La décharge de Dar-es-Salam, à Conakry, est de nouveau au cœur d’un drame. Un immeuble de trois niveaux s’est effondré sous le poids des déchets, ensevelissant des personnes sous une masse de détritus. Les recherches se poursuivent sur le site afin de retrouver d’éventuels survivants et d’extraire les victimes prises au piège.
Au-delà de l’ampleur du drame, une malheureuse coïncidence vient donner une dimension particulière à cette catastrophe. Le précédent éboulement majeur enregistré sur le même site s’était produit le 22 août 2019. Sept ans plus tard, presque jour pour jour, Dar-es-Salam est à nouveau frappé par un effondrement meurtrier.
Cette répétition, à quelques années d’intervalle, relance inévitablement les interrogations sur la sécurité du site, les conditions de gestion des déchets et les mesures prises pour prévenir de tels drames.
À Dar-es-Salam, les déchets ne sont plus seulement une question d’insalubrité. Ils deviennent une menace directe pour des vies humaines. Chaque amas de détritus accumulé rappelle désormais la fragilité d’un équilibre qui semble avoir atteint ses limites.
Pour l’heure, l’urgence reste le sauvetage. Les équipes mobilisées poursuivent leurs recherches, dans l’espoir de retrouver des survivants sous les décombres. Mais une fois l’urgence passée, une question s’imposera avec force : comment expliquer qu’un site déjà endeuillé en 2019 puisse connaître, sept ans plus tard, un nouveau drame d’une telle ampleur ?
Dar-es-Salam ne demande plus seulement des secours. Le site exige des réponses.

