Site icon Guinéenews©

Amadou Tham Camara porté à la tête du patronat de la presse privée de Guinée- FEPAP-GUI

​Les acteurs du paysage médiatique guinéen ont franchi une étape historique dans l’organisation du secteur privé des médias. Réunis ce jeudi 8 octobre 2026 à dans un réceptif hôtelier de Conakry à l’occasion de l’Assemblée générale constitutive de la Fédération Patronale des Associations de Presse de Guinée (FEPAP-GUI), les délégués ont officiellement mis en place l’instance patronale représentative des entreprises de presse du pays. Sur les 36 congressistes attendus, 30 ont pris part aux travaux, consacrant de façon consensuelle l’élection d’Amadou Tham Camara, journaliste, administrateur de Guinéenews et président de l’AGUIPEL à la présidence du Bureau exécutif.
​Une dynamique saluée par les autorités et les régulateurs
 
​La cérémonie d’ouverture a été marquée par une forte mobilisation institutionnelle et des prises de parole soulignant les défis majeurs auxquels est confrontée la presse privée guinéenne.
​Travail et protection sociale : veiller aux conditions des professionnels
​Prenant la parole au nom du gouvernement, Ramatoulaye Camara, Ministre par intérim de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale, a rappelé la double facette des médias, entre mission d’information et réalités d’entreprise :  ​« Lorsque nous parlons de presse, nous parlons souvent de liberté, d’information et de responsabilité. Nous parlons plus rarement de l’entreprise qui la fait vivre et du travailleur qui la fait exister. C’est pourtant cette dimension qui nous réunit aujourd’hui. Derrière chaque rédaction, chaque studio et chaque reportage, il y a des entreprises qui investissent, des emplois à préserver, et des femmes et des hommes dont les droits doivent être protégés », a-t-elle déclaré.
​Ramatoulaye Camara a également insisté sur l’urgence d’aboutir à un cadre de travail digne pour les journalistes :  ​« Un journaliste peut consacrer sa carrière à défendre les droits des autres, mais qui veille à la protection des siens ? Cette question doit nous interpeller collectivement. […] Nous ne construisons pas durablement des entreprises de presse fortes avec des travailleurs fragiles et négligés », a-t-elle martelé.
 
​Au nom du Ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Adèle Camara, Cheffe de Cabinet, a souligné l’enjeu crucial de la viabilité économique des organes de presse : ​« La viabilité économique des entreprises de presse doit être au cœur de nos préoccupations. La diversification des revenus, l’adaptation des modèles économiques, la transformation numérique, la formation et l’accès aux mécanismes de financement sont aujourd’hui indispensables pour permettre à nos médias de se développer durablement, tout en préservant leur indépendance éditoriale », a-t-elle souligné.
​Elle est également revenue sur la relance du dialogue social :  « Je voudrais à cet égard insister sur un chantier particulièrement important et attendu : l’aboutissement de la convention collective de la presse. Cette convention doit permettre de mieux encadrer les relations professionnelles, de clarifier les droits et les obligations des employeurs et des travailleurs, d’améliorer les conditions de travail et de renforcer la professionnalisation du secteur », a-t-elle lancé. 
​Haute Autorité de la Communication : « Le désordre doit s’arrêter »
​Le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a livré un plaidoyer vif et sans détour sur la nécessité d’assainir la profession et d’exiger une réelle rigueur patronale : ​« Chaque journaliste est devenu aujourd’hui patron avec son téléphone simplement et sa connexion Internet. Ce désordre doit s’arrêter. Ce désordre doit s’arrêter, il ne doit pas y avoir de complaisance. […] La loi leur en donne le droit, mais faudrait-il que ce droit soit accompagné de responsabilité, d’esprit de discernement, de retenue. Un journaliste doit être modeste, il doit être discret. Mais il doit en même temps être exigeant et faire, quand il est face à l’actualité, comme un chirurgien quand il est en face d’un malade : il a de la compassion, mais il incise pour soigner. C’est ça le journaliste, ni plus ni moins », a-t-il interpellé. 
​Pour Ansoumane Kaba, président de la Confédération Générale des Entreprises de Guinée (CGEG), la naissance de la FEPAP-GUI est un signal fort pour l’ensemble du secteur privé :  ​« La cérémonie de la FEPAP-GUI dépasse le simple cadre administratif. Elle traduit la volonté des employeurs de la presse privée de se rassembler autour d’une interlocutrice représentative, capable de porter leurs préoccupations, de défendre leurs intérêts et de contribuer au développement d’un secteur compétitif, créateur de valeur et d’emploi… »
​Un bureau exécutif consensuel de 11 membres
​À l’issue des délibérations et dans un esprit d’unité retrouvée, le Maître de Cérémonie a annoncé la composition du nouveau Bureau exécutif de la FEPAP-GUI, adopté de façon consensuelle :
Président : Amadou Tham Camara
Vice-Président chargé de la Presse audiovisuelle : Aboubacar Camara
Vice-Présidente chargée de la Presse écrite : Kadiatou Conté
Vice-Président chargé de la Presse en ligne : Bachir Sylla
Secrétaire Général : Koffi Grégoire Ankou
Secrétaire Général Adjoint, chargé de l’Organisation : Ibrahima Diallo
Trésorier Général : Aboubacar M’mah Soumah
Secrétaire chargé des Projets : Younoussa Naby Sylla
Secrétaire chargé des Relations Extérieures et du Dialogue social : Talibé Barny
Secrétaire chargé des Affaires Juridiques et du Plaidoyer : Daouda Yansané
Secrétaire chargée de la Communication : Oumou Diallo
Quitter la version mobile