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Fonction publique : le gouvernement annonce un concours entièrement territorialisé et digitalisé pour renforcer la transparence

« Il n’y aura pas de centre de concours à Conakry, tout se fera dans les régions »,

A l’occasion du lancement officiel du concours de recrutement à la Fonction publique, ce mardi 29 septembre, le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a dévoilé les principales innovations qui doivent encadrer cette nouvelle campagne de recrutement.

Au cœur du dispositif : la territorialisation des concours. Contrairement aux pratiques antérieures, aucun centre de concours ne sera installé à Conakry. Les candidats devront composer directement dans les régions, une orientation que le ministre présente comme un moyen de rapprocher le recrutement des besoins réels de l’administration à l’intérieur du pays.

« Il n’y aura pas de centre de concours à Conakry, tout se fera dans les régions », a annoncé Faya François Bourouno, précisant que cette approche vise notamment à répondre de manière plus précise aux besoins en personnel identifiés sur le terrain.

Désormais, le candidat ne postulera plus simplement pour intégrer la Fonction publique, mais pour un poste déterminé. Dans le secteur de l’éducation, par exemple, une candidature pourra correspondre directement à un poste dans une école identifiée. En cas d’admission, le candidat sera affecté à ce poste. L’arrêté d’engagement et celui portant territorialisation devront ainsi tenir également lieu d’affectation.

Pour le ministre, cette mesure doit permettre de limiter les changements de postes après recrutement et de garantir que les agents rejoignent effectivement les lieux pour lesquels leurs candidatures ont été retenues. « Cette fois-ci, la candidature, c’est au poste. L’affectation, l’engagement, se fera également au poste », a-t-il insisté.

Cette réforme s’inscrit, selon lui, dans la volonté d’améliorer la présence et la qualité du service public à l’intérieur du pays, conformément aux orientations du président de la République.

Autre innovation majeure : la digitalisation de l’ensemble du processus. De l’inscription aux simulations, en passant par le déroulement des épreuves et la publication des résultats, les outils numériques seront au centre de l’organisation. Le département mise notamment sur la transmission des résultats en temps réel afin de réduire les risques de manipulation et de renforcer la transparence.

« Si nous voulons garantir la transparence et asseoir tout le socle de l’équité et de l’égalité des chances, il faut aujourd’hui utiliser les outils qui nous permettent d’atteindre cet objectif », a déclaré le ministre.

Cette digitalisation s’accompagne d’un dispositif renforcé de lutte contre la fraude. Le gouvernement dit vouloir s’attaquer aux réseaux qui profitent traditionnellement des concours administratifs pour escroquer les candidats en leur promettant une admission grâce à des relations supposées au sein de l’administration.

Faya François Bourouno a annoncé que les autorités judiciaires seront saisies afin que toute tentative de fraude ou d’escroquerie liée au concours puisse faire l’objet de poursuites. Le ministère entend également travailler avec l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSI) pour sécuriser davantage le processus.

Le Secrétaire général du département, Nfaly Sylla a, pour sa part, annoncé la mise à disposition du numéro vert 1017. Cette ligne doit permettre aux candidats d’obtenir des informations et des orientations, mais également aux citoyens de signaler, y compris de manière anonyme, d’éventuels cas de fraude ou d’escroquerie constatés dans le cadre du concours.

« Ce ne sera pas sur la base des relationnels, de qui on connaît, mais sur la base des compétences », a-t-il souligné, mettant en avant l’objectif de restaurer la confiance des jeunes et des citoyens dans le processus de recrutement public.

Au-delà de la territorialisation, de la digitalisation et de la lutte contre la fraude, le gouvernement affiche également l’ambition de rajeunir et de féminiser davantage la Fonction publique. Le ministre a rappelé que l’ouverture des concours, dans le respect des conditions prévues par la loi, doit permettre à une nouvelle génération de rejoindre progressivement l’administration.

Sur la question de la représentation des femmes, Faya François Bourouno a indiqué que leur proportion au sein de la Fonction publique avait progressé à l’issue des précédentes opérations de recrutement. Il a également relevé que, lors de certains concours, les candidates ont parfois enregistré de meilleurs résultats que les hommes, ce qui, selon lui, laisse entrevoir une participation féminine accrue lors de cette nouvelle campagne.

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