Se procurer du gaz domestique relève désormais du parcours du combattant pour certains ménages de Conakry. Depuis plusieurs semaines, voire près de deux mois pour certains consommateurs, les difficultés d’approvisionnement en ce combustible perturbent la préparation des repas. Dans plusieurs points de vente visités, les bouteilles sont introuvables, contraignant les clients à repartir bredouilles.
Face à cette situation, des familles multiplient les déplacements à la recherche d’une bouteille pleine. D’autres sont obligées de revenir à des moyens de cuisson qu’elles avaient délaissés, notamment le charbon de bois.
« Cela fait près de deux mois que je cherche du gaz. Je suis allée dans plusieurs points de vente, mais je n’ai pas pu en trouver. À la maison, nous en avons besoin tous les jours pour préparer à manger. Je ne sais plus quoi faire si cette situation continue », déplore Mariama Camara, une mère de famille résidant à Matoto.
Pour d’autres ménages, la pénurie impose un retour au charbon de bois, avec les contraintes que cela comporte au quotidien.
« Nous sommes obligés de nous débrouiller avec du charbon de bois lorsque nous ne trouvons pas de gaz. Ce n’est pas facile, surtout quand on a des enfants à la maison. Nous voulons simplement pouvoir acheter du gaz normalement, comme avant », explique Fanta Kébé.
Le prix des bouteilles en forte hausse
Au-delà des difficultés d’approvisionnement, le coût du gaz constitue une autre source d’inquiétude pour les consommateurs qui parviennent à en trouver. Selon un témoignage recueilli, le prix d’une bouteille de 12 kilogrammes serait passé de 125 000 à 150 000 francs guinéens, avant d’atteindre aujourd’hui 300 000 francs guinéens dans certains circuits de vente.
« Nous avons acheté une bouteille de 12 kilogrammes à 300 000 francs guinéens. Avant, nous l’achetions à 125 000 francs, puis le prix était monté à 150 000 francs. Aujourd’hui, le problème ne se limite même plus au prix : le produit devient difficile à trouver », témoigne un consommateur.
Cette hausse rapportée, conjuguée aux difficultés d’approvisionnement, complique davantage l’accès au gaz domestique pour les familles concernées.
Des magasins fermés, des distributeurs peu loquaces
Dans plusieurs points de vente visités par notre rédaction, les magasins étaient fermés. Dans les rares établissements encore ouverts, les responsables sollicités n’ont pas souhaité répondre aux questions de Guinéenews sur les causes de cette situation et les perspectives de réapprovisionnement.
Les revendeurs sont eux aussi confrontés aux conséquences de cette indisponibilité. Lorsque les stocks sont épuisés et que les livraisons tardent, ils se retrouvent dans l’incapacité de répondre aux demandes des clients.
« Les clients viennent régulièrement demander des bouteilles, mais nous ne pouvons pas vendre un produit que nous n’avons pas en stock. Nous dépendons de nos fournisseurs pour le réapprovisionnement », explique Amadou Bah, un revendeur.
En attendant un retour à la normale, les ménages concernés doivent continuer à improviser pour préparer leurs repas. Entre les déplacements infructueux, le recours au charbon de bois et les prix élevés rapportés par certains consommateurs, l’accès au gaz domestique devient une préoccupation supplémentaire pour les familles de la capitale.
Les causes de ces difficultés d’approvisionnement, leur ampleur réelle ainsi que les mesures envisagées pour rétablir une distribution régulière restent toutefois à éclaircir.

