Le visage de la Guinée change. Avec le décret présidentiel du 20 août qui porte le pays à 9 régions administratives et 44 préfectures, c’est toute l’organisation du territoire qui prend un nouveau tournant. Une avancée saluée par Mariame Sylla, sociologue et ancienne ministre de la Décentralisation.
Pour cette fine connaisseuse des rouages de l’État, ce grand redécoupage ne relève pas du simple détail sur une carte. C’est une nécessité de terrain pour rapprocher l’État des citoyens.
»Il faut rapprocher l’administration des administrés. C’est extrêmement important« , confie-t-elle. « Être une région administrative, ce n’est pas seulement un nom. Il y a des infrastructures, il y a des commodités qu’il faut mettre en place. Ça va nous permettre de développer la Guinée en profondeur. »
Le pari de l’éloignement pour Beyla et Siguiri
Certains s’interrogent encore sur la pertinence d’ériger des zones excentrées comme Beyla au rang de région. Une critique que balaye d’un revers de main l’ancienne ministre. Pour elle, cet éloignement géographique est précisément ce qui rendait la réforme urgente.
»Beyla est loin, mais Beyla c’est la Guinée. C’est une occasion pour les Beylaka de bénéficier des infrastructures permettant de répondre aux qualités d’une région administrative. La population est importante, il y a beaucoup de jeunes« , insiste-t-elle.
Derrière cette refonte se cache une règle d’or selon l’universitaire : tout redécoupage doit reposer sur des bases solides, à commencer par le poids de la population. Une fois ces critères réunis, l’État a le devoir de franchir le pas.
Une vision ancrée dans le quotidien des citoyens
Pour Mariame Sylla, la décentralisation doit avant tout simplifier la vie de tous les jours et éviter aux habitants de longs déplacements pour un simple papier ou un service de base.
»C’est ça qu’on appelle la décentralisation. C’est envoyer l’administration, les moyens et les ressources humaines auprès des administrés pour qu’ils ne se fatiguent plus. La Guinée a pris une nouvelle ère« , conclut-elle avec enthousiasme.
Désormais, avec cette configuration qui redessine les contours de 9 régions administratives, de la Zone Spéciale de Conakry et de 44 préfectures, les attentes des populations locales sont immenses face aux chantiers de développement qui s’ouvrent à elles.

