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L’héritage de l’Almamy Samory Touré : hommage et mémoire d’un résistant d’exception 128 ans après sa capture

À l’occasion de la tenue d’un panel intitulé Le retour des ancêtres : mémoire, dignité, transmission, le Magistrat Siriman Kouyaté, gardien de l’emblématique Sosso Bala, a remémoré les esprits sur la capture de l’Almamy Samory Touré survenue il y a exactement 128 ans. C’est le Musée National de Sandervalia qui a abrité une rencontre mémorielle poignante, ce mardi 29 septembre 2026.

Dans sa prise de parole, Siriman Kouyaté a livré un témoignage vibrant retraçant la trajectoire de celui que l’histoire surnomme le « Napoléon des Tropiques ».

​Une capture sans reddition d’esprit

​Le 29 septembre 1898, au petit matin, alors qu’il achevait sa prière et lisait le Coran entouré des siens à Guélémou (au nord de la Côte d’Ivoire actuelle), l’Almamy Samory Touré est surpris par un détachement français de 200 hommes mené par le capitaine Henri Gouraud. Refusant l’effusion de sang inutile, le souverain demande simplement la préservation de ses textes sacrés et de ses manuscrits avant d’être conduit vers un long itinéraire de captivité à travers le territoire guinéen (Beyla, Kérouané, Kankan, Siguiri, Niagassola), puis vers Kita au Mali, avant son déport ultime vers l’île de Ndjolé au Gabon, où il s’éteindra en 1900.

​Trente-trois ans de règne et dix-huit ans de résistance

​Bâtisseur de l’Empire Wassoulou depuis sa capitale Bissandougou, Samory Touré aura régné pendant 33 ans et tenu tête aux forces coloniales françaises durant 18 années de guerre stratégique. Salué par ses adversaires eux-mêmes — à l’instar des capitaines Péroz, Gouraud ou du général Gallieni — pour son génie militaire et sa vision politique, l’Almamy demeure l’une des figures majeures de la résistance africaine.

​L’intervenant a également souligné l’impact de son lignage familial et spirituel, rappelant le rôle clé de ses épouses (notamment Sarangbé Konaté qui l’accompagna en exil, et Bagbè Mara, aïeule du président Ahmed Sékou Touré) ainsi que la fidélité indéfectible de ses compagnons d’armes et griots, notamment Morifindjan Diabaté.

​Le temps de la restitution et de la réconciliation mémorielle

​Cette prise de parole s’inscrit dans un contexte marqué par les démarches administratives et culturelles visant la restitution par la France des manuscrits, du Coran et des objets personnels de l’Almamy Samory Touré, ainsi que des restes mortels d’autres figures historiques guinéennes.

Grâce aux évolutions législatives récentes et au travail engagé par le Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, un panthéon et des espaces muséaux sont en préparation pour accueillir dignement ces trésors du patrimoine national.

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