Décentralisation : l’ANAFIC et ses partenaires dressent le bilan du PANAFIC
Alhassane Bah
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Le gouvernement guinéen, l’Agence nationale de financement des collectivités locales (ANAFIC) et l’Agence française de développement (AFD) ont procédé à la capitalisation des acquis du Projet d’appui à l’ANAFIC (PANAFIC). La rencontre a permis aux différents acteurs d’évaluer les résultats obtenus, d’identifier les difficultés rencontrées et de réfléchir à la pérennisation des mécanismes de financement du développement local.
Dans son intervention, le directeur général de l’ANAFIC, Sékou M’Mawa Touré, a expliqué que le PANAFIC s’inscrit dans une politique de renforcement des capacités des collectivités décentralisées et d’amélioration des mécanismes de financement local.
« Le PANAFIC s’inscrit dans la volonté de renforcer les capacités des collectivités décentralisées, d’améliorer les mécanismes de financement du développement local et de rapprocher davantage l’action publique des populations », a-t-il déclaré.
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Selon lui, l’objectif de l’atelier ne se limite pas à dresser un bilan des activités réalisées. Il s’agit également d’identifier les pratiques qui ont produit des résultats, de comprendre les contraintes et de proposer des améliorations pour les futurs programmes.
« Capitaliser, ce n’est pas simplement faire le bilan. C’est identifier ce qui a fonctionné, comprendre les difficultés rencontrées, valoriser les bonnes pratiques et dégager les améliorations nécessaires pour l’avenir », a-t-il ajouté.
Le directeur général de l’ANAFIC a notamment insisté sur la nécessité d’évaluer l’efficacité des mécanismes mis en place, la qualité des investissements réalisés, le renforcement des capacités des collectivités et la durabilité des acquis.
Il estime que l’expérience du PANAFIC pourrait servir de référence aux futures interventions en faveur de la décentralisation et du développement local. Dans le contexte du programme Simandou 2040, Sékou M’Mawa Touré considère que des collectivités mieux organisées et capables de planifier leurs investissements seront indispensables pour accompagner les transformations économiques et sociales du pays.
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Une expérience issue de plusieurs décennies d’accompagnement
Revenant sur l’historique de l’ANAFIC, Moussa Doumbouya, représentant de l’Agence française de développement à cette rencontre, a rappelé que l’institution était initialement un projet d’appui aux collectivités villageoises.
Selon lui, ce dispositif avait été mis en place dans le prolongement des premières politiques de décentralisation engagées en Guinée dans les années 1990. Après plusieurs années d’accompagnement par les partenaires techniques et financiers, le gouvernement avait décidé, entre 2017 et 2019, de l’institutionnaliser.
Cette évolution a conduit à la création de l’Agence nationale de financement des collectivités locales, chargée notamment d’accompagner les communes et de faciliter l’allocation directe de financements en leur faveur.
« Globalement, je voudrais dire que le projet PANAFIC a été une réussite. Il s’agit d’une réussite globale, qui a permis d’atteindre les territoires les plus éloignés de la Guinée », a indiqué Moussa Doumbouya.
Il a affirmé que le projet avait permis de renforcer les capacités de l’ANAFIC et des collectivités, mais aussi de développer des outils de gestion, de planification, d’exécution et de suivi des financements.
Le représentant de l’AFD a également évoqué l’élaboration des plans de développement local, des programmes annuels d’investissement et l’intégration des enjeux climatiques dans les interventions des collectivités.
Il a réaffirmé la volonté de l’Agence française de développement de poursuivre son accompagnement en faveur de la décentralisation et du développement local.
Dix millions d’euros mobilisés
Présidant la cérémonie, la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Djenabou Touré, a affirmé que le PANAFIC avait atteint la plupart des objectifs fixés.
« Le PANAFIC a tenu parole. Sur les dix millions d’euros engagés, la totalité a été utilisée. La plupart des objectifs que nous nous étions fixés ont été atteints », a-t-elle déclaré.
D’après la ministre, plus de cinq millions de personnes, dont une majorité de femmes, auraient bénéficié directement ou indirectement des actions du projet.
Elle a notamment cité la réalisation d’une centaine de microprojets, parmi lesquels des écoles, des postes et centres de santé clôturés et électrifiés, des points d’eau, des unités de fabrication de savon gérées par des groupements féminins, ainsi que des actions de protection de forêts et de têtes de source.
Les collectivités décentralisées ont également été équipées en matériel informatique afin d’améliorer la gestion et la présentation de leurs comptes.
Trois communes de Conakry ont, par ailleurs, engagé une démarche commune pour faire face aux problèmes de salubrité publique.
Des insuffisances à corriger
Malgré les résultats enregistrés, Djenabou Touré a reconnu que plusieurs défis restent à relever. Elle a notamment évoqué la faible participation des femmes dans les instances de décision, la progression jugée insuffisante du recouvrement des ressources propres des collectivités et les difficultés liées à la chaîne comptable communale.
« Nous ne sommes pas ici pour célébrer. Nous sommes ici pour apprendre. Capitaliser, c’est regarder ce qui a réussi et comprendre pourquoi. C’est aussi regarder ce qui a résisté et en tirer les conséquences », a-t-elle souligné.
La ministre a également appelé à l’abondement régulier des budgets d’affectation spéciale du Fonds national de développement local (FNDL) et du Fonds de développement économique local (FODEL).
Elle a plaidé pour la généralisation de la digitalisation comptable, l’assermentation des receveurs communaux et l’opérationnalisation de la fonction publique locale.
Selon elle, la pérennisation des acquis dépendra désormais de l’engagement du gouvernement, de l’administration centrale et déconcentrée, des collectivités locales, des élus et des partenaires.
L’atelier a aussi été marqué par la remise de kits informatiques, de terminaux de paiement électronique et de motos, ainsi que par des présentations consacrées aux objectifs, aux composantes, au taux d’exécution et aux investissements réalisés dans le cadre du PANAFIC.
Des échanges en plénière ont permis aux participants d’analyser les résultats obtenus, les écarts constatés et les perspectives du projet.