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Labé-Lélouma : L’enfer du franchissement de la rivière Kassawol

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Situées à la frontière entre les préfectures de Labé et de Lélouma, les localités de Tamba-Wolo et Dondhé sont coupées du monde durant près de huit mois par an. En cause, la montée des eaux de la rivière Kassawol et l’absence d’un pont moderne de franchissement. Entre pont de fortune artisanal, chutes de motos et paralysie économique, les habitants lancent un cri du cœur urgent aux autorités rapporte votre quotidien électronique Guinéenews.

Pendant plus de deux tiers de l’année, le temps semble s’arrêter entre les sous-préfectures de Diari et de Parawol. Ce qui devrait être le trajet le plus court pour relier les préfectures de Labé et Lélouma se transforme, à chaque saison des pluies, en un véritable piège d’isolement pour les populations locales.

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Située précisément entre les villages de Tamba-Wolo (sous-préfecture de Diari, Labé) et Dondhé (sous-préfecture de Parawol, Lélouma), la rivière Kassawol bloque le passage de tous les véhicules pendant toute la saison hivernale.

Pendant près de huit mois, aucun engin à quatre roues ne peut effectuer la traversée. Un ouvrage de fortune en bois et en fils de fer, fabriqué de façon rudimentaire, constitue l’unique moyen de passage pour les piétons et quelques motocyclistes téméraires. Ce n’est qu’en pleine saison sèche que des véhicules parviennent à se frayer un chemin dans le lit à sec de la rivière pour approvisionner les villages en produits de première nécessité.

Mamadou Diouldé Baldé, responsable du secteur de Tamba-Wolo, dresse un constat amer.

« À partir du mois de juin jusqu’en décembre, c’est-à-dire pendant huit mois complets, aucun véhicule ne traverse ici. Si les habitants veulent construire ou s’approvisionner en nourriture durant cette période, ils sont obligés d’acheminer le ciment ou les vivres jusqu’au bord de la rivière. Ensuite, les marchandises sont transportées article par article par les jeunes, qui traversent sur ce pont artisanal que nous avons réalisé nous-mêmes. »

L’infrastucture artisanale est loin d’offrir toutes les garanties de sécurité. De nombreuses tragédies y ont déjà été évitées de justesse. Selon Mamadou Saliou Baldé, initiateur de l’ouvrage, il y a plus de 30 ans, au moins 18 motos sont déjà tombées dans les eaux du fleuve, et très peu ont pu être récupérées en bon état. Pour maintenir ce fragile trait d’union, un effort communautaire colossal est déployé chaque année avant l’arrivée des grandes pluies.

« Chaque année, nous nous mobilisons pour réunir le matériel nécessaire. Nous déplaçons des bûcherons pour couper le bois, puis des forgerons pour assembler les pièces et les fixer à l’aide de chaînes en fer et de câbles. Ce travail prend plusieurs jours, voire des semaines. Les câbles que nous utilisons sont envoyés par nos ressortissants vivants ailleurs, et c’est ce qui permet au pont de tenir » explique Mamadou Saliou Baldé.

Malgré ces efforts, lors des crépuscules de fortes pluies, la rivière envahit complètement l’ouvrage et interdit tout passage, même aux piétons.

Face à cette situation intenable qui paralyse l’économie locale et les échanges entre communautés, les dirigeants locaux demandent une intervention étatique.

« Nous, habitants de Dondhé dans la sous-préfecture de Parawol (Lélouma) et de Tamba-Wolo dans la sous-préfecture de Diari (Labé), sollicitons humblement l’aide des autorités à tous les niveaux. Nous avons besoin d’un pont en béton pour faciliter les déplacements et l’évacuation de nos récoltes vers les grandes villes », lance Mamadou Adama Diallo, président du district de Dondhé.

Déterminées à sortir de l’enclavement, les populations n’attendent pas les bras croisés. Les ressortissants de la localité ont déjà pris les devants en mobilisant, à leurs propres frais, d’importantes quantités de sable, de gravier et de blocs de pierre posés sur les deux rives.

Ce matériel dort sur place depuis plusieurs années dans l’espoir de voir un jour le lancement officiel des travaux d’un pont définitif. La balle est désormais dans le camp du gouvernement et des partenaires au développement.

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