Site icon Guinéenews©

Urgent/ BCRG Vs Syndicat : le tribunal relaxe les trois syndicalistes et déboute le parquet et la partie civile

Le tribunal correctionnel de Kaloum a rendu ce vendredi 28 août 2026 sa décision dans l’affaire opposant trois membres de la délégation syndicale de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) à Daouda Sankhon, aide de camp du gouverneur de l’institution.

Poursuivis notamment pour des faits présumés d’« outrage à agent, violences et voies de fait », les trois syndicalistes ont finalement été renvoyés des fins de la poursuite et relaxés par le tribunal.

Les charges jugées non constituées

Dans sa décision, le tribunal a estimé que les éléments constitutifs du délit d’outrage, prévu par l’article 658 du Code pénal, n’étaient pas réunis à la charge des prévenus.

Il a également considéré que les éléments constitutifs des faits de violences ou voies de fait, prévus par l’article 240 du Code pénal, n’étaient pas établis.

Le tribunal a ainsi conclu qu’« aucun acte matériel constitutif d’outrage ou de violence ou encore de voies de fait n’est établi ni personnellement imputable » aux prévenus.

En conséquence, les trois syndicalistes ont été renvoyés des fins de la poursuite et relaxés.

Le ministère public débouté de ses réquisitions

Cette décision vient également contredire les réquisitions formulées la veille par le ministère public. Lors de l’audience du jeudi 27 août, le procureur Issouf Fofana avait requis que les trois prévenus soient déclarés coupables d’outrage à agent et condamnés chacun au paiement d’un million de francs guinéens d’amende. Le tribunal a finalement débouté le ministère public de ses réquisitions.

La demande de 100 millions rejetée

Sur l’action civile, le tribunal a reçu Daouda Sankhon en sa constitution de partie civile, tout en la déclarant mal fondée.

Sa demande de condamnation des trois syndicalistes au paiement de 100 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts a ainsi été rejetée.

Le tribunal a également rejeté la demande de comparution formulée au cours de la procédure et mis les dépens à la charge de la partie civile.

Retour sur les faits

L’affaire remonte au 6 août 2026, lorsque plusieurs travailleurs de la BCRG, dont les trois prévenus, s’étaient rendus auprès du gouverneur Karamo Kaba pour faire entendre des revendications syndicales.

Vêtus de rouge, les syndicalistes souhaitaient notamment obtenir une rencontre avec le gouverneur autour de leurs revendications portant sur leurs conditions de vie et de travail ainsi que sur la signature du protocole d’accord 2026.

L’accès au bureau du gouverneur leur avait alors été refusé par son aide de camp, Daouda Sankhon, à l’origine de la plainte.

À la barre, les trois prévenus avaient rejeté les accusations portées contre eux. Le plaignant avait, de son côté, affirmé que Momo Camara avait poussé la porte à deux reprises, tout en précisant que les syndicalistes ne l’avaient ni insulté ni touché.

Après les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense, le tribunal avait mis l’affaire en délibéré.

Ce vendredi, il a finalement tranché en faveur des prévenus, en prononçant leur relaxe et en rejetant aussi bien les réquisitions du ministère public que la demande indemnitaire de la partie civile.

Quitter la version mobile