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Affaire rénovation des stades : l’ancien ministre Kéamou Bogola Haba placé en résidence surveillée

Après avoir passé deux semaines d’audition au haut commandement de la gendarmerie, l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Kéamou Bogola Haba, se trouve désormais en résidence surveillée à son domicile, a-t-on appris.

Selon une source contactée par Guinéenews, l’ex-membre du gouvernement est actuellement sous la garde permanente de deux agents de la gendarmerie en tenue civile positionnés à ses côtés. Tous ses contacts téléphoniques connus sont désormais injoignables. Cette restriction est liée aux investigations portant sur la rénovation des stades du 28 Septembre et Général Lansana Conté de Nongo.

Selon notre informateur, les enquêteurs s’intéressent de près aux « procédures d’attribution et aux arbitrages financiers engagés sous sa gestion ». Au centre des interrogations figurent certains choix dont le coût de la pelouse perçu par les enquêteurs comme « coûteux », mais surtout le modèle financier retenu pour accélérer les travaux alors que les deux chantiers étaient initialement inscrits au Budget national de développement (BND).

Cependant, selon les éléments de défense formulés dans l’entourage du dossier, la démarche du Ministère s’inscrit en conformité avec les recommandations officielles du Conseil national de la Transition.

Dans le rapport d’examen de la Loi de finances (notamment au point 17. « De la rénovation et de l’achèvement des stades »), le Conseil National de la Transition (CNT) avait explicitement interpellé le gouvernement sur la nécessité d’accélérer la finalisation de ces infrastructures indispensables aux compétitions internationales.

Dans cette recommandation spécifique, l’organe législatif suggére d’ailleurs au ministère des Finances de recourir à des mécanismes alternatifs d’échéancier et de trésorerie, notamment par l’« émission de titres » négociables auprès des banques primaires. Une option présentée par le CNT comme une alternative moins coûteuse à court terme pour l’État, permettant d’étaler le paiement des entreprises prestataires sur plusieurs exercices budgétaires via le système bancaire.

L’enquête, qui ne vise pas uniquement l’ex-ministre, touche plusieurs responsables du département et de la chaîne d’exécution des marchés publics. Si certains cadres ont été entendus avant d’être autorisés à regagner leur domicile, la mesure de restriction de liberté visant Kéamou Bogola Haba témoigne de la volonté des organes de contrôle de tirer au clair l’ensemble du processus de passation et de paiement des marchés engagés.

À ce stade de la procédure, aucune communication officielle des autorités judiciaires ou de la gendarmerie n’a été publiée. Les conclusions des enquêtes en cours devront déterminer si des infractions à la réglementation sur les marchés publics ont été commises.

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