C’est un nouveau drame qui frappe la capitale guinéenne. Dans la nuit de lundi 10 à mardi 11 août 2026, vers 2 heures du matin, un bâtiment de cinq niveaux encore en chantier s’est effondré à Hafia 1, dans la commune de Dixinn. Le bilan provisoire fait état d’au moins quatre morts, tandis que neuf personnes ont pu être sorties des gravats.
L’information a été confirmée sur place, ce mardi matin, par le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mamadou Lamine Sy Savané, venu constater l’ampleur des dégâts.
Avant tout commentaire technique, le ministre a tenu à adresser un message de compassion aux proches des disparus :
« Tout d’abord, je voudrais présenter au nom du chef de l’État et au nom de Monsieur le Premier ministre, les sincères condoléances du gouvernement guinéen à la famille Cissé. Comme vous venez de le constater, c’est un immeuble en construction de cinq étages. Il s’est effondré dans la nuit du 10 au 11, aux environs de deux heures du matin. Les forces de sécurité, la Protection civile, l’ANGUCH, l’administration du territoire et les services compétents du ministère en charge de l’Habitat ont tous rallié le site, ici à Hafia 1, communément appelé Sixième Continent. »
Une opération de secours toujours en cours
Dès l’annonce du drame, plusieurs services se sont mobilisés pour fouiller les décombres à la recherche d’éventuels survivants. Selon le ministre, le travail des équipes a déjà permis de sauver plusieurs vies, même si le prix payé reste lourd :
« Le dégât est énorme. Nous avons réussi, avec l’appui de tous les services compétents, à extraire neuf personnes. Malheureusement, nous avons enregistré quatre morts pour l’instant. Nous gardons l’espoir qu’à la fin de la fouille, on pourra donner un bilan exhaustif, qui sera d’ailleurs sanctionné par un communiqué officiel du gouvernement sur ce drame. »
Un chantier qui avait repris malgré la suspension des travaux
Fait marquant révélé par le ministre : ce chantier faisait partie des travaux censés être à l’arrêt, à la suite d’une décision gouvernementale suspendant les constructions dans le Grand Conakry et dans les autres grandes villes du pays. Or, la reprise du chantier la veille du drame semble avoir précédé directement l’effondrement.
« C’est le lieu pour moi d’exhorter la population de Conakry, mais aussi celle de l’intérieur du pays, à beaucoup plus de vigilance. Pour ce cas précis, hier et les jours qui ont suivi, les services compétents, conformément au communiqué du gouvernement qui suspendait tous les travaux dans le Grand Conakry et dans les autres grandes villes, ce chantier malheureusement a connu une reprise hier. Comme pour répondre au parcours, l’effondrement s’en est suivi », a-t-il déploré.
Des riverains alertés, tous n’ont pas obéi aux consignes d’évacuation
Le ministre a également indiqué que les habitants vivant à proximité de l’immeuble avaient été prévenus du danger et invités à quitter les lieux avant le drame. Mais toutes les familles n’ont pas suivi cette recommandation, avec des conséquences dramatiques.
« Les populations riveraines, je vais parler des citoyens qui sont autour de l’immeuble, ont été effectivement informées et alertées d’évacuer les lieux. Très malheureusement, certains ont respecté, d’autres, comme la famille qui est malheureusement venue la nuit s’abriter, n’ont pas pu respecter cette consigne. Le drame a encore endeuillé la Guinée. Une personne perdue est de trop. Une fois encore, nous demandons à tous nos concitoyens de respecter les instructions, les communiqués et les consignes données par les services compétents », a-t-il lancé.
Les opérations de recherche se poursuivaient encore ce mardi sur le site, les autorités espérant établir un bilan définitif dans les prochaines heures. Un communiqué officiel du gouvernement est attendu à l’issue des fouilles. Mais au moment nous mettions cet article en ligne, un cinquième décès serait déjà enregistré à l’hôpital selon nos informations.

