Bangouya/ Kindia : La montée des eaux de Souapiti engloutit les champs et provoque une vulnérabilité alimentaire
Mamady Mara
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À Bangouya, dans la préfecture de Kindia, les populations relocalisées à la suite de la construction du barrage hydroélectrique de Souapiti font face à une nouvelle épreuve. Plusieurs hectares de cultures ont été submergés par la montée des eaux, plongeant des familles déjà fragilisées dans l’inquiétude face aux risques de pénurie alimentaire et à la perte de leurs moyens de subsistance.
Dans la journée du jeudi 17 septembre 2026, une importante montée des eaux du réservoir de Souapiti a entraîné la submersion de plusieurs hectares de cultures dans le secteur de Tènè Yangoyah, un district relevant de Woleah, dans la sous-préfecture de Bangouya, préfecture de Kindia.
Riz, fonio, arachide et autres cultures vivrières ont été touchés. Pour les habitants concernés, cette situation constitue un nouveau coup dur, après les déplacements liés à la mise en eau du barrage.
Des populations déplacées, mais toujours confrontées aux difficultés.
La construction du barrage hydroélectrique de Souapiti a entraîné la relocalisation de plusieurs communautés riveraines, contraintes de quitter leurs villages, terres agricoles, plantations et autres espaces considérés comme faisant partie de leur patrimoine ancestral.
Aujourd’hui, certains habitants affirment que les terres sur lesquelles ils ont été installés ne leur offrent plus les mêmes garanties en matière de production agricole.
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Les sinistrés mettent également en cause la Société de Gestion et d’Exploitation de Souapiti (SOGES), qu’ils accusent de n’avoir pas entièrement réglé certaines indemnisations liées aux pertes enregistrées lors du déplacement des populations.
Selon eux, plusieurs biens, notamment des champs, jardins, arbres fruitiers et habitations, n’auraient pas été recensés ou auraient fait l’objet d’indemnisations jugées incomplètes.
« Nous avons perdu tous nos champs »
Joint au téléphone ce samedi 19 septembre 2026, le chef du district de Yangoyah, Fodé Mohamed Sylla, a fait part de la détresse des populations touchées :
« Vous savez, nous avons été déplacés de nos terres cultivables, de nos villages, de nos plantations et des cimetières de nos ancêtres afin de fournir du courant au pays. Mais nous avons été bien mal récompensés : nos arbres fruitiers n’ont pas été indemnisés. Moi qui vous parle, certaines maisons et arbres n’ont même pas été recensés, et le peu qui l’a été n’a pas été entièrement payé. »
Pour le responsable local, les conséquences de cette nouvelle catastrophe pourraient être lourdes pour les familles qui dépendent essentiellement de l’agriculture.
« C’est ce qui aurait pu nous permettre de compenser la perte de nos récoltes. Il nous faut obligatoirement cultiver pour nourrir nos familles, et cette année, nous n’avons plus rien pour elles suite à ce glissement qui a emporté tous nos champs de riz, de fonio, d’arachide… », a-t-il déploré.
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Une nouvelle inquiétude alimentaire
Après leur relocalisation, les habitants avaient investi de nouvelles portions de terres afin de poursuivre leurs activités agricoles et assurer leur subsistance. Mais la montée des eaux vient désormais remettre en cause cette stratégie.
Au-delà des pertes agricoles, les populations redoutent déjà les conséquences économiques et sociales de la situation. Pour de nombreuses familles, les récoltes constituent la principale source de nourriture et de revenus.
La submersion des champs intervient ainsi à quelques semaines des principales récoltes, faisant craindre une aggravation de la vulnérabilité alimentaire dans les zones concernées.
Face à cette situation, les habitants touchés souhaitent une intervention rapide des autorités compétentes afin d’évaluer l’étendue des dégâts, identifier les familles sinistrées et apporter une réponse à leurs besoins immédiats.
Ils demandent également que la question des indemnisations liées aux pertes subies lors de la réalisation du barrage soit réexaminée, notamment pour les biens qui, selon eux, n’auraient pas été recensés ou intégralement indemnisés.
Pour ces communautés, la production d’électricité ne doit pas se traduire par une perte durable de leurs moyens de subsistance.
À Bangouya, la montée des eaux de Souapiti vient ainsi rappeler les difficultés auxquelles certaines populations relocalisées continuent d’être confrontées, plusieurs années après leur déplacement.