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Déraillement de RUSAL à Dubréka : Fassou Théa tape du poing sur la table face au péril écologique

Le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Fassou Théa, s’est rendu en urgence à Kagbelen Village ce 1er septembre 2026, dans la préfecture de Dubréka. Ce déplacement officiel visait à évaluer sur le terrain l’ampleur des dégâts environnementaux et les risques sanitaires consécutifs au déraillement d’un train minéralier transportant de l’alumine, opéré par la société RUSAL.

 

Accompagné d’une délégation de cadres techniques et d’experts de son département, le Chef du ministère ne s’est pas limité au simple constat des dégâts matériels sur les infrastructures ferroviaires. L’inspection a permis de cartographier plusieurs foyers de déversement accidentel d’alumine à ciel ouvert, à proximité immédiate des habitations du village.

Bien que les équipes du ministère assurent une veille environnementale depuis l’accident survenu dans la soirée du samedi 22 août dernier, Fassou Théa a vivement regretté le manque de communication de la multinationale, qui n’a envoyé aucune notification officielle aux autorités de tutelle après le sinistre.

Face à la presse, le ministre a rappelé les priorités de son action : « En pareille circonstance, il y a la sécurité et la santé des populations. Mais également, en cas de déversement, nous devons essayer de voir les produits chimiques qui sont déversés, procéder à leur analyse et examiner leur impact sur la santé publique ainsi que sur l’écosystème. C’est ce qui explique notre présence ici ce matin. »

En l’absence de confinement des matières déversées, le ruissellement des eaux de pluie risque d’entraîner l’alumine vers les cours d’eau adjacents et d’altérer durablement les nappes phréatiques locales. Le ministre a fermement enjoint la direction de RUSAL à déployer un plan d’action de sécurisation immédiat.

« Donc, nous avons conseillé à notre partenaire Rusal de prendre toutes les dispositions nécessaires afin que ce déversement ne puisse pas impacter non seulement la santé des populations riveraines, mais également que cela ne soit pas une source de lessivage en cas de pluie, susceptible d’impacter les cours d’eau à proximité ».

Au-delà de la pollution physique, c’est l’organisation interne de la compagnie minière qui a suscité l’indignation de la délégation officielle. Aucun représentant du département Santé, Sécurité et Environnement (SSE) de RUSAL n’était présent pour accueillir l’inspection ministérielle.

« Notre premier constat n’est pas satisfaisant, car nous n’avons trouvé aucun responsable environnement de la société sur place. Nous avons rappelé à l’entreprise que cela devait être une priorité absolue », a martelé Fassou Théa, rappelant les obligations réglementaires des industriels en République de Guinée.

Une réunion de crise programmée dans les prochains jours au siège du ministère devra dresser un bilan technique approfondi de la situation et acter des mesures de suivi et de réparation environnementale strictes.

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