Après trente jours de formation aux technologies de production et de transformation des denrées alimentaires tropicales et des arbres fruitiers, les participants sont appelés à traduire leurs acquis en actions concrètes. À la cérémonie de clôture de cet atelier organisé en Guinée avec l’appui de la Chine, le ministre de l’Agriculture, Félix Lamah, a exigé des rapports individuels et une restitution des connaissances à travers le pays.
« J’exige de chaque participant la remise, dès la semaine prochaine, d’un rapport assorti d’un plan d’exécution clair », a déclaré le ministre. Il a également chargé les directions concernées et la coordination de son cabinet d’organiser la démultiplication de ces formations sur l’ensemble du territoire national, avec un compte rendu à chaque étape.
Pour Félix Lamah, ce transfert de compétences doit contribuer aux objectifs agricoles du pays : atteindre l’autosuffisance en riz à l’horizon de cinq ans, puis une autosuffisance alimentaire et nutritionnelle complète à l’horizon 2040, dans le cadre du programme Simandou 2040.
Le ministre a identifié plusieurs leviers pour y parvenir : la recherche agronomique appliquée, l’amélioration des semences, l’irrigation, le désenclavement des bassins de production, ainsi que le développement des infrastructures de stockage, de conservation et de transformation.
Des enseignements mis à l’épreuve sur le terrain
Exécutée par l’Académie des sciences agricoles tropicales de Chine (CATAS), la formation a mobilisé cinq experts et une interprète. Selon le Pr Ou Wenjun, expert en céréales au sein de cette institution, les enseignements ont été adaptés aux réalités du secteur agricole guinéen, avec un accent sur l’ananas, la banane, la mangue, le manioc, la patate douce et le riz.
Les modules ont porté notamment sur la sélection variétale, les techniques culturales, la lutte contre les ravageurs et les maladies, la mécanisation, la réduction des pertes après récolte et la transformation des produits agricoles.
Les cours ont été complétés par des travaux pratiques et des visites de terrain. À la station expérimentale de Kindia, rattachée à l’Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG), les participants ont effectué différentes opérations sur des parcelles d’ananas, de bananiers et de manguiers, notamment l’ébourgeonnage, la protection des régimes et le tuteurage.
Le Pr Ou Wenjun a toutefois relevé plusieurs difficultés qui freinent le secteur : l’insuffisance des infrastructures d’irrigation, les moyens limités de lutte contre les maladies et les ravageurs, les pertes post-récolte, le manque d’équipements de transformation industrielle et le vieillissement des variétés cultivées.
Il a invité les bénéficiaires à appliquer les compétences acquises dans leurs fonctions respectives pour contribuer à la modernisation de l’agriculture guinéenne.
Les participants s’engagent à transmettre les acquis
Au nom des bénéficiaires, Fanta Kaba a salué la qualité de l’encadrement et la diversité des domaines abordés. Elle a présenté cette formation comme une occasion de faire évoluer les pratiques et de mieux accompagner les producteurs.
« Ce programme ambitieux constitue pour nous, cadres du secteur agricole, une véritable feuille de route », a-t-elle affirmé.
Les participants entendent notamment partager les connaissances avec leurs collègues et les producteurs, contribuer à l’amélioration des rendements et à la réduction des pertes post-récolte, puis promouvoir les technologies de transformation pour mieux valoriser les productions locales.
La Chine évoque les débouchés de son marché
Présent à la cérémonie, l’ambassadeur de Chine en Guinée, Sun Yong, a insisté sur le potentiel agricole du pays et sur les perspectives de coopération entre la Guinée et la Chine.
Selon le diplomate, les mesures chinoises de suppression des droits de douane sur les produits guinéens et de simplification des procédures d’inspection et de quarantaine doivent faciliter l’accès au marché chinois, notamment pour la noix de cajou et le café.
« Nous espérons que la production tropicale guinéenne saura se développer pour répondre aux besoins locaux, mais aussi pour être exportée vers la Chine », a-t-il déclaré.
L’ambassadeur a également évoqué les échanges engagés avec les autorités guinéennes sur la culture du riz hybride. Selon son estimation, la Guinée disposerait de deux millions d’hectares de terres propices à la riziculture, dont l’exploitation pourrait contribuer à couvrir les besoins nationaux et ouvrir des perspectives d’exportation vers les pays voisins.
Sun Yong a enfin souhaité que les bénéficiaires puissent poursuivre leur apprentissage en Chine, à travers des visites de plantations et des échanges de terrain. « L’apprentissage est la première étape, mais la pratique est essentielle », a-t-il souligné.

