
À travers cet accord, trois jeunes diplômés bénéficieront d’une prise en charge intégrale de leur formation professionnelle, pour un montant total de 30 millions de francs guinéens, soit 10 millions GNF par lauréat. La formation sera dispensée dans les locaux du CEGA, situés à environ 200 mètres du rond-point de la Cité Enco-5.
« Je pense que dans une œuvre de cette nature, il faut formaliser les projets, les objets et les intentions. En passant par le moyen d’une convention, on veut donner un caractère officiel, peut-être un peu solennel aussi, mais surtout un caractère juridique d’engagement irréversible. […] Les engagements qui ont prévalu à la mise en place de cette convention visent, d’une part, à professionnaliser davantage notre secteur », a-t-il expliqué.
L’initiative vise également à renforcer la reconnaissance des compétences guinéennes dans le domaine des géosciences.
« En plus de ce que font les universités et l’Institut de Boké, il faut aller un cran plus haut pour assurer que nos collègues soient certifiés, qu’ils soient dotés des règles, des procédures et des directives en matière géologique et surtout de géosciences. Il faut qu’ils soient outillés et que leurs compétences soient reconnues aussi bien en Guinée qu’à l’étranger », a-t-il souligné.
« Il faut travailler suivant les standards internationaux »
Aux jeunes bénéficiaires et, plus largement, à ceux qui souhaitent évoluer dans le domaine des géosciences, le promoteur de la formation recommande de rester compétitifs et de se conformer aux standards internationaux.
« Aux jeunes, c’est de penser toujours à être compétitifs sur le marché. La géoscience est un ensemble de sciences qui évolue avec le temps, avec les besoins, mais aussi avec l’évolution technologique. Donc, il faut se mettre à jour et, en même temps, s’assurer d’être compétitif. Pour cela, il faut apprendre davantage et s’assurer qu’il y a un perfectionnement continu. Il faut aussi travailler suivant les standards internationaux », a-t-il indiqué.
Selon lui, le défi est de permettre à la Guinée de disposer de géoscientifiques capables de rivaliser avec les professionnels étrangers.
« En tant que centre d’excellence, leur objectif est de s’assurer que nous ayons des géoscientifiques compétitifs sur le marché international, également compétitifs en Guinée et capables de faire le travail que font actuellement les Australiens ou les Américains dans le cadre de l’AIP ou du JORC », a-t-il ajouté.
113 candidatures en deux jours
« Le Centre d’Excellence en Géoscience Appliquée est un centre qui évolue dans le cadre de la formation professionnelle et qui a pour mission de servir de pont entre les institutions d’enseignement supérieur évoluant dans les géosciences et les sociétés minières. Nous sommes un pont qui forme ici les étudiants sortants des universités publiques et privées et nous les mettons au compte des entreprises minières », a-t-il expliqué.
Le processus de sélection des trois bénéficiaires a suscité un important engouement. En seulement deux jours, 113 candidats ont soumis leur candidature. Après examen des dossiers par le comité pédagogique et scientifique du CEGA, 61 candidats répondant aux critères établis ont été retenus. Parmi eux, 21 ont finalement participé à l’évaluation.
Selon Jean Calvin Haba, les critères de sélection portaient notamment sur le projet professionnel, la motivation, le projet d’études et la situation financière des candidats.
« Quand nous avons lancé le recrutement de ces trois boursiers, les critères de sélection, à savoir le projet professionnel, la motivation de l’étudiant, son projet d’études et l’aspect financier, nous ont permis de constater que le pourcentage lié à l’aspect financier était beaucoup plus élevé. Donc, s’il y a quelqu’un qui s’est engagé, comme M. Ismaël Diakité, à prendre en charge les frais de formation de ces trois étudiants sortants des universités publiques et privées, c’est un ouf de soulagement », s’est-il réjoui.
Une sélection basée sur des critères précis
Face aux interrogations sur un éventuel favoritisme dans la sélection, le responsable du CEGA a détaillé le mécanisme mis en place.
Sur les candidats retenus après examen, neuf étaient classés dans la catégorie « priorité élevée », 17 dans celle de « priorité en attente », tandis que les autres figuraient dans une catégorie ne devant pas être considérée. Les trois premiers candidats de la catégorie à priorité élevée ont finalement été retenus.
« Au départ, ils étaient au nombre de 113 candidats à avoir postulé, et cela en deux jours seulement. […] Après analyse du comité pédagogique et scientifique du CEGA, nous avons retenu 61 candidats qui respectaient les critères de sélection. Il faut noter au passage que ces critères avaient été définis par le promoteur. Il est venu nous dire : “Voilà, je veux financer la formation pour trois candidats, voici les critères de sélection.” […] Parmi ces 61 candidats, 21 ont répondu à l’appel et ont passé l’évaluation. Vu que nous avions trois candidatures prioritaires sur la liste : neuf candidats avaient une priorité élevée, 17 une priorité en attente et les autres étaient des priorités à ne pas considérer. Les trois premiers de la catégorie à priorité élevée ont été sélectionnés », a-t-il détaillé.
Les lauréats misent sur la qualification
« Ça a été un immense plaisir, mais aussi une vraie joie par rapport à cette sélection, parce qu’elle a été vraiment compétitive. J’étais bien contente et heureuse de me savoir parmi les candidats retenus », a-t-elle confié.
Pour elle, cette formation constitue une opportunité importante pour renforcer son profil professionnel dans un secteur où la qualification occupe une place centrale.
« Cette opportunité est la bienvenue pour moi et elle tombe à pic. Le développement de mes compétences est actuellement un véritable objectif. Dans le domaine des géosciences, la qualification est vraiment très importante. Je trouve que le CEGA est un centre plutôt rigoureux, qui dispose de plusieurs certifications et de collaborations à l’international, ce qui est très intéressant par rapport aux standards des cours et de tout ce qui s’ensuit », a-t-elle apprécié.
Avec ce partenariat, les trois lauréats entament ainsi une formation axée sur la pratique, sous l’encadrement d’experts et de professionnels du secteur minier. L’objectif affiché est de renforcer leur employabilité et de leur permettre de répondre aux exigences du marché minier, aussi bien en Guinée qu’à l’international.
