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Musique guinéenne : un colloque annoncé les 22 et 23 octobre au Musée national

Le Musée national de Guinée accueillera, les 22 et 23 octobre 2026, un colloque consacré à l’histoire de la culture guinéenne, avec un accent particulier sur la musique, son évolution et sa contribution à la création d’emplois. À travers cette initiative, des professionnels du secteur entendent transmettre leur expérience aux jeunes générations et approfondir la réflexion sur les enjeux économiques et numériques de la culture.

Intitulé « De l’authenticité à la digitalisation : la musique guinéenne comme vecteur d’identité et de création d’emplois », ce rendez-vous réunira des historiens, des professeurs, des hommes de culture, des artistes, des journalistes culturels, des opérateurs du secteur et des étudiants de l’Institut supérieur des arts Mory Kanté.

Pour les initiateurs, l’enjeu dépasse la simple célébration du patrimoine artistique national. Il s’agit de retracer les grandes étapes de l’histoire culturelle du pays, de faire connaître des pans parfois méconnus de cette évolution et de réfléchir aux moyens de mieux valoriser les productions artistiques guinéennes.

Lors de la présentation de l’initiative, l’homme de culture Fodéba Isto Keira a insisté sur la nécessité de transmettre aux jeunes les connaissances accumulées au fil de plusieurs décennies d’expérience. Selon lui, cette démarche répond à un déficit d’informations sur le parcours de la culture guinéenne et sur les personnalités qui ont contribué à son rayonnement.

« L’objectif de ce colloque, c’est la transmission », a-t-il expliqué, soulignant que les organisateurs souhaitent partager leur expérience avec les nouvelles générations, notamment les étudiants et les professionnels qui évoluent dans le secteur culturel.

Retracer les grandes étapes de la musique guinéenne

Les échanges porteront notamment sur les origines et l’évolution de la musique guinéenne, les formations artistiques qui ont marqué son histoire, les orchestres fédéraux, les ensembles nationaux ainsi que les festivals et les initiatives qui ont contribué à son développement.

Intervenant sur le thème de « L’épopée de la culture guinéenne », le journaliste culturel Jean-Baptiste Williams a estimé qu’il était nécessaire de mieux documenter cette histoire afin de la rendre accessible au grand public. Il a notamment évoqué les premières expériences théâtrales et musicales, dont certaines restent insuffisamment connues.

L’intervenant a également annoncé qu’il présenterait des éléments historiques sur les premières formations musicales du pays, affirmant notamment que le premier orchestre guinéen aurait été créé en 1933. Une affirmation qui sera au cœur de la démarche de transmission historique portée par les organisateurs.

De son côté, Fodéba Isto Keira a annoncé des communications consacrées à plusieurs étapes importantes de la production musicale guinéenne, notamment le rôle de la structure nationale Silyphone, qui aurait produit entre 500 et 600 références discographiques, ainsi que l’émergence des maisons de production privées.

La contribution de professionnels ayant participé à cette évolution sera également mise à profit. Les discussions aborderont ainsi les métiers de la production, la conservation du patrimoine artistique et la place des acteurs qui ont accompagné l’essor de la musique guinéenne.

Culture, emplois et défis du numérique

Au-delà de la dimension historique, les organisateurs entendent mettre en évidence le potentiel économique de la culture. La création d’emplois, les mécanismes de production et de diffusion musicale, les droits d’auteur et la digitalisation figurent parmi les questions annoncées au programme.

À l’heure où les plateformes numériques et le streaming transforment les modes de diffusion et de consommation de la musique, ces rencontres devraient permettre aux participants de mieux comprendre les possibilités offertes aux artistes et les défis auxquels ils sont confrontés.

Les questions de propriété intellectuelle et de protection des œuvres seront également abordées, avec la participation de personnes ressources issues des structures concernées. L’objectif est de permettre aux professionnels, notamment aux jeunes acteurs du secteur, de mieux maîtriser les mécanismes qui encadrent la création et l’exploitation des œuvres.

Pour Fodéba Isto Keira, la culture ne doit pas seulement être envisagée sous l’angle du spectacle. Elle représente également un domaine de connaissance, un patrimoine à préserver et un secteur susceptible de contribuer à l’activité économique et à l’emploi.

Une démarche tournée vers la jeunesse

Les organisateurs souhaitent faire de ce colloque un cadre d’apprentissage et d’échanges professionnels. Les communications seront suivies de discussions interactives et de séances de questions-réponses, afin de favoriser la participation du public et le partage d’expériences.

Les initiateurs envisagent également de poursuivre cette démarche au-delà des deux journées prévues au Musée national, notamment à travers des conférences dans les universités.

Destiné en priorité aux artistes, aux journalistes et animateurs culturels, aux promoteurs, aux associations professionnelles et aux cadres du ministère chargé de la Culture, le colloque se veut ouvert à toute personne intéressée par l’histoire et l’avenir du patrimoine guinéen.

À travers cette rencontre, les organisateurs entendent ainsi contribuer à une meilleure connaissance de l’histoire culturelle nationale, tout en encourageant une réflexion sur les moyens de faire de la musique et des autres disciplines artistiques des leviers de transmission, d’innovation et de création d’emplois.

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