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TPI de Dixinn : à la barre, Bella Bah conteste les poursuites et regrette les « extrapolations »

L’activiste Bella Bah s’est expliqué ce lundi devant le Tribunal de première instance de Dixinn, dans le cadre de la procédure engagée contre lui pour des faits présumés d’injures et de diffamation par le biais d’un système informatique. Il est poursuivi à la suite d’une publication visant notamment le Premier imam de la Grande Mosquée de Conakry, Elhadj Mamadou Saliou Camara.

À la barre, Bella Bah a d’abord contesté la manière dont la procédure a été engagée contre lui. « Logiquement, je ne devrais pas être là. J’aurais dû être convoqué simplement », a-t-il déclaré, revenant sur son placement sous mandat de dépôt et son incarcération à la Maison centrale de Conakry.

L’activiste dit avoir particulièrement mal vécu son passage en détention. « Quand on m’a mis sous mandat de dépôt, on m’a envoyé dans la cage des condamnés. Est-ce que je méritais tout ça ? », s’est-il interrogé devant le tribunal.

Revenant sur la publication à l’origine de la procédure, Bella Bah reconnaît en être l’auteur, tout en affirmant ne pas avoir mesuré la portée que ses propos allaient prendre. « J’ai fait la publication, je n’ai pas vu l’angle que ça allait prendre », a-t-il expliqué.

Selon lui, c’est après avoir été interpellé par des proches qu’il a décidé de retirer la publication. Il dit aujourd’hui nourrir un sentiment de regret, notamment en raison des interprétations qui ont été faites de ses propos.

Concernant ses relations avec le Premier imam de la Grande Mosquée de Conakry, Elhadj Mamadou Saliou Camara, Bella Bah affirme qu’ils se connaissent et échangent régulièrement de manière informelle. « Je connais l’imam Elhadj Mamadou Saliou Camara. On parle en off », a-t-il indiqué à la barre.

L’activiste estime ainsi que les propos publiés ont donné lieu à des extrapolations qu’il n’avait pas envisagées au moment de leur diffusion. « Ce sont des poux qu’on cherchait sur ma tête », a-t-il lancé, pour dénoncer ce qu’il considère comme une amplification de l’affaire.

Bella Bah a également comparé sa situation à celle de citoyens sénégalais ayant, selon lui, tenu des propos plus sévères sans avoir été interpellés. « Au Sénégal, les mots plus graves ont été utilisés, mais ces citoyens n’ont jamais été interpellés », a-t-il déclaré.

Bella Bah avait été placé sous mandat de dépôt le 13 août dernier après son passage devant le parquet du TPI de Dixinn. Son procès avait alors été annoncé pour ce lundi 17 août.

L’affaire intervient alors que le Premier imam de la Grande Mosquée de Conakry avait publiquement appelé à la clémence à l’égard de l’activiste et lui avait accordé son pardon.

Les interrogatoires se poursuivent au moment où nous mettons ces quelques lignes.

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