Entre l’arrivée récente de l’électricité et les premiers kilomètres de goudron livrés, la commune urbaine de Mali connaît une transformation sans précédent. Si le visage de cette ville de la Moyenne Guinée se modernise au fur et à mesure, le manque d’eau potable et l’attente du grand axe Labé – Mali – Kédougou rappellent qu’il reste encore du chemin à parcourir a constaté sur place la rédaction régionale de votre quotidien électronique Guinéenews.
Des rues désenclavées, un éclairage continu et le sentiment palpable d’une ville en pleine mutation. Aujourd’hui, la commune urbaine de Mali ne ressemble plus tout à fait à celle d’hier. Portée par l’arrivée de l’électricité et les premiers travaux de bitumage, la localité opère une métamorphose majeure qui redonne espoir à ses habitants.
Comme le veut le dicton, « la route et l’électricité sont les premiers maillons du développement ». À Mali, ce concept n’est plus une promesse, mais une réalité quotidienne. Le maire de la commune urbaine, Mamadou Dian Dieng, ne cache pas sa satisfaction : « C’est déjà un sentiment de soulagement et d’espoir. Nous profitons de l’occasion pour saluer les efforts du gouvernement, qui ne ménage aucun effort pour améliorer les infrastructures, afin d’offrir à nos populations le cadre de vie souhaité. »
Sur les 17 kilomètres de bitume prévus pour la voirie urbaine, près de 3 kilomètres ont déjà été posés en 2026. Une première étape encourageante, bien que le chantier ait été temporairement suspendu en raison des fortes pluies. « Même provisoires, ces travaux améliorent déjà l’image de la ville, facilitent la mobilité et renforcent son attractivité. Nous osons espérer que cette dynamique de modernisation va se poursuivre », ajoute le maire.
En plus du désenclavement routier, Mali figure parmi les premières préfectures de la région administrative (après Labé) à bénéficier d’un réseau électrique stable et de qualité. Une avancée rendue possible grâce au projet d’interconnexion régionale géré par l’OMVG (Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie).
« Cela fait maintenant près de trois ans que nous bénéficions du projet d’interconnexion lié au barrage de Sambagalou. Ce réseau relie la Guinée, le Sénégal et d’autres pays membres. Avec des postes installés notamment à Mali, Labé, Linsan ou Kédougou, c’est toute une sous-région qui s’interconnecte », explique Mamadou Dian Dieng.
Malgré ces avancées significatives, un point noir persiste : l’accès à l’eau courante. Malgré la présence de la SEG (Société des Eaux de Guinée), la topographie accidentée et le relief de la zone compliquent sérieusement la distribution.
« C’est notre grande équation aujourd’hui. Nous n’avons pratiquement pas d’eau, car la distribution est très difficile, en particulier pour les quartiers situés en hauteur », reconnaît amèrement le premier magistrat de la ville.
Autre attente majeure des populations : l’aboutissement des travaux de la route nationale Labé – Mali – Kédougou. Alors que le chantier est en cours, les habitants attendent de pied ferme la livraison de cet axe transfrontalier stratégique pour désenclaver définitivement la région.

