Des échos qui nous parviennent de la rencontre de prise de contact des porte-parolats de la présidence de la République et du Gouvernement avec la presse ce mercredi à Conakry, la maison centrale de Coronthie et l’hôtil Ingnace Deen sont partis pour disparaître. Le récent transfert des détenus, pour ne citer que ce cas, s’inscrivant dans le cadre d’un projet incluant le quartier Coronthie et d’autres parties de la capitale…
«Il ne s’agit pas de reconstruire une prison à cet emplacement. Donc, il n’y aura pas de reconstruction de prison à ce niveau », déclare le ministre porte-parole du Gouvernement, Faya François Bourouno.
C’est le lieu donc de rappeler qu’au-delà des actifs financiers ou immobiliers, le plus précieux côté d’un patrimoine réside dans sa charge historique, mémorielle et culturelle.
En effet, la Maison Centrale de Conakry, à côté de sa fonction carcérale initiale, est un témoin physique majeur des soubresauts, des épreuves et de l’histoire politique de notre nation. Pendant que à l’hôpital Ignace Deen qui date de la période coloniale, reste intimement lié à l’histoire médicale de la Guinée.
Ainsi, les projets de réaménagement envisagés pour le site de Coronthie ne doivent pas céder à la tentation de la tabula rasa, effaçant purement et simplement des murs. Ce qui équivaudrait à liquider un capital mémoriel inestimable.
Pour la petite histoire, nous avons déjà commis cette erreur par le passé. La transformation de l’ancien Camp Boiro en Camp Camayenne a entraîné la disparition d’éléments matériels essentiels de notre mémoire collective. En effaçant les traces physiques de ce lieu d’histoire, la nation s’est privée d’un espace de transmission, de pédagogie et de réconciliation pour les générations futures.
On ne le dira jamais assez. Une ville qui rase ses mémoires s’expose à l’amnésie. C’est pourquoi il est opportun que les autorités, notamment le ministre en charge de la culture, Moussa Moise Sylla, demande que des précautions conservatoires soient prises en toute urgence.
Objectif, un moratoire sur la démolition totale afin d’évaluer la valeur architecturale et historique des structures concernées. C’est ainsi qu’on pourrait réussir la préservation d’une empreinte matérielle (un bâtiment, une aile ou un pan de mur symbolique) intégrée au futur projet d’aménagement. Et la création d’un espace mémoriel ou muséal dédié à l’histoire de la justice, des libertés et du parcours politique de notre pays.
Surtout que le pays, dans son élan actuel de refondation, affiche une volonté assumée de construire le fur à partir son passé. En témoigne le fait que la célébration de l’indépendance le 2 octobre de cette année se fera sous le thème officiel « s’inspirer du passé pour construire ensemble l’avenir ».
En tout cas, conserver ces traces n’entrave en rien la modernisation urbaine. Au contraire cela valoriserait un actif immatériel inestimable pour le pays, avec à la clé, un site, un lieu de mémoire et d’éducation historique sans bloquer le futur.

