Nous trouvons utile voire même nécessaire de revenir, quelque fois, sur certains cas d’accident que nos correspondants basés à l’intérieur du pays nous rapportent. Cela, en raison de l’intérêt que ces cas ont suscité au sein de notre lectorat et surtout, compte tenu des leçons qu’on en tire. Pour éviter la répétition de pareils exemples qui ne profitent à personne. En somme, nous voulons en extraire tout ce qui est utile pour mieux informer, éduquer et sensibiliser nos concitoyens, surtout les utilisateurs des véhicules. Tel est l’espoir que nous formulons. Avec l’espérance que cela se transforme en certitude, pour la sécurité renforcée de l’ensemble des usagers.
La pédagogie admet la répétition. Elle la rend nécessaire pour permettre de mieux comprendre un phénomène survenu et créer des réflexes, pour mieux réagir à l’avenir.
Aujourd’hui, nous allons revenir sur l’accident annoncé par notre correspondant à Kissidougou, Souleymane Taꙶꙶïré Diallo. Il nous apprend que cet accident a fait, deux morts et plusieurs blessés. C’était dans l’après-midi du 31 juillet 2026 à Sangardo, une sous-préfecture située à une vingtaine de kilomètres de la commune urbaine de Kissidougou.
C’est un véhicule transportant plusieurs membres d’une même famille, qui s’est renversé sur la chaussée. Il venait de Konkoyi, préfecture de Faranah, et se rendait à Meindou, où les passagers devaient prendre part à un mariage.
Le lieutenant Lamine Théa, commandant adjoint de la Compagnie sécurité routière de Kissidougou, qui a constaté l’accident, déclare que le véhicule, de marque Ford, immatriculé AN-3525.03, s’est renversé, suite à l’éclatement du pneu arrière gauche. En outre, l’officier de gendarmerie relève un fait singulier : le véhicule transportait également un bœuf.
En conclusion, il estime que cet accident est dû à un manque d’entretien du véhicule.
Quelles leçons tire-t-on de cet accident ?
A la lecture de tous les éléments relatés ici, nul doute que vous avez bien compris, ce qui est à l’origine de cet accident mortel.
Sans aller dans un ordre logique absolu, commençons d’abord par l’éclatement du pneu. C’est la principale cause de cette tragédie, selon les conclusions du constat de la gendarmerie routière.
La règle aurait été que le chauffeur, avant d’entreprendre son voyage, s’assure de l’état des pneus de son véhicule. Il doit vérifier la bande de roulement, les flancs et le niveau de gonflage de chaque pneu y compris celui de la roue de secours. C’est un préalable essentiel, pour voyager loin et en sécurité. Mais, combien sont-ils, les automobilistes qui le font ? Hélas, ils ne sont pas nombreux. Avouons-le !
C’est pourtant, ce qui peut orienter le chauffeur dans la limite de la charge utile qu’il doit prendre et la vitesse qu’il doit pratiquer pendant le roulage.
Quelqu’un a bien dit que : « plaie de pneu peut être mortelle. » Mais, on n’en tient guère compte. Cela est dit pour les autres. C’est le raisonnement que tiennent bon nombre d’usagers raisonnent. Hélas, jusqu’à la survenue de l’accident !
Le code de la route nous apprend que l’éclatement du pneu avant tire le véhicule du côté du pneu éclaté et quand c’est le pneu arrière, le véhicule part en zigzag.
Toujours est-il que dans les deux cas, il faut éviter de freiner brutalement ou de corriger violemment, la trajectoire que prend le véhicule. Il faut accompagner le mouvement en douceur, avec calme, rétrograder et accompagner le roulage, du mieux que l’on peut, jusqu’à l’arrêt complet. Attention, cela ne s’apprend pas à l’école ! Il faut être bien préparé pour gérer pareille situation, quand elle arrive : garder son sang-froid, ne pas paniquer. Ne pas freiner brutalement ou braquer fort, pour redresser ! Sinon, c’est le tonneau assuré, l’embardée, la tête à queue ou, quand c’est moins grave, le dérapage. Surtout si on roule vite !
C’est sûrement ce qui est arrivé, dans cet accident mortel que nous relatons ici.
On peut ajouter qu’en cas d’éclatement du pneu avant, la roue se braque et forme un pivot sur la chaussée. En cas de freinage brusque c’est un effet de levier qui se produit. Ce qui soulève aussitôt l’arrière du véhicule, et voilà l’accident ! C’est une loi de la physique qu’on ne peut violer impunément.
Le second aspect que nous prenons en compte est le voyage groupé. Là, chacun a son point de vue. Une bonne partie de l’opinion déconseille de voyager en famille dans un même véhicule. On va jusqu’à étendre cet zavis, ce conseil, cette invite ou cette recommandation, vers tous les autres moyens de transport : le bateau, le train et même, l’avion. Le sujet est long à débattre. Chacun opte pour ce qu’il croit être le meilleur.
Il reste le problème du bœuf qui fait partie du voyage. Là, il n’y a aucun commentaire à faire. Un bœuf qui voyage à bord d’un véhicule de transport en commun, ce n’est pas croyable ! Ça sort de l’ordinaire. Imaginez un véhicule Ford avec son plein de passagers. Ils sont assis sur le siège avant et celui du milieu. Il ne reste plus que le fauteuil arrière qui jouxte le coffre. Le seul endroit où on peut placer notre dernier passager spécial : le bœuf. Et c’est là, justement, qu’on décide de le placer. Comment a-t-on fait pour l’embarquer ? L’a-t-on attaché, et comment et où ? Comment a-t-on géré ses déjections et urines qui ont dû salir le véhicule et incommoder aussi les passagers .
Le bœuf est sorti indemne de l’accident. Mais, n’a-t-il pas écrasé ou tué, au moins un usager, en tombant sur lui, de tout son poids, au renversement du véhicule ? Allez savoir !
Voilà comment ce véhicule a voyagé. Pour une cérémonie de mariage, qui s’est plutôt transformée en cérémonie funéraire. Avec les deux morts et les blessés qui ont été enregistrés.
Nul doute que personne ne voudra vivre pareille aventure.
Gageons que cela va servir de leçon à tous. Pour éviter de vivre pareille situation.

