À quelques heures du début du regroupement du Syli national à Johannesburg, une situation pour le moins surprenante agite les coulisses de l’équipe nationale : plusieurs joueurs convoqués n’auraient toujours pas reçu leur billet d’avion. De quoi provoquer irritation et inquiétude au sein du groupe, alors que la Guinée s’apprête à aborder une nouvelle échéance internationale.
La scène pourrait prêter à sourire si l’enjeu n’était pas aussi sérieux.
À l’heure où les joueurs du Syli national devraient déjà connaître leur itinéraire pour rejoindre Johannesburg, en Afrique du Sud, plusieurs internationaux guinéens seraient toujours dans l’attente de leurs billets d’avion.
Le regroupement étant annoncé pour ce week-end, cette situation commence sérieusement à agacer certains cadres de l’équipe. Plusieurs joueurs ont ainsi pris contact avec notre rédaction pour faire part de leur incompréhension.
« Nous voudrions avoir nos billets le plus tôt possible, pour connaître notre plan de vol et éventuellement nous faire surclasser en business. Sans billets, ce n’est pas possible », confie l’un d’eux.
Derrière cette revendication, qui peut sembler secondaire au premier abord, se cache pourtant une question d’organisation importante. Pour des joueurs évoluant dans différents championnats et sur plusieurs continents, le choix du vol, les correspondances et les horaires peuvent avoir un impact direct sur leur récupération avant un match international.
Plus de 20 heures de voyage pour certains !
Selon des informations recueillies par Guinéenews, certains internationaux pourraient avoir plus de vingt heures de trajet entre leur club et Johannesburg, en fonction des itinéraires retenus et des correspondances.
Dans un football de haut niveau où la récupération physique est devenue un élément essentiel de la préparation, ce détail n’en est pas vraiment un.
Un joueur qui arrive après un long périple aérien, avec plusieurs escales, n’est évidemment pas dans les mêmes conditions qu’un autre ayant bénéficié d’un trajet mieux organisé.
Et c’est précisément là que la situation actuelle commence à inquiéter dans l’entourage du Syli.
Le dossier aurait pourtant déjà été lancé
Selon nos sources, le dossier relatif aux déplacements des joueurs aurait été diligenté par le Département des Sports.
Mais il se serait ensuite retrouvé bloqué dans les méandres administratifs, notamment au niveau du ministère de l’Économie et des Finances.
Une situation qui, si elle se confirmait, poserait une nouvelle fois la question de la capacité de l’administration guinéenne à anticiper suffisamment les échéances de ses équipes nationales.
Car une chose est certaine : le calendrier des éliminatoires de la CAN n’est pas une surprise.
Les dates des rencontres internationales sont connues à l’avance. Les convocations sont préparées. Les clubs doivent être informés. Les réservations aériennes peuvent donc, en principe, être anticipées.
Paul Duarte avait déjà tiré la sonnette d’alarme
Cette nouvelle affaire intervient surtout dans un contexte particulier.
Cette semaine, lors de sa conférence de presse, le sélectionneur du Syli national, Paul Duarte, s’est publiquement plaint de problèmes d’organisation autour de l’équipe nationale.
Ses déclarations avaient déjà suscité des interrogations sur les conditions dans lesquelles la sélection guinéenne prépare ses prochaines échéances.
Quelques jours plus tard, l’histoire des billets d’avion vient donc donner une nouvelle dimension à ces inquiétudes.
Simple retard administratif ou symptôme d’un problème plus profond dans la gestion du Syli ?
La question mérite d’être posée.
Messieurs les responsables, le Syli n’attendra pas les lenteurs administratives
Le football international ne fonctionne pas au rythme des parapheurs.
Pendant que les administrations se transmettent les dossiers, les joueurs, eux, doivent quitter leurs clubs, traverser parfois plusieurs pays et continents et arriver à Johannesburg dans les meilleures conditions possibles.
Et surtout, le temps perdu dans les bureaux ne pourra pas être récupéré sur le terrain.
À quelques heures du regroupement, il appartient donc aux responsables concernés de lever rapidement toutes les contraintes administratives et financières qui pourraient empêcher les internationaux de rejoindre la sélection dans les délais.
Car au-delà du billet d’avion, c’est toute la préparation d’un match international qui est en jeu.
Et lorsque le sélectionneur lui-même commence à parler publiquement de problèmes d’organisation, il serait particulièrement imprudent d’attendre que le problème devienne une crise pour réagir.
Les joueurs veulent connaître leur plan de vol. Le staff veut pouvoir organiser la préparation. Les supporters veulent voir leur équipe défendre les couleurs nationales dans les meilleures conditions.
Il ne reste donc qu’une question : qui va enfin débloquer les billets du Syli ?

