La Guinée enregistre une amélioration de sa classification des risques pays. Dans la dernière évaluation publiée le vendredi 16 octobre 2026, les participants à l’Arrangement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont fait passer le pays de la catégorie 7 à la catégorie 6. Cette évolution, confirmée par le document officiel consulté par Guineenews, pourrait favoriser les conditions de financement de certaines opérations commerciales internationales, notamment celles bénéficiant de crédits à l’exportation.
C’est une évolution favorable pour la Guinée dans l’appréciation des risques liés aux financements internationaux. Selon le tableau des classifications des risques pays, rendu public le 16 octobre 2026 sur le site officiel de l’OCDE, la Guinée, identifiée sous le code GIN, figure désormais dans la catégorie 6, contre 7 précédemment.
L’information apparaît à la page 2 du document, à la ligne 73, consacrée à la Guinée. Cette nouvelle classification marque une amélioration de l’appréciation du risque associé au pays dans le dispositif international encadrant les crédits à l’exportation bénéficiant d’un soutien public.
Ce que signifie réellement cette nouvelle classification
Contrairement à une notation souveraine attribuée par une agence comme Standard & Poor’s, la classification des risques pays publiée sur le site de l’OCDE répond à un objectif spécifique : déterminer les primes minimales de risque applicables aux opérations de crédit à l’exportation bénéficiant d’un soutien public. Ce système permet notamment d’apprécier les risques de non-remboursement des engagements financiers internationaux.
Selon les explications fournies par l’OCDE, l’évaluation prend en compte plusieurs paramètres, notamment la situation financière et économique des pays, leurs antécédents de paiement ainsi que la qualité de leurs institutions.
L’analyse repose sur deux étapes : une évaluation quantitative utilisant notamment des données du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, puis une appréciation qualitative réalisée par des experts des risques pays.
L’OCDE précise également que les risques considérés comprennent les restrictions susceptibles d’empêcher la conversion ou le transfert de devises, ainsi que certains événements exceptionnels, comme les conflits, les expropriations ou les troubles civils.
Pour la Guinée, le passage de la catégorie 7 à la catégorie 6 traduit donc une amélioration de son positionnement dans ce mécanisme d’évaluation. Il pourrait contribuer à réduire certaines primes de risque et, par conséquent, à rendre plus avantageuses les conditions de financement de projets impliquant des fournisseurs et des organismes de crédit internationaux.
Toutefois, cette évolution ne signifie pas une diminution automatique des taux d’intérêt appliqués à l’ensemble des emprunts de l’État ou des entreprises guinéennes.
Une nouvelle évolution après la notation de Standard & Poor’s
Cette amélioration intervient un peu plus d’un an après l’attribution à la Guinée de sa première notation souveraine internationale par l’agence Standard & Poor’s (S&P).
Le 18 septembre 2025, l’agence américaine avait attribué au pays la note « B+ », assortie d’une perspective stable. À l’époque, S&P avait notamment mis en avant le potentiel de croissance du secteur minier, les perspectives liées au projet Simandou et un niveau d’endettement jugé relativement favorable.
L’agence avait néanmoins relevé plusieurs fragilités, dont la forte dépendance de l’économie aux ressources minières, les vulnérabilités institutionnelles et le faible niveau de développement.
S&P Global Ratings
Le 13 mars 2026, S&P a maintenu la note « B+ », tout en relevant sa perspective de « stable » à « positive ». Une décision annoncée par les autorités guinéennes, qui y voyaient une reconnaissance des réformes économiques et financières engagées.
Avec la nouvelle classification publiée le 16 octobre, la Guinée enregistre ainsi une troisième évolution favorable en matière d’appréciation internationale de ses risques financiers depuis septembre 2025, même si les méthodologies et les objectifs des deux systèmes d’évaluation sont différents.
La Guinée désormais dans la même catégorie que le Nigeria et la Mauritanie
Le document publié le 16 octobre permet également de situer la Guinée par rapport à plusieurs économies africaines. Avec sa nouvelle classification, elle rejoint notamment le Nigeria, la Mauritanie, le Bénin, le Rwanda et la Tanzanie, tous classés dans la catégorie 6.
La Côte d’Ivoire figure, pour sa part, dans la catégorie 5, tandis que le Ghana, le Sénégal, le Liberia et la Sierra Leone restent classés dans la catégorie 7.
Ces différences reflètent les évaluations des risques propres à chaque pays dans le cadre des crédits à l’exportation.
Quels enjeux pour le financement de Simandou 2040 ?
Pour les autorités guinéennes, cette amélioration intervient dans un contexte de mobilisation de financements destinés à accompagner le programme de développement socioéconomique Simandou 2040.
La réalisation des projets d’infrastructures, d’énergie, de transport et d’industrialisation nécessite en effet des investissements importants, dont une partie pourrait être mobilisée auprès de partenaires financiers internationaux.
Une meilleure classification des risques pays peut constituer un élément favorable dans la structuration de certaines de ces opérations, particulièrement lorsque celles-ci impliquent des garanties publiques à l’exportation.
Reste que les conditions effectives de financement dépendront également de la solidité des projets, des garanties proposées, de la situation des finances publiques et de l’appréciation des prêteurs.
L’amélioration enregistrée par la Guinée constitue donc un signal favorable. Le principal enjeu pour le pays sera désormais de consolider cette évolution et de la traduire en financements productifs, capables de soutenir la diversification économique, la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie des populations.

