
Une délégation de la Bourse de sous-traitance et de partenariat de Côte d’Ivoire (BSTP-CI) a effectué, ce jeudi 27 août 2026, une visite d’immersion au sein de MADI-GROUP, à Ansoumania, dans la périphérie de Conakry. Cette étape, organisée dans le cadre d’une mission d’étude en Guinée, a notamment permis aux visiteurs de découvrir les activités d’Easy Logistics ainsi que le projet immobilier Vill’Harmonia, développé sur une superficie de 127 hectares.
La mission ivoirienne, conduite par le directeur général de la BSTP Côte d’Ivoire, Amaël Konaté, séjourne en Guinée dans le cadre d’un voyage d’étude sous-régional organisé du 24 au 28 août 2026, avec l’appui de la GIZ et de la Direction du contenu local. Elle est accueillie par la BSTP Guinée et accompagnée notamment de représentants de la Direction générale du contenu local (DGCL) et du Guichet unique du contenu local (GPMCI).
La visite a commencé par une immersion dans les activités d’Easy Logistics. Cette filiale intervient notamment dans le transport d’hydrocarbures, la logistique minière et BTP ainsi que la supervision télématique de sa flotte.
L’entreprise indique disposer d’une flotte de citernes conformes aux normes ADR/OICMF pour le transport sécurisé de carburants, LFO, HFO et lubrifiants. Elle affirme également avoir mis en place une supervision télématique permanente, avec une flotte géolocalisée et équipée de caméras embarquées. MADI-GROUP fait par ailleurs état d’un système de management certifié autour d’un objectif « zéro accident ».
Vill’Harmonia, un projet de 127 hectares
Après cette immersion dans les activités logistiques, la délégation s’est rendue sur le chantier de Vill’Harmonia, à Ansoumania. Porté par sa filiale de promotion immobilière B2D Immobilier, le projet de MADI-GROUP s’étend sur 127 hectares et mobilise l’expertise de plusieurs entités du groupe, dont Easy Immo et Easy Logistics.
Présentant les caractéristiques techniques du projet, Mamadou Diallo, ingénieur chez Easy Immo pour le compte de B2D Immobilier, explique que les études relatives aux voiries et réseaux divers (VRD) ont déjà été réalisées.
« C’est un projet de 127 hectares sur l’ensemble de Vill’Harmonia. Toutes les études de VRD ont été faites sur le site. À part ces études de voiries et réseaux divers, nous avons aussi le certificat de conformité », a-t-il indiqué.
Le projet est subdivisé en zones résidentielle et commerciale. Dans la partie résidentielle, des duplex de type R+1 sont prévus, tandis que la zone commerciale devrait notamment accueillir des immeubles allant jusqu’à R+4.
Trois catégories d’habitations sont proposées. Les « Phaetons », présentés comme des logements de haut standing, disposent d’une surface bâtie de 315 m² sur des parcelles de 500 m². Les « Ibis » offrent 240 m² bâtis sur des terrains de 300 m². Enfin, les « Calao », destinés notamment aux coopératives, sont conçus sur des parcelles de 250 m², pour une surface bâtie de 200 m².
La gestion des eaux au centre de la conception
L’ingénieur a également insisté sur la gestion des eaux et le risque d’inondation dans cette zone située à proximité d’un bras de mer. À l’en croire, les aménagements hydrauliques ont été conçus de façon à préserver la circulation naturelle de l’eau entre le site et la mer.
« Pour le moment, nous n’avons pas d’inondation », a déclaré Mamadou Diallo, qui attribue cette situation aux études de VRD et aux caniveaux aménagés sur le site.
Selon ses explications, ces ouvrages permettent à l’eau de circuler lors des mouvements de marée, sans obstruer son passage naturel. Les responsables du projet disent également avoir pris en compte l’existence d’anciennes digues aménagées par les riverains pour leurs activités agricoles.
Concernant la construction des habitations, B2D Immobilier entend laisser une certaine latitude aux acquéreurs. Un client peut confier la réalisation de son logement aux entreprises du groupe ou choisir un autre constructeur. Dans ce dernier cas, les plans doivent toutefois être examinés afin de vérifier leur conformité avec les prescriptions du projet.
À terme, quatre entrées sont prévues pour desservir Vill’Harmonia. Chacune devrait disposer d’un poste de sécurité, dans le cadre du dispositif de contrôle et de sécurisation annoncé par le promoteur.
La BSTP ivoirienne salue « un modèle » de contenu local
Au terme de la visite, le directeur général de la BSTP Côte d’Ivoire n’a pas caché sa satisfaction. Amaël Konaté explique que la mission vise avant tout à comprendre le fonctionnement de la BSTP Guinée et le modèle guinéen de contenu local, mais aussi à observer directement les entreprises locales qui doivent donner corps à cette politique.
« Cette visite d’immersion ne peut pas s’effectuer sans que nous soyons en contact avec les entreprises du pays, pour voir leur manière de travailler, dans quel cadre elles travaillent et selon quelles normes », a-t-il expliqué.
Après plusieurs visites effectuées au cours de son séjour, le responsable ivoirien dit avoir été particulièrement marqué par l’organisation observée au sein de MADI-GROUP. Même si la délégation n’a pas visité toutes les filiales du groupe, elle a pu découvrir celles intervenant dans la construction et la logistique. « Nous avons été totalement satisfaits par l’organisation mise en place par les équipes », a-t-il affirmé.
Pour Amaël Konaté, l’expérience observée à Ansoumania illustre surtout l’importance du développement des compétences nationales dans la mise en œuvre des politiques de contenu local. « Le contenu local n’existe pas s’il n’y a pas de compétences », a-t-il insisté.
Le directeur général de la BSTP Côte d’Ivoire estime même que l’entreprise peut être recommandée à des donneurs d’ordre guinéens comme étrangers. « On peut conseiller cette entreprise à n’importe quel donneur d’ordre […] simplement parce qu’elle sait ce qu’elle fait, elle sait où elle va et elle a une vision bien définie », a-t-il soutenu.
Il a également salué le rôle du PDG de MADI-GROUP, Aliou Dieng, et l’adhésion des équipes à la vision portée par la direction du groupe. Pour le responsable ivoirien, l’organisation découverte en Guinée constitue une expérience susceptible d’inspirer d’autres pays de la sous-région.
« Nous pensons que c’est même un exemple à répliquer au niveau de nos différents États, en Côte d’Ivoire, mais également en Afrique de l’Ouest », a conclu Amaël Konaté.
La visite d’Ansoumania s’inscrit ainsi dans une démarche de partage d’expériences entre les structures guinéenne et ivoirienne chargées de promouvoir la sous-traitance et le contenu local, avec en toile de fond la question de la capacité des entreprises nationales à répondre aux exigences des grands décideurs.

