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Guinée : les trois gardiens de la mémoire nationale unissent leurs forces pour entrer dans l’ère numérique

Et si la mémoire d’une nation devenait accessible en quelques clics ? C’est l’ambition qui se dessine désormais derrière une alliance inédite entre les Archives nationales, la Bibliothèque nationale et le Musée national de Guinée.

Réunis ce mercredi 16 septembre à Conakry à l’occasion de la restitution des travaux du projet de Musée virtuel de Guinée, les responsables de ces trois institutions ont franchi un pas historique en signant un mémorandum d’entente destiné à accélérer la numérisation, la conservation et la valorisation du patrimoine national.

L’accord a été signé par Saikou Amadou Diallo, Directeur général des Archives nationales, Daouda Tamsir Niane, Directeur général de la Bibliothèque nationale, et Amirou Conté, Directeur général du Musée national de Guinée.

Au-delà d’un simple acte administratif, cette signature marque la volonté de replacer la mémoire nationale au cœur des transformations technologiques de notre époque.

Quand trois institutions renouent avec leur histoire

Cette nouvelle dynamique prend une dimension particulière lorsqu’on se penche sur les origines communes des trois institutions. Le Directeur général de la Bibliothèque nationale, Daouda Tamsir Niane, a rappelé que celles-ci sont issues d’un même creuset institutionnel : l’ancien Centre IFAN de Conakry, créé en 1944, devenu en 1958 l’Institut national de recherche et de documentation de Guinée (INRDG).

« Nous sommes nées de la même mère », a-t-il rappelé, soulignant ainsi la portée symbolique de cette coopération.

Archives, livres, manuscrits, photographies, objets, œuvres d’art et autres traces du passé se retrouvent ainsi autour d’une même ambition : préserver ce que le temps menace d’effacer et transmettre ce que l’histoire impose de ne pas oublier.

Du patrimoine conservé au patrimoine accessible

La transformation numérique constitue désormais l’un des principaux leviers de cette stratégie. Après le Musée national, qui s’est engagé dans la création de son musée virtuel, les Archives nationales entendent à leur tour accélérer leur mutation digitale. Le chantier prévoit notamment la numérisation progressive des documents publics ainsi que la mise en place d’une plateforme permettant, dans le respect du cadre légal, d’améliorer l’accès aux fonds documentaires.

Cette évolution bénéficie notamment de l’accompagnement de partenaires français, à travers l’Ambassade de France, l’Agence française de développement (AFD) et Expertise France.

La Bibliothèque nationale, pour sa part, entend également profiter de cette dynamique pour renforcer ses infrastructures, moderniser ses outils et mobiliser davantage de ressources en faveur de la conservation et de la diffusion du patrimoine écrit.

Une coopération sans fusion

Les signataires ont toutefois tenu à lever toute ambiguïté : cette alliance ne remet pas en cause l’autonomie des différentes institutions.

Pour Daouda Tamsir Niane, il s’agit plutôt de construire une coopération capable de mutualiser les compétences et les moyens, tout en préservant les responsabilités propres à chaque structure.

L’objectif est donc moins de fusionner que de connecter les savoirs, les collections et les expertises.

Vers un véritable réseau national de la mémoire

L’ambition affichée dépasse d’ailleurs largement le cadre des trois institutions signataires. Un appel est lancé à d’autres structures détentrices de fragments de la mémoire nationale, notamment l’Institut National de l’Audiovisuel (INA), le Centre de Documentation Administrative du Secrétariat général du Gouvernement, l’Institut de recherche sur le patrimoine et en linguistique appliquée (IRPLA), le Centre de Documentation Universitaire, Scientifique et Technique (CEDUST) ainsi que les musées militaires.

À terme, cette mise en réseau pourrait permettre de rapprocher des fonds aujourd’hui dispersés et de construire une véritable architecture numérique du patrimoine guinéen.

Car derrière les serveurs, les plateformes et les technologies, l’enjeu demeure profondément humain : empêcher que les traces du passé ne disparaissent avec le temps.

En scellant cette alliance, les Archives nationales, la Bibliothèque nationale et le Musée national entendent ainsi bâtir un « bouclier de la mémoire nationale », capable de protéger les témoignages du passé tout en les rendant accessibles aux générations présentes et futures.

Une nouvelle page s’ouvre donc pour le patrimoine guinéen : celle où la mémoire, longtemps enfermée dans les rayonnages, les réserves et les cartons d’archives, aspire désormais à voyager dans le monde numérique.

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