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Éducation à Kankan : un déficit de 736 enseignants, la DPE lance un cri d’alarme

À Kankan, le manque d’enseignants perturbe le fonctionnement de plusieurs établissements scolaires, particulièrement dans l’enseignement élémentaire. Face à cette situation, le directeur préfectoral de l’Éducation, Souleymane Daffé, appelle les autorités à agir rapidement pour combler le déficit, alors que l’année scolaire 2026 a démarré le 5 octobre sur l’ensemble du territoire national.

Selon les données communiquées par le directeur préfectoral de l’Éducation (DPE), les besoins en personnel enseignant dans la préfecture sont estimés à 736 enseignants, dont 630 pour l’élémentaire et 106 pour le secondaire.

Cette insuffisance s’explique notamment par l’augmentation des effectifs scolaires, les départs à la retraite et les décès d’enseignants. Une situation que les recrutements effectués jusque-là ne permettent pas de compenser, selon Souleymane Daffé.

« Après l’engagement de 2024, il n’y a pas eu d’autre recrutement. Chaque année, des enseignants partent à la retraite, tandis que le nombre d’élèves scolarisés augmente. S’il n’y a pas de recrutement pour remplacer ceux qui partent, le besoin en enseignants se fait forcément sentir », explique-t-il.

D’après les statistiques présentées par le responsable préfectoral, les établissements scolaires relevant de la DPE de Kankan, y compris ceux des localités récemment rattachées à son ressort, notamment Tokounou et Sabadou-Baranama, comptent actuellement 2 223 enseignants en activité.

Cet effectif se répartit entre 1 361 enseignants dans l’enseignement élémentaire et 862 dans le secondaire. Malgré ces ressources humaines, le déficit reste important et affecte particulièrement les écoles primaires.

Dans certaines localités rurales, la situation est préoccupante : des établissements disposant de quatre classes ne comptent parfois qu’un ou deux enseignants pour assurer les cours.

« Tous les enseignants ne sont pas au complet, surtout à l’élémentaire. Il y a des villages où, pour quatre classes, on ne dispose souvent que d’un ou deux enseignants », déplore Souleymane Daffé.

Des solutions locales pour maintenir les cours

Face à cette pénurie, les responsables éducatifs tentent de limiter les conséquences sur les apprentissages. La DPE privilégie notamment une gestion locale des difficultés, sans procéder à des permutations d’enseignants qui pourraient, selon son directeur, aggraver le déficit dans certaines écoles.

Dans plusieurs localités, les Associations des parents et amis de l’école (APAE) apportent également leur contribution au maintien des activités pédagogiques. Elles prennent notamment en charge des enseignants contractuels pour renforcer les équipes en poste.

Souleymane Daffé salue cette mobilisation communautaire, qui permet de soutenir les établissements confrontés au manque de personnel. Il souligne toutefois que cet appui ne saurait constituer une réponse durable aux besoins de la préfecture.

L’espoir placé dans le recrutement de 6 000 enseignants

Pour réduire le déficit, la DPE mise désormais sur le recrutement annoncé de 6 000 enseignants au niveau national dans la fonction publique. Selon Souleymane Daffé, cette opération pourrait contribuer à améliorer la situation à Kankan, même si elle ne permettra pas nécessairement de combler tous les besoins.

Le directeur préfectoral appelle ainsi les autorités compétentes à accélérer le processus de recrutement et d’affectation afin que les établissements les plus touchés puissent bénéficier rapidement de nouveaux enseignants.

« Nous avons un grand espoir avec le recrutement annoncé. Cela ne corrigera pas définitivement le déficit, mais permettra de réduire les besoins. Nous demandons à l’État d’accélérer les choses, car l’année scolaire a déjà commencé. Un retard supplémentaire d’un à deux mois dans la mise à disposition des enseignants risque d’entraîner des retards dans les programmes scolaires », prévient-il.

Alors que les cours ont repris depuis le 5 octobre 2027, le renforcement du personnel enseignant demeure un défi majeur pour la DPE de Kankan. La rapidité des recrutements et des affectations sera déterminante pour améliorer les conditions d’apprentissage, notamment dans les zones rurales où le manque d’enseignants compromet déjà le bon déroulement des cours.

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