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Amélioration génétique bovine : la Guinée prépare l’arrivée de 5 000 bovins du Brésil

La Guinée prévoit d’introduire progressivement 5 000 bovins de races améliorées en provenance du Brésil dans le cadre du Programme national d’amélioration génétique bovine, Horizon 2026-2035. Un premier lot de 2 500 animaux est prévu dans cette opération présentée ce lundi à Conakry, par le ministère de l’Élevage.

La rencontre a réuni le ministre de l’Élevage, Alpha Bacar Barry, des représentants brésiliens, un ancien ministre sénégalais de l’Agriculture et de l’Élevage, des représentants d’une quinzaine de banques guinéennes ainsi que des compagnies d’assurances.

Selon les statistiques agricoles citées par Alpha Bacar Barry, la Guinée compte environ 8 millions de bovins, mais importe encore 60 % de la viande et 80 % du lait consommés dans le pays. Le ministre estime que ces données traduisent la nécessité de moderniser la production locale et d’améliorer les performances du cheptel.

« Il faut qu’on sorte de l’élevage de prestige, il faut qu’on sorte de l’élevage traditionnel, il faut qu’on aille vers un élevage moderne et intensif », a-t-il déclaré.

Les 5 000 bovins annoncés doivent être introduits en deux phases. Les premiers animaux seront sélectionnés au Brésil, selon leurs caractéristiques génétiques, avant leur passage dans des centres de quarantaine où ils feront l’objet de contrôles sanitaires et de traitements prophylactiques. Ils seront ensuite acheminés vers la Guinée.

Fabio Costa, représentant d’AgroBetel, partenaire brésilien de l’opération, a indiqué que les animaux sélectionnés sont issus de races adaptées aux conditions tropicales. Il a toutefois insisté sur l’importance de l’alimentation, estimant que la génétique ne peut produire les résultats attendus sans une alimentation adaptée et disponible.

À leur arrivée, les bovins doivent être confiés à des entrepreneurs et éleveurs guinéens, avec un accompagnement dans les domaines vétérinaire, zootechnique, financier et assurantiel. Le dispositif prévoit notamment que certains bénéficiaires puissent rembourser l’appui reçu en argent ou en lait. La reproduction des animaux doit également permettre d’étendre progressivement les races améliorées à d’autres exploitations.

Le ministère prévoit par ailleurs de poursuivre l’amélioration génétique du cheptel à travers l’insémination artificielle et le transfert d’embryons. Le programme doit également favoriser le développement d’activités liées à l’élevage, notamment la production d’aliments pour bétail, les équipements, les services vétérinaires, la collecte et la transformation du lait ainsi que la transformation de la viande.

Le financement constitue un autre volet important du projet. Pour Diallo Mamadou Lamarana, représentant d’Access Bank Guinée, l’élevage demeure encore un secteur peu financé par les banques. Il estime que la structuration de cette initiative pourrait permettre aux établissements financiers de mieux évaluer les risques et de proposer des mécanismes de financement adaptés aux besoins des éleveurs.

L’ancien ministre sénégalais de l’Agriculture et de l’Élevage, qui accompagne le projet à travers son cabinet MD Advisory, intervient notamment dans la structuration financière de l’opération. Il a évoqué des mécanismes tels que les lettres de crédit, les crédits documentaires et les traites avalisées pour faciliter l’importation des premiers bovins.

Selon ses estimations, la Guinée aurait besoin de produire entre 800 millions et un milliard de litres de lait par an pour atteindre son autosuffisance, sur la base d’une consommation moyenne d’environ 50 litres par habitant et par an. Il estime également que le développement de la filière pourrait générer des emplois dans plusieurs secteurs liés à l’élevage.

Pour le ministère de l’Élevage, le programme Horizon 2026-2035 s’inscrit dans la vision Simandou 2040 et vise à réduire progressivement la dépendance de la Guinée aux importations de viande et de lait. La première phase de 2 500 bovins doit servir de point de départ, avant l’introduction du second lot portant le total à 5 000 animaux.

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