À Kobolet Missidé, dans le district de Guémé Sangan, relevant de la commune rurale de Sinta, préfecturedeTélimélé, la psychose gagne progressivement les habitants. Depuis le mois d’août, plusieurs cases ont été ravagées par des incendies dont l’origine demeure, pour l’heure, inconnue. Plus de sept habitations auraient déjà été réduites en cendres, laissant plusieurs familles sans toit et sans moyens de subsistance.
Les départs de feu surviennent principalement à la tombée de la nuit. Un phénomène qui alimente l’inquiétude dans ce village où la majorité des habitations sont construites en matériaux traditionnels et couvertes de paille. À chaque crépuscule, la vigilance s’intensifie. Les habitants redoutent désormais qu’une nouvelle case ne s’embrase.
Les flammes n’ont pas seulement détruit des habitations. Elles ont également emporté des vêtements, des lits, des ustensiles de cuisine, des marmites ainsi que d’importantes réserves alimentaires. Pour certaines familles sinistrées, il ne reste pratiquement plus rien.
Des familles privées de toit et de nourriture
Face à l’ampleur des dégâts, la solidarité locale tente de s’organiser, mais les capacités d’accueil restent limitées. Certaines familles déplacées trouvent refuge dans des bâtiments en dur, eux-mêmes déjà occupés par plusieurs personnes.
Karamoko Mohamadou Oury Koukouta Bah, sage de Kobolet Missidé, décrit une situation devenue particulièrement difficile pour les habitants « Chaque année, nos cases sont ravagées par des incendies. Aujourd’hui, presque toutes les maisons couvertes de paille du village sont menacées. Certaines familles se retrouvent sans abri et doivent être hébergées dans des bâtiments en dur, déjà surpeuplés. Les vêtements, les ustensiles, les lits et les réserves alimentaires ont été entièrement calcinés. Il n’y a pratiquement plus rien à manger », témoigne-t-il.
Pour le notable, l’urgence est désormais humanitaire. Il appelle les autorités, les organisations d’aide et les personnes de bonne volonté à intervenir en faveur des familles touchées.

Un phénomène déjà signalé par le passé
La répétition de ces incendies suscite d’autant plus de préoccupations que des cas similaires avaient déjà été enregistrés dans la localité. Néné Oumou Bah, deuxième vice-maire de la commune rurale de Sinta, confirme la récurrence du phénomène, tout en soulignant l’absence d’explication sur son origine « Nous sommes confrontés à des incendies répétitifs dont l’origine reste inconnue. Nous ne pouvons accuser personne sans preuve. Ces derniers jours, plus de sept cases ont été incendiées ici. En 2024 également, plusieurs habitations avaient été touchées à la même période », explique-t-elle.
Selon l’élue locale, les dégâts dépassent largement les seules habitations. Des plantations et des champs auraient également été affectés par les flammes.
La situation devient ainsi particulièrement préoccupante pour les familles qui ont perdu à la fois leur logement et leurs moyens de subsistance.
La peur s’installe à la tombée de la nuit
Dans le village, la crainte d’un nouveau départ de feu perturbe désormais le quotidien. Thierno Madiou Bah, chef secteur de Kobolet, affirme que les habitants vivent dans une véritable situation d’alerte permanente « Depuis la création du village, nous n’avions jamais connu une telle situation. Le phénomène avait commencé il y a deux ans, avant de connaître une interruption. Il a repris le 16 août dernier. Aujourd’hui, les citoyens ne dorment plus tranquillement et certains hésitent même à aller aux champs, par peur de retrouver leurs cases incendiées à leur retour », rapporte-t-il.
Selon lui, les départs de feu interviennent généralement après le crépuscule, ce qui renforce le sentiment d’insécurité au sein de la communauté.
Faute de moyens de lutte contre les incendies, les habitants s’organisent avec les moyens du bord. Des récipients remplis d’eau sont préparés à proximité des habitations afin de pouvoir intervenir rapidement lorsqu’une case commence à prendre feu.
Mais pour les responsables locaux, ces dispositions restent largement insuffisantes face à l’ampleur du problème.
Un appel à l’aide et au désenclavement
Ils sollicitent notamment l’appui des autorités publiques, des organisations humanitaires et des personnes de bonne volonté pour la reconstruction des habitations détruites et la prise en charge des familles privées de nourriture et de logement.
La communauté demande également la construction d’un pont durable sur le cours d’eau Kobolewol. Pour les habitants, cet ouvrage constitue une infrastructure essentielle pour désenclaver la localité et améliorer la circulation des personnes et des biens, entre Kobolet Missidé et les autres zones de la commune rurale de Sinta.
En attendant une intervention des autorités compétentes et d’éventuelles investigations permettant de déterminer l’origine de ces incendies, la peur demeure à Kobolet Missidé. À chaque tombée de la nuit, les habitants restent sur leurs gardes, redoutant de voir une nouvelle habitation prendre feu et partir en fumée.

