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Inondations à Sonfonia : 15 concessions et un centre de santé sinistrés

Une pluie diluvienne s’est abattue sur Conakry dans la nuit du samedi au dimanche 9 août 2026, provoquant d’importantes inondations dans plusieurs quartiers de la capitale. À Sonfonia, précisément dans le secteur École Japonaise, au quartier Barkayanka 1, les habitants ont vécu une nuit particulièrement éprouvante.

Les eaux de ruissellement ont envahi plusieurs concessions, pénétrant dans les chambres, les salons et les cours. Au total, quinze concessions ainsi qu’un centre de santé privé ont été touchés.

Au petit matin, l’ampleur des dégâts était visible : matelas imbibés d’eau, vêtements trempés, appareils électroménagers endommagés, téléviseurs hors d’usage et importantes quantités de denrées alimentaires perdues. Pour les sinistrés, cette nouvelle inondation vient raviver une inquiétude devenue récurrente au fil des années.

Selon plusieurs habitants, l’absence de canaux d’évacuation adéquats, conjuguée à des constructions qui entravent l’écoulement naturel des eaux, serait à l’origine de ces inondations répétitives.

Faya Norbert Kamano fait partie des habitants qui ont vécu cette nuit de terreur. Vers 4 heures du matin, alors qu’il dormait profondément, ses enfants sont venus le réveiller pour lui signaler que l’eau avait envahi la maison.

« Je dormais profondément vers 4 heures du matin quand les enfants, qui étaient couchés au salon, sont venus me réveiller en tapant à la porte pour m’avertir que la maison était inondée. Quand je suis sorti, j’ai constaté que le salon, les chambres et toute la concession étaient sous l’eau », raconte-t-il.

Chez lui, presque rien n’a pu être sauvé.

« Je n’ai rien pu mettre à l’abri. Le congélateur, les matelas, les habits, bref, tous nos biens sont gâtés. Plusieurs concessions voisines ont également été touchées et les dégâts sont très importants », déplore-t-il.

Pour Mamoudou Camara, qui réside dans le secteur depuis plus de vingt ans, ces scènes ne sont malheureusement plus inédites.

« On n’a pas pu dormir toute la nuit. Des bâtiments ont été construits jusqu’à bloquer le passage de l’eau. J’habite ici depuis plus de 20 ans, mais c’est la troisième année consécutive que nous enregistrons ce type d’inondations. Franchement, il faut que l’État pense à notre situation pour éviter le pire », plaide-t-il.

Les travaux ferroviaires mis en cause

Pour Aboubacar Sow, deux facteurs expliqueraient principalement la situation : l’insuffisance des canaux d’évacuation et les travaux réalisés au niveau de la voie ferrée.

« Tout le problème vient d’abord de l’absence de canaux. Le deuxième facteur, ce sont les travaux effectués au niveau des rails. Ils ont ouvert un passage pour l’eau sous les rails, mais sans caniveaux. Dès qu’il pleut, toute la quantité d’eau qui arrive de la T8 se dirige directement vers notre secteur », explique-t-il.

Appel aux autorités

« Nous demandons l’aide urgente de l’État pour éviter le pire. Aujourd’hui, nous sommes sans abri. Tout le stock de riz ainsi que d’autres denrées a été englouti. À cela s’ajoutent les matelas, les appareils électroménagers et plusieurs autres biens », déplore-t-il.

Un centre de santé fortement touché

Le seul centre de santé privé implanté dans le secteur n’a pas non plus été épargné. Les eaux ont envahi plusieurs espaces de l’établissement, notamment la pharmacie, les salles d’urgence, de soins et de consultation, ainsi que la salle d’accouchement.

Les dégâts ont contraint certains patients venus se faire soigner ce dimanche matin à repartir sans avoir pu bénéficier de soins.

Dr Mamadi Konaté, responsable du centre de santé Hadja Halimatou, fait état de dégâts importants dans pratiquement tous les services.

« Il y a des malades qui sont actuellement là pour recevoir des soins, mais franchement, c’est compliqué. Le bilan est vraiment général. À la pharmacie, tous les produits ont été touchés. Le laboratoire, les lits dans les salles d’accouchement et plusieurs autres équipements ont également été impactés. Bref, toutes les structures ont été touchées », explique-t-il.

Malgré les difficultés, le personnel médical tente tant bien que mal de poursuivre la prise en charge des patients.

« Nous risquons d’assister au pire »

Adama Keïta, chef de secteur, affirme avoir déjà alerté les autorités sur la situation. Pour lui, l’insuffisance des ouvrages d’assainissement et les constructions anarchiques aggravent considérablement les conséquences des fortes pluies.

« Aujourd’hui, c’est vraiment un sentiment de regret. Je suis totalement dépassé par ces inondations. L’origine du problème est liée à la canalisation, notamment à la suite des travaux réalisés au niveau des rails. Lorsqu’il pleut, les eaux de ruissellement qui arrivent de la T8 viennent se déverser dans notre secteur », explique-t-il. Puis d’ajouter : « à cela s’ajoutent les constructions anarchiques. J’ai déjà remonté les informations aux autorités compétentes, mais jusqu’à présent, rien n’a été fait. Et si rien n’est fait, nous risquons d’assister au pire, surtout qu’il est annoncé de nouvelles fortes pluies. »

À Barkayanka 1, les sinistrés s’activent désormais à nettoyer leurs maisons et à tenter de récupérer ce qui peut encore l’être. Mais au-delà des dégâts enregistrés cette nuit, une autre inquiétude domine : la peur de revivre le même scénario lors des prochaines fortes pluies.

Les habitants réclament ainsi des mesures urgentes, notamment l’aménagement de véritables ouvrages d’évacuation des eaux. Pour eux, seule une intervention durable sur le réseau de drainage permettra de mettre fin à des inondations qui, année après année, deviennent un véritable cauchemar.

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