Le ministre guinéen des Mines et de la Géologie, M. Bouna Sylla, s’est rendu le 13 août sur le site de Kouroussa Gold Mine, l’un des principaux projets aurifères industriels du pays. Contrôlée par Mansa Resources, la mine poursuit sa montée en puissance, avec l’objectif d’atteindre progressivement une production de 100 000 onces d’or par an.
À Kouroussa, dans l’est de la Guinée, les autorités suivent de près le développement de l’industrie aurifère. Le 13 août, le ministre des Mines et de la Géologie, M. Bouna Sylla, accompagné de son homologue de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, M. Moussa Moïse Sylla, s’est rendu sur les installations de Kouroussa Gold Mine (KGM), aujourd’hui contrôlée par Mansa Resources.
La visite intervient alors que le groupe cherche à consolider les opérations de cette mine devenue son principal actif en production. Mansa Resources présente Kouroussa comme la pierre angulaire de son portefeuille, qui comprend également le projet aurifère de Dugbe, au Liberia. Le groupe ambitionne de développer une nouvelle plateforme aurifère en Afrique de l’Ouest.
À Kouroussa, l’enjeu est d’abord opérationnel. Selon les chiffres communiqués par le ministère guinéen des Mines, environ 320 millions de dollars ont été investis dans le projet, dans lequel l’État détient une participation de 15 % à travers la Société guinéenne du patrimoine minier (Soguipami).
Le site emploierait près de 1 000 personnes, en majorité des Guinéens. Toujours selon les autorités, KGM a produit 87 000 onces d’or en 2025 et vise désormais une progression vers 100 000 onces annuelles.
Un actif stratégique pour Mansa Resources
La trajectoire de Kouroussa revêt une importance particulière pour Mansa Resources. La société présente la mine guinéenne comme son principal actif productif et comme la base financière sur laquelle elle entend poursuivre son développement en Afrique de l’Ouest.
La nouvelle structure est dirigée par Sébastien de Montessus, ancien directeur général d’Endeavour Mining, nommé à la tête de Mansa Resources au début de 2026 avec notamment pour mission de redresser et développer Kouroussa. Son arrivée s’inscrit dans une recomposition plus large du secteur aurifère ouest-africain, portée par le niveau élevé du cours de l’or et par l’arrivée de nouveaux investisseurs sur des actifs déjà en production ou à un stade avancé de développement.
La visite de M. Bouna Sylla offre à Conakry l’occasion d’évaluer la trajectoire du site. Le ministère indique vouloir s’assurer du respect des engagements de l’opérateur, tant sur le plan de la production que de l’emploi, de la sous-traitance locale et de l’environnement.
Conakry veut développer l’or industriel
Pour les autorités guinéennes, Kouroussa s’inscrit également dans une stratégie plus large de diversification du secteur minier.
La Guinée reste avant tout identifiée à la bauxite, dont elle possède les plus importantes réserves mondiales, tandis que l’entrée en production de Simandou ouvre une nouvelle phase dans l’exploitation de ses gigantesques ressources de minerai de fer. Mais Conakry entend parallèlement développer d’autres filières, notamment l’or.
Une partie importante de la production aurifère guinéenne provient encore de l’exploitation artisanale ou semi-industrielle. Le gouvernement veut accroître la part des mines industrielles, jugées plus susceptibles de générer des emplois formels, des recettes fiscales identifiables et une meilleure traçabilité de la production.
« Notre objectif est d’inverser la courbe pour qu’il y ait davantage d’exploitation industrielle au détriment de l’exploitation artisanale, afin d’avoir plus d’impact sur l’économie nationale », a déclaré M. Bouna Sylla lors de sa visite.
Kouroussa constitue à ce titre un projet particulièrement suivi. Contrairement aux nombreux permis d’exploration aurifère attribués dans le pays, le site dispose déjà d’infrastructures industrielles et produit de l’or. Son passage progressif vers le seuil annoncé de 100 000 onces par an donnerait davantage de poids au segment industriel du secteur.
Le contenu local au centre des discussions
La production n’était cependant pas le seul sujet inscrit à l’agenda de la visite ministérielle. M. Bouna Sylla a également rappelé les attentes du gouvernement en matière de contenu local.
Trois priorités ont été mises en avant : l’emploi des ressortissants guinéens, l’accès des entreprises à capitaux guinéens aux marchés générés par l’activité minière et la formation des salariés afin de permettre un transfert progressif des compétences.
Ces questions occupent une place croissante dans la politique minière de Conakry. Les autorités cherchent à augmenter la part des dépenses des compagnies extractives qui bénéficie directement à l’économie nationale, dans un secteur où une partie importante des équipements, de l’expertise et des services spécialisés reste importée.
À l’échelle de Kouroussa, le ministère estime que la mine a déjà pris une place significative dans l’économie locale. Reste à mesurer, au-delà du nombre d’emplois directs, la part de la valeur générée qui revient effectivement aux entreprises et aux communautés de la région.
Mansa Resources met de son côté en avant plusieurs programmes sociaux développés autour du site. Selon KGM, un budget est consacré chaque année à des initiatives de reboisement, à l’accompagnement des femmes, à la formation professionnelle et au financement de projets destinés aux jeunes.
« Nous travaillons main dans la main avec les communautés locales. KGM est une compagnie responsable au niveau de la communauté. Nous voulons que KGM soit une référence en Afrique de l’Ouest, mais surtout en Guinée », a déclaré Saïfoulaye Baldé, administrateur et directeur pays de Kouroussa Gold Mine.
L’enjeu environnemental
Les autorités ont également abordé les obligations environnementales de l’opérateur. D’après le ministère, KGM dispose d’un plan de fermeture et de réhabilitation du site prévoyant une remise en état progressive des zones exploitées. La mine renouvelle par ailleurs annuellement son certificat de conformité environnementale.
Comme pour les autres projets miniers industriels du pays, l’enjeu sera d’évaluer ces engagements dans la durée, notamment au fur et à mesure de l’extension des zones exploitées.
Conakry inscrit désormais cette politique dans le cadre plus large de Simandou 2040, son programme de développement à long terme. Malgré son nom, celui-ci ne se limite pas au gigantesque projet de fer du sud-est du pays : les autorités veulent utiliser les revenus et investissements liés aux ressources naturelles pour favoriser les infrastructures, la formation, l’industrialisation et l’émergence d’entreprises nationales.
Dans ce contexte, la montée en puissance de Kouroussa constitue un test à plusieurs niveaux. Pour Mansa Resources, il s’agit de démontrer sa capacité à stabiliser et développer son principal actif en production. Pour l’État guinéen, l’objectif est de faire de l’essor de l’or industriel un complément aux filières de la bauxite et du fer, tout en augmentant les retombées locales.
La visite de M. Bouna Sylla traduit cette double dynamique. Elle marque l’intérêt du gouvernement pour le développement de KGM, mais s’accompagne aussi d’un rappel des obligations imposées aux opérateurs. Le ministère a indiqué qu’il poursuivrait son suivi de la mine, notamment sur l’application du Code minier, le contenu local et les engagements sociaux et environnementaux.
Avec une production qui doit désormais se rapprocher des 100 000 onces annuelles, Kouroussa Gold Mine entre ainsi dans une nouvelle étape de son développement. Pour Mansa Resources comme pour Conakry, les prochains exercices permettront de mesurer si cette montée en puissance industrielle se traduit également par des retombées économiques durables pour la Guinée.

