Clôture du Forum international des SGG à Conakry : Le Réseau scelle l’ère de l’IA administrative
Amadou Kendessa Diallo
Les rideaux sont tombés ce vendredi 16 octobre 2026 sur le Forum international des Secrétaires généraux de Gouvernement, réuni dans un complexe hôtelier de la capitale. En présence de plus d’une dizaine de Secrétaires généraux venus de plusieurs pays d’Afrique et d’Europe, le ministre Secrétaire général du Gouvernement guinéen s’est réjoui de la présence de ses pairs durant ces trois jours d’échanges et de partage d’expériences.
« Cette semaine, nous avons franchi un pas de plus. Nous nous sommes demandé comment rendre [nos engagements de la première édition] plus performants et quelle place l’intelligence artificielle doit y occuper. Nous venons d’Afrique et d’Europe. Nos pays parlent des langues différentes, héritent de traditions juridiques distinctes et vivent des réalités diverses. Pourtant, en écoutant les experts qui sont intervenus lors des huit ateliers – et que je salue au passage-, nous avons réalisé que nous exerçons le même métier : préparer le Conseil des ministres, veiller à la qualité des textes normatifs, conserver la mémoire des décisions et suivre leur exécution », a déclaré Tamba Benoît Kamano.
Poursuivant son intervention, le ministre a rappelé le rôle névralgique des Secrétariats généraux dans la coordination de l’action publique :
« Nous appuyons nos Chefs d’État et nos Premiers ministres dans l’impulsion, la coordination et le contrôle de l’action gouvernementale. Dans chacun de nos pays, nous sommes les gardiens de la continuité de l’État. »
Il a ensuite mis en lumière les atouts pragmatiques de l’intelligence artificielle :
« L’IA peut nous aider à retrouver en quelques secondes un texte enfoui dans des années d’archives, à repérer une éventuelle contradiction avant qu’un projet de décret n’arrive en Conseil, et à savoir à tout moment où nous en sommes dans l’exécution d’une décision. »
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Avant de conclure, M. Kamano a tenu à remercier le président de la République, Mamadi Doumbouya, ainsi que le Premier ministre, pour leur accompagnement constant envers son département.
Des recommandations ambitieuses et structurantes
Prenant la parole à son tour, la Secrétaire générale adjointe du Gouvernement guinéen, Mme Seregbé Keïta, a donné lecture des recommandations issues de ces trois jours d’intenses travaux. Parmi les axes prioritaires figurent l’institutionnalisation du réseau international des Secrétaires généraux et la définition d’orientations communes pour un usage responsable, sécurisé et efficace de l’IA au sein de l’appareil d’État.
Mme Keïta a résumé les travaux autour de quatre enseignements majeurs :
L’IA comme levier de performance : Elle offre l’opportunité d’optimiser la continuité de l’État, d’accélérer l’instruction des dossiers et de renforcer la qualité des décisions publiques.
Un encadrement éthique et juridique impératif : Son déploiement exige un cadre strict garantissant la protection des données, la traçabilité, la transparence et le maintien de la responsabilité humaine.
La primauté de la qualité du droit : La performance administrative repose d’abord sur la modernisation des procédures normatives, l’accessibilité de l’information publique et l’évaluation des résultats.
La force de la coopération inter-États : Le réseau des SGG constitue un outil précieux de mutualisation des expertises et de partage de bonnes pratiques adaptées aux réalités locales.
La Déclaration de Conakry : éthique et souveraineté
À cette occasion, les pays participants ont adopté une déclaration commune. Représentant le Tchad, Bourkou Dédé Elhadj a, au nom de ses pairs, souligné que ce texte marque une étape clé dans la pérennisation du réseau initié en avril 2025. Tout en s’inscrivant dans la lignée des orientations de l’Union africaine et de l’ONU, cette déclaration affirme l’IA comme une priorité d’action, sous la forme d’un engagement d’intention sans contrainte juridique ou financière directe pour les signataires.
Selon le représentant tchadien, la Déclaration de Conakry pose des garde-fous éthiques clairs :
Le contrôle humain obligatoire : L’IA reste une aide à la décision et ne saurait se substituer à la responsabilité ni à la signature d’un agent public.
La souveraineté numérique : Les outils déployés doivent respecter le droit international et héberger les données gouvernementales sous contrôle national strictement sécurisé.
L’inclusion et l’équité : L’intégration des langues africaines, l’accessibilité numérique et l’évaluation préalable des biais (notamment envers les femmes et les groupes vulnérables) demeurent des conditions indispensables pour une transformation digitale juste.
Faut-il préciser que le thème de cette rencontre de trois jours à Conakry était : « L’Intellignece artificielle au service de la performance gouvernementale. »