Sur l’axe qui relie Péla-Diéké à Bignamou, avancer relève désormais d’un parcours de combattant. Creusée d’ornières, transformée par endroits en véritable bourbier, la route est presque impraticable. Piétons, motocyclistes, conducteurs de véhicules et passagers progressent au ralenti, au prix d’efforts considérables. Si les autorités n’interviennent pas à temps, cette voie, vitale pour les échanges entre les deux localités, pourrait être purement et simplement coupée.
Des heures dans la boue
Sur place, le constat est unanime : le tronçon s’est dégradé au fil des pluies, jusqu’à devenir un piège pour tous ceux qui s’y aventurent. Les véhicules s’enlisent, les passagers descendent pour alléger la charge et pousser, les conducteurs cherchent désespérément un passage moins boueux, souvent en vain. Chaque kilomètre se gagne de haute lutte.
Gnakoye Delamou, en partance pour Diéké, a le visage marqué par la fatigue : « Depuis le matin, nous sommes dans cette boue, explique-t-il. Les véhicules s’enlisent, il faut descendre, pousser, attendre que quelqu’un vienne aider. Nous avançons de quelques mètres, puis nous nous arrêtons de nouveau. On ne sait plus à quelle heure on arrivera, et on ne sait même pas si on arrivera avant la nuit. » Pour lui, ce qui devrait être un simple déplacement s’est transformé en une journée entière d’épuisement.
Un quotidien rendu précaire
Les difficultés ne se limitent pas à la lenteur du trajet. Les retards s’accumulent et les frais de transport s’alourdissent, car les conducteurs, qui usent leurs véhicules et leur carburant, répercutent ces surcoûts sur les passagers. Les commerçants, eux, voient leurs marchandises exposées à la pluie et à la boue, au risque de les perdre avant même d’atteindre le marché. Les produits agricoles, notamment les denrées périssables, sont particulièrement menacés.
Les déplacements les plus sensibles deviennent aléatoires : malades à évacuer vers un centre de santé, élèves qui peinent à rejoindre l’école, agents et travailleurs qui arrivent en retard ou renoncent à partir. Sur cet axe, la moindre urgence se transforme en course contre la montre.
« Nos villages seront isolés »
En direction de Bignamou, Emmanuel Bongono ne cache ni sa fatigue ni son amertume. « Si rien n’est fait par les autorités, cette route risque d’être coupée, prévient-il. Nous l’empruntons chaque jour pour travailler, pour vendre nos produits, pour nous soigner. Si elle devient impraticable, nos villages seront isolés et c’est toute la population qui en souffrira. Nous ne demandons pas l’impossible, juste une route sur laquelle on peut passer. » a-t-il renchéri
Ses propos traduisent l’inquiétude d’une population qui redoute de voir se refermer son unique voie d’accès. Car une route coupée, c’est l’approvisionnement qui s’arrête, les produits locaux qui ne sortent plus, et des localités qui se retrouvent livrées à elles-mêmes.
Un appel à agir sans attendre
Pour les usagers, l’urgence est claire. Une intervention rapide, ne serait-ce que des travaux de réhabilitation et de drainage, permettrait d’éviter le pire avant que la saison des pluies n’achève de dégrader la chaussée. Chaque jour de retard aggrave l’état de la piste et renchérit le coût d’une éventuelle remise en état.
En attendant, voyageurs et conducteurs continuent d’affronter la boue, jour après jour, dans l’espoir que leur appel soit enfin entendu.

