Plus d’un mois après son placement sous mandat de dépôt, l’ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Aladji Cellou Camara, a été transféré nuitamment à la prison de Coyah. Poursuivi notamment pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption et enrichissement illicite, l’ancien patron de l’OGP n’est toujours pas situé sur l’issue de la procédure engagée contre lui. Une situation qui suscite d’autant plus d’interrogations que son dossier avait, au départ, connu une succession rapide de procédures.
Aladji Cellou est en détention depuis le 9 juillet 2026. Il avait été placé sous mandat de dépôt en même temps que plusieurs de ses anciens collaborateurs (cinq d’entre eux ont depuis bénéficié d’une liberté provisoire), après des auditions menées dans le cadre d’investigations portant sur la gestion de l’Office guinéen de publicité.
Mais la chronologie judiciaire du dossier est loin d’être linéaire. Trois jours avant son incarcération, soit le 6 juillet, la Chambre de l’instruction l’avait placé sous contrôle judiciaire. Il a ensuite fait l’objet d’une procédure en flagrant délit avant que le dossier ne retourne finalement devant un juge d’instruction pour l’ouverture d’une information judiciaire.
Cette succession de procédures, jugée incongrue par certains observateurs du microcosme judiciaire, suscite déjà moult interrogations. D’autant que, selon les informations, le montant exact du préjudice présumé n’était pas encore clairement établi publiquement.
Des dettes héritées au cœur des interrogations
Au-delà de la procédure elle-même, la nature de certains éléments du dossier interpelle. Lorsque Aladji Cellou prenait les commandes de l’OGP en décembre 2024, l’établissement public traversait une situation financière particulièrement difficile. Selon les données du procès-verbal de passation, l’Office traînait près de 80 milliards de francs guinéens de dettes, auxquels s’ajoutaient environ six mois d’arriérés de salaires.
Dix-huit mois plus tard, le bilan présenté au départ de l’ancien DG faisait état de près de 14 milliards GNF de dettes anciennes apurées, de 14 milliards GNF de taxes reversées à l’État et d’une trésorerie positive estimée à 13 milliards GNF au 30 juin 2026. Il était également indiqué qu’aucune nouvelle dette n’avait été contractée pendant cette période.
Ces chiffres, à eux seuls, ne sauraient évidemment soustraire un responsable public à l’obligation de rendre compte de sa gestion. Ils posent néanmoins la question de la délimitation des responsabilités entre les différentes équipes qui se sont succédées à la tête de l’établissement.
Plus d’un mois après, quelle suite judiciaire ?
Depuis son placement sous mandat de dépôt le 9 juillet, Aladji Cellou a désormais passé plus d’un mois derrière les barreaux. À ce stade, aucune audience au fond ayant permis de trancher les accusations portées contre lui n’a été publiquement annoncée.
Plus d’un mois après son incarcération, une question demeure : à quand la prochaine étape judiciaire dans l’affaire OGP ? Les vacances judiciaires en cours n’arrangent justement rien.
En attendant, Aladji Cellou est privé de sa liberté, dans une affaire dont les contours échappent aux meilleurs experts judiciaires consultés par Guinéenews.

