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Axe Mamou–Faranah : sous les pluies, 185 kilomètres de calvaire pour les usagers

Route dégradée, temps de parcours rallongé, véhicules meurtris et prix du transport en flèche : l’axe Mamou – Faranah traverse une zone de turbulences. En pleine saison des pluies, les trombes d’eau qui s’abattent sur la région achèvent de désosser une chaussée déjà agonisante. Résultat : un trajet qui prenait autrefois trois petites heures s’étire aujourd’hui jusqu’à huit heures de calvaire.

Mamou–Faranah. 185 kilomètres au compteur. Sur le papier, la balade semble anodine. Sur le bitume -ou ce qu’il en reste-, c’est une véritable descente aux enfers pour les voyageurs, les chauffeurs et les patrons de transport. À mesure que l’hivernage s’installe, la route met à nu ses failles béantes : nids-de-poule dignes de cratères, ravinements profonds et bourbiers impitoyables transforment chaque tour de roue en épreuve de force.

Quand 185 kilomètres deviennent une expédition

Il fut un temps béni où relier Mamou à Faranah se faisait en un clin d’œil, ou presque. Aujourd’hui, prévoyez entre six et huit heures de secousses. L’eau de pluie s’engouffre dans les fissures, creuse des tranchées et met les nerfs des conducteurs à rude épreuve.

Karifa Condé, un usager régulier de la ligne, ne cache pas son amertume :

« Avant, le trajet était beaucoup plus facile. Aujourd’hui, avec la dégradation de la route et les pluies, nous passons des heures interminables sur le bitume. C’est l’épuisement total pour les passagers. »

La double peine de l’hivernage et du portefeuille

À la vétusté structurelle de la route s’ajoute la furie de la saison des pluies. Les précipitations répétées liquéfient la chaussée, multipliant les risques de plantage et de pannes mécaniques.

Pour Mamadi Konaté, autre voyageur exaspéré, la facture est devenue salée :

« Pendant cet hivernage, c’est l’enfer. À certains endroits, l’eau et la boue bloquent tout. On demande vraiment aux autorités d’accélérer les travaux. Et que dire du transport qui est passé de 60 000 à 100 000 GNF ? Pour ceux qui bougent souvent, c’est intenable. »

Cette hausse des tarifs n’est pas un caprice des syndicats. Carburant surconsommé dans les bourbiers, pièces de rechange dévorées par les cahots : l’addition se répercute sur toute la chaîne.

Les véhicules et les chauffeurs au banc d’essai

Sur cette portion stratégique reliant la Moyenne-Guinée à la Haute-Guinée, les mécaniques prennent cher. Amortisseurs explosés, trains avant tordus, pneus déchiquetés… les garçons d’atelier ne chôment pas.

Ibrahima Sory Camara, chauffeur, lâche, la rage au cœur :

« On est obligés de ramper par endroits. Avec la pluie, la moindre inattention se paie cash. Les véhicules souffrent le martyre, et nous aussi avec la fatigue. »

Un constat partagé par son confrère Facinet Samoura :

« Les pièces lâches défilent à un rythme fou. On dépense tout notre gain dans les réparations. »

Les syndicats haussent le ton : « Il faut accélérer le chantier »

Face à cette descente aux enfers, les syndicats des transports monte au créneau. La réhabilitation de cet axe, pourtant annoncée avec un délai de trois ans, traîne désespérément en longueur pendant que la nature et les camions finissent d’achever la route.

Mamadou Bobo Diallo, responsable syndical, tape du poing sur la table :

« Notre hantise, c’est l’état de cette route. Les transporteurs seaignent financièrement pour entretenir leurs camions. Les travaux ont été promis, les usagers attendent des actes concrets. Il faut que les entreprises mettent les bouchées doubles pour soulager nos populations. »

En attendant le bitume…

Pour les milliers de commerçants, étudiants, et familles qui empruntent quotidiennement cet cordon ombilical économique, la réhabilitation n’est pas une question de confort, mais de survie économique et physique. En attendant que les machines entrent enfin en action de manière visible, les 185 kilomètres de Mamou–Faranah restent, semaine après semaine, difficule à pratiquer.

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