À Kindia, le projet de reconstruction d’un pont et d’aménagement d’une route en béton armé fait des victimes collatérales. Dans le quartier Gare, plusieurs familles se retrouvent aujourd’hui dans le désarroi après une opération de déguerpissement.
Si les personnes concernées reconnaissent avoir été informées en amont de l’opération, elles affirment se retrouver désormais sans logement et lancent un appel à l’aide aux autorités.
Le projet, qui concerne le secteur de Dar-es-Salam, prévoit la reconstruction d’un pont affaissé, la réhabilitation de la voirie ainsi que l’aménagement d’une voie d’accès de 700 mètres en béton armé. Pour libérer l’emprise nécessaire aux travaux, plusieurs concessions ont été partiellement démolies.
Parmi les personnes affectées figure Sekouna Soumah, mécanicien. Selon lui, les bâtiments concernés avaient été préalablement identifiés et marqués avant le début des démolitions << Ils sont venus mettre des croix rouges sur nos bâtiments. Nous avons ensuite rencontré les responsables à la mairie. Ils nous ont expliqué qu’il fallait respecter l’emprise de 12 mètres. Nous avons fini par accepter et nous avons nous-mêmes démoli les parties concernées. Mais aujourd’hui, les engins Caterpillar sont revenus poursuivre la démolition », explique-t-il.
Pour ce mécanicien, les conséquences de l’opération sont particulièrement lourdes, notamment en cette période de saison des pluies « Nous n’avons plus où dormir. Je n’ai même plus de quoi manger. Trouver une maison en cette saison des pluies est très difficile et les loyers sont devenus très élevés. Nous demandons au gouvernement de nous aider à trouver un endroit où nous installer, car personne ne nous a parlé d’une indemnisation », plaide Sekouna Soumah.
Même situation pour Bibatou Camara, qui dit comprendre la décision des autorités tout en sollicitant leur accompagnement « L’État est le plus fort et personne ne peut s’y opposer. Cette opération nous fait énormément souffrir. Nous demandons seulement aux autorités de nous venir en aide. Nous n’avons connu que cet endroit. Je n’ai rien à reprocher à l’État, mais j’aimerais qu’il nous aide à surmonter cette épreuve », témoigne-t-elle.
Face à cette situation, les familles concernées espèrent désormais une réponse des autorités. Elles sollicitent notamment une assistance ou des mesures d’accompagnement leur permettant de se reloger et de faire face aux conséquences de cette opération d’aménagement.
Alors que les travaux doivent se poursuivre, la détresse de ces familles rappelle les conséquences sociales que peuvent entraîner certains projets d’infrastructures sur les populations installées dans leur emprise.
Entre la nécessité de moderniser les infrastructures et l’urgence de protéger les familles affectées, les sinistrés attendent désormais des autorités un accompagnement à la hauteur de leur situation.

