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Chicha en Guinée : comparution d’un journaliste et manager de Lounge devant la justice

Les opérations de saisie de chicha se multiplient ces dernières semaines en Guinée. Ce jeudi 17 septembre 2026, l’interdiction de l’importation, de la commercialisation et de la consommation de ce produit s’est invitée au cœur d’un débat judiciaire au tribunal de première instance de Dixinn.

Maurice Guilavogui, journaliste à Horizon FM et manager de l’Universal Lounge de Lambanyi, a comparu devant la juridiction correctionnelle pour des faits présumés de commercialisation de chicha.

À l’ouverture de l’audience, les débats ont essentiellement porté sur la base juridique des poursuites engagées contre le prévenu.

La défense a soulevé une exception d’irrecevabilité de l’action du ministère public. Elle estime qu’aucune disposition de la loi pénale ne réprime directement la vente ou la commercialisation de la chicha.

L’avocat de Maurice Guilavogui s’est notamment appuyé sur l’article 5 du Code pénal pour soutenir qu’un arrêté ministériel ne saurait être assimilé à une loi pénale. Il a, en conséquence, demandé au tribunal de déclarer l’action du parquet irrecevable.

La défense a toutefois précisé qu’elle ne contestait pas la possibilité d’éventuelles sanctions administratives liées au non-respect de la réglementation.

Le ministère public a rejeté cette argumentation.

À la barre, le substitut du procureur, Mamadou Yaya Fatoumata Boïro, a rappelé que les contraventions constituent des infractions pénales. Il a notamment fondé les poursuites sur l’article 942 du Code pénal.

Le représentant du parquet a également rappelé l’interdiction, en vigueur depuis le 4 janvier 2021, de l’importation, de la commercialisation et de la consommation de la chicha en République de Guinée.

Selon le ministère public, le non-respect de cette interdiction est susceptible d’engager la responsabilité pénale de son auteur.

Le tribunal, présidé par le juge Thierno Oumar Barry, n’a pas encore tranché cette question de droit.

Après avoir entendu les arguments de la défense et du ministère public, le juge a renvoyé l’affaire au 24 septembre 2026 pour statuer sur l’exception soulevée par la défense.

Cette audience intervient dans un contexte marqué par la multiplication des opérations de saisie de chicha à travers le pays. Elle donne ainsi une nouvelle dimension judiciaire à l’application de l’interdiction, jusque-là principalement visible à travers les opérations de contrôle, de saisie et de confiscation.

Le prochain rendez-vous judiciaire pourrait donc permettre de préciser la portée pénale de cette interdiction et les fondements juridiques susceptibles d’être invoqués contre les personnes poursuivies pour commercialisation de chicha.

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