Le site emblématique du Voile de la Mariée, dans la région de Kindia, doit encore patienter, avant de retrouver tout son éclat. En visite inopinée sur le chantier lundi, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a constaté l’état d’avancement des travaux et déploré le retard considérable accusé dans leur exécution.
Initialement prévu pour une durée d’environ six mois, le chantier s’étend désormais sur plusieurs années. Une situation qui, selon le ministre, n’est plus acceptable.
« Nous sommes ici pour la énième fois, pour rappeler aux entrepreneurs que nous tenons à la fin des travaux, dans un délai bref », a-t-il déclaré, annonçant des échanges avec le bureau d’études, le bureau de contrôle et les représentants des cinq entreprises chargées de l’exécution des différents lots.
Sur le terrain, le niveau d’avancement varie fortement selon les lots, avec des taux compris entre 50 % et 96 %. Une disparité qui empêche, pour l’heure, d’envisager la réception provisoire de l’ensemble du chantier.

« Cela ne nous satisfait point. Il faut que les cinq lots soient au même niveau d’exécution, afin que nous soyons capables au moins de faire la réception provisoire de ce chantier et envisager la seconde phase », a insisté Moussa Moïse Sylla.
Le ministre entend ainsi renforcer la pression sur les entreprises, afin d’accélérer les travaux. Il estime que, compte tenu de l’évolution actuelle du chantier, « rien ne devrait empêcher que ce chantier finisse avant la fin de l’année ».
Au-delà des infrastructures touristiques, Moussa Moïse Sylla s’est également intéressé à la principale attraction du site : la chute d’eau elle-même. Car en saison sèche, le célèbre voile devient progressivement moins impressionnant. Cette situation serait notamment liée au détournement d’une partie de la source d’eau par des activités agricoles pratiquées en amont.
« L’une des raisons, c’est que la source d’eau qui constitue la force de ce voile est détournée par les agriculteurs en amont », a expliqué le ministre.
Pour préserver durablement le site, il préconise la mise en œuvre d’une solution permettant aux communautés agricoles de disposer d’autres sources d’approvisionnement en eau. « Il s’agit de construire, de faire des forages plutôt pour les communautés du fonds d’agriculture au niveau de la source d’eau, afin qu’elles puissent se satisfaire de ces forages et laisser le cours d’eau suivre son chemin tranquillement », a-t-il indiqué.
L’objectif est clair : restaurer l’attractivité du Voile de la Mariée, renforcer son offre d’hébergement et préserver son écosystème. « C’est un écrin de beauté sur la carte postale de toute la région de la Basse-Guinée », a rappelé le ministre.
Entre accélération du chantier et protection de la ressource en eau, le gouvernement entend ainsi donner une nouvelle impulsion à ce site touristique, afin qu’il puisse pleinement contribuer au rayonnement du tourisme local et à l’économie de la région de Kindia.

