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Dubréka / hôpital préfectoral : la pédiatrie étouffe sous le poids de la saturation

A l’hôpital préfectoral de Dubréka, le service de pédiatrie fait face aujourd’hui à une situation de plus en plus préoccupante. Avec seulement huit lits pour une population en forte croissance, les enfants hospitalisés sont contraints de partager les mêmes espaces, exposant les patients à des risques supplémentaires d’infections et compliquant davantage leur prise en charge.
Le service de pédiatrie de l’hôpital préfectoral de Dubréka est au bord de la saturation. L’unique salle dédiée à la prise en charge des enfants ne dispose que de huit lits, alors que les besoins sont largement supérieurs aux capacités d’accueil de l’établissement.
Selon le Dr Kourouma Ansoumane, médecin pédiatre et chef du service de pédiatrie, l’hôpital accueille quotidiennement un nombre important d’enfants nécessitant une hospitalisation. « C’est un hôpital qui n’a qu’un seul service de pédiatrie, avec une seule salle. Et la salle comporte huit lits », explique-t-il.
Le médecin estime que le service devrait aujourd’hui disposer d’environ 17 lits pour répondre aux besoins de la population. Une situation devenue particulièrement préoccupante avec la croissance démographique rapide de Dubréka.

 Une population en forte croissance, des infrastructures insuffisantes
Le développement de la préfecture et sa proximité avec Conakry ont entraîné une augmentation considérable de la population. « On était à 400 et quelques mille habitants avec le dernier recensement. Actuellement, on est à 800 et quelques », souligne le Dr Kourouma . Cette croissance démographique n’a toutefois pas été accompagnée d’une extension suffisante des infrastructures sanitaires.
Résultat : huit lits doivent aujourd’hui absorber une demande beaucoup plus importante. Dans certaines situations, deux enfants sont contraints de partager le même lit. Lorsque le service de pédiatrie est complet, les responsables tentent également d’utiliser d’autres services de l’hôpital. Mais cette solution devient de plus en plus difficile, puisque les services de médecine générale et de chirurgie connaissent, eux aussi, un taux d’occupation élevé.
Des risques pour la santé des enfants
Au-delà de l’inconfort, la promiscuité fait craindre une aggravation des risques sanitaires. Des enfants souffrant de pathologies différentes peuvent être amenés à cohabiter dans un espace réduit, alors que certains sont particulièrement vulnérables.
« Les enfants peuvent avoir des maladies croisées parce qu’ils vont cohabiter avec d’autres malades et finalement contracter la maladie », alerte le Dr Kourouma.
Les enfants malnutris, ceux atteints de rougeole ou présentant une déficience immunitaire sont notamment considérés comme plus exposés aux infections. Le médecin évoque également le cas de certaines maladies transmissibles par voie aérienne, dont la prise en charge nécessite des conditions particulières.
Certaines pathologies exigent en effet un environnement adapté. « Quand les tétaniques viennent, par exemple, ils ont besoin d’une salle sombre où  il n’y a pas de bruit », explique-t-il.

Les urgences également sous pression
La saturation ne concerne pas uniquement les lits d’hospitalisation. Le service des urgences est lui aussi confronté à une forte pression. Pour libérer de l’espace, la durée de séjour des patients aux urgences peut être raccourcie, afin de les orienter rapidement vers la pédiatrie. Une situation qui, selon le chef du service, accentue encore les difficultés d’accueil et de prise en charge. La majorité des patients viennent par ailleurs des zones périphériques. Pour certaines familles, une évacuation vers Conakry pourrait offrir de meilleures conditions de prise en charge, mais les moyens financiers font souvent défaut.
Les gardes malades eux aussi confrontés au manque d’espace
La saturation affecte également les accompagnants. Mabinty Camara, qui déplore les conditions actuelles de prise en charge, souligne que si les patients manquent déjà de place, les gardes malades sont eux aussi confrontés à d’importantes difficultés, pour trouver un espace convenable.
Malgré les efforts consentis par les autorités de l’hôpital et l’appui du ministère de la Santé, le déficit d’infrastructures demeure un défi majeur.

 Un appel aux autorités et aux personnes de bonne volonté
Face à cette situation, le Dr Kourouma Ansoumane lance un appel aux autorités, aux ressortissants de Dubréka, aux partenaires et aux personnes de bonne volonté, afin de contribuer à l’amélioration des infrastructures de l’hôpital. « Ce qui nous manque beaucoup, c’est l’infrastructure, pour vraiment accueillir cette population », insiste-t-il.
Pour le médecin, l’enjeu dépasse la seule question du confort. Il s’agit également de prévenir les risques liés à la promiscuité et de garantir aux enfants, des conditions de soins dignes et sécurisés.
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