement l’avait également condamné à verser dix milliards de francs guinéens à l’État à titre de dommages et intérêts.
Cette décision a fait l’objet de plusieurs recours. Me Mamadou Sanoussy Barry, représentant l’Agent judiciaire de l’État, a interjeté appel le 7 août 2026. Le ministère public a ensuite formé un appel incident le 17 août, avant que les avocats de la défense ne contestent, à leur tour, une partie du jugement.
Après la lecture du rapport oral, la Cour a donné la parole aux différentes parties pour exposer leurs arguments. Au nom du collectif des avocats d’Almamy Condé, Me Séréba Mory Kanté a indiqué que la défense avait fait le choix de contester partiellement la décision rendue en première instance.
L’avocat a notamment remis en question les condamnations pour corruption d’agents publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, alors que son client a été relaxé du chef de détournement de deniers publics.
« S’il n’a pas détourné de deniers publics, comment a-t-il fait pour blanchir des capitaux ? D’où viennent ces capitaux ? », s’est-il interrogé.
Me Séréba Mory Kanté a également demandé à la Cour de préciser l’identité de l’agent public qui aurait été corrompu ainsi que les faits précis imputés à son client au titre de cette infraction.
La défense conteste également la condamnation d’Almamy Condé au paiement de dix milliards de francs guinéens à l’État à titre de dommages et intérêts. Selon elle, le préjudice invoqué par la partie civile n’aurait pas été suffisamment établi pour justifier un tel montant.
À l’opposé, le ministère public et l’Agent judiciaire de l’État estiment que la relaxe pour détournement de deniers publics ne se justifie pas au regard des éléments du dossier. Ils demandent ainsi à la Cour de revenir sur cette partie du jugement et de retenir la responsabilité de l’ancien inspecteur pour les faits concernés.
L’examen en appel porte donc à la fois sur les infractions retenues contre Almamy Condé, la portée de sa relaxe partielle et les sanctions financières prononcées à son encontre.

