En séjour de travail dans la région administrative de Kankan, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a mis en garde les magistrats qui abandonnent leurs postes ou accusent des retards dans la rédaction des décisions de justice. Il a annoncé des sanctions contre ceux qui ne respectent pas leurs obligations professionnelles.
Cette mise en garde a été formulée ce vendredi 9 octobre 2026, lors d’une rencontre organisée à la Cour d’appel de Kankan. La réunion a rassemblé des autorités judiciaires et sécuritaires, des responsables locaux ainsi que des citoyens, autour des difficultés qui entravent le bon fonctionnement de la justice dans la région.
Face à ces dysfonctionnements, le garde des Sceaux a affiché sa volonté de sévir contre les magistrats qui ne s’acquittent pas correctement de leurs responsabilités.
« On ne peut pas avoir une telle responsabilité et se mettre à se promener. Aujourd’hui, les magistrats aiment se promener, ils sont sur les réseaux sociaux. Vous les voyez partout à travers le monde, alors que des procédures sont en train de dormir dans les bureaux. Ce n’est pas normal », a-t-il déclaré.
Le ministre a également invité les responsables des juridictions à assurer un suivi rigoureux du travail des magistrats et à lui signaler tout manquement constaté.
« Quand on rentrera, on prendra des mesures prochainement, parce qu’il faut que ça change et qu’on s’habitue aux bonnes pratiques. Tout va changer. Les magistrats qui ne seront pas dans la logique d’aider au bon fonctionnement de la justice nous trouveront sur leur route. On n’hésitera plus à sanctionner un magistrat qui ne fera pas correctement son travail », a-t-il averti.
Cette sortie intervient dans un contexte où les lenteurs judiciaires suscitent des préoccupations, notamment en raison des procédures qui s’éternisent et des personnes détenues dans l’attente de leur jugement.
Les sanctions annoncées par le ministre seront-elles suivies d’effets concrets ? Leur mise en œuvre pourrait constituer un levier pour améliorer le suivi des dossiers, réduire les retards dans le traitement des procédures et lutter contre les détentions prolongées sans jugement.

