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Maison centrale, Marché Niger, cité de la Police : ces grands projets de l’Etat qui vont transformer le visage de Kaloum

La libération du site de la Maison centrale de Coronthie s’inscrit dans une vaste dynamique de transformation urbaine de Kaloum. C’est l’assurance donnée ce mercredi par Faya François Bourouno, ministre de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique, lors d’une conférence de presse consacrée notamment aux opérations d’aménagement en cours dans le centre-ville de Conakry.

Évoquant le marché Niger, le chantier de la nouvelle Cité de la Police et les autres projets engagés dans la zone, le ministre a estimé que le déguerpissement et la réorganisation de cet espace traduisent la volonté des autorités de donner un nouveau visage à Kaloum.

« Ce déguerpissement rime avec la vision, et je dirais met en œuvre la vision du Chef de l’État vers Kaloum, une ville moderne, une ville qui se transforme, une ville qui respire », a-t-il déclaré.

Une prison héritée de la période coloniale

Pour Faya François Bourouno, la question de la Maison centrale doit être replacée dans son contexte historique. Construite en 1933, pendant la période coloniale, la prison avait été conçue pour accueillir environ 300 détenus.

Près d’un siècle plus tard, le développement de Conakry a profondément modifié son environnement. L’établissement pénitentiaire s’est progressivement retrouvé encerclé par les principaux pôles administratifs, économiques et portuaires de la capitale, notamment les ministères, le Port autonome, la gare et des quartiers fortement peuplés.

« En près d’un siècle, la ville a grandi tout autour d’elle », a rappelé le ministre, considérant que l’établissement est désormais en décalage avec la configuration et les besoins actuels de Kaloum.

« Il n’y aura pas de reconstruction de prison »

Faya François Bourouno a surtout voulu lever toute ambiguïté sur la destination du site. Selon lui, la décision prise par les autorités ne prévoit pas la reconstruction d’un établissement pénitentiaire au même endroit.

« Il ne s’agit pas de reconstruire une prison à cet emplacement. Donc, il n’y aura pas de reconstruction de prison à ce niveau », a-t-il insisté.

Le ministre présente plutôt cette opération comme une décision d’aménagement urbain répondant à trois impératifs : l’organisation du territoire, la pression démographique et la rareté du foncier.

Désengorger un espace devenu saturé

Dans son argumentaire, le ministre a également évoqué la forte densité démographique de Coronthie et de Kaloum. Le maintien d’une infrastructure initialement conçue pour 300 personnes, mais ayant accueilli pendant de longues périodes un nombre largement supérieur de détenus, aurait contribué, selon lui, à accentuer la pression sur un environnement déjà fortement congestionné.

La libération du site devrait ainsi participer à la recomposition urbaine de Kaloum, parallèlement à plusieurs autres projets, dont la rénovation de Coronthie, la construction de la nouvelle Cité de la Police, la délocalisation du dépôt d’hydrocarbures et la reconquête des espaces publics.

Pour le ministre, cette transformation doit également permettre de répondre aux préoccupations des populations confrontées aux problèmes d’insalubrité et d’insécurité dans certains secteurs.

Une transformation assumée

Faya François Bourouno rejette enfin l’idée d’une mesure isolée ou circonstancielle. Il affirme que la décision concernant la Maison centrale s’inscrit dans une stratégie plus large visant à repenser la capitale guinéenne.

« La réalité est celle d’un choix d’urbanisation modernisée, mûri et assumé au service du peuple de Guinée », a-t-il soutenu.

Le ministre a ainsi défendu une vision de Kaloum comme un centre-ville appelé à devenir « plus sûr, plus sain, plus digne et plus moderne », dans le cadre de la transformation urbaine engagée par les autorités.

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